Numéro coordonné par Vincent Liquète, Monica Mallowan et Christian Marcon

Ce numéro est constitué par les meilleurs articles de la 10ème édition du colloque COSSI dont la thématique invite à réfléchir sur les processus de normalisation et durabilité de l’information.

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Introduction : processus de normalisation et durabilité de l’information

Vincent Liquète, Monica Mallowan et Christian Marcon

La problématique de la normalisation de l’information  a nourri le champ des sciences de l’information et de la communication, et au-delà, celui des sciences humaines et sociales, ou des sciences et techniques depuis déjà quelques décennies. Dès 2011, J. Perriault et C. Vaguer indiquent que la norme est centrale dans la société contemporaine et qu’elle est foncièrement pluridisciplinaire, ne concernant pas uniquement l’industrie et l’informatique, mais également les sciences humaines et sociales dans leur ensemble, qu’il s’agisse du droit, de la sociologie, de la psychologie, des sciences de l’information et de la communication[1], de la science politique ou encore de l’économie.  

Historiquement, le progrès technique, puis industriel, maintenant néo-industriel et numérique, ont eu pour catalyseur fondamental un double phénomène de standardisation puis de normalisation des processus de fabrication. Si le vocabulaire anglo-saxon recourt au même terme pour désigner les deux mécanismes (standard), une différence processuelle et stratégique profonde permet de les distinguer : la norme  est établie par un organisme de normalisation reconnu dans le cadre d’un processus phasé incluant généralement des négociations entre une pluralité d’acteurs alors que le standard est un produit industriel qui se répand et tend à faire autorité tant que le secteur qui en a l’usage ne choisit pas de lui préférer un nouveau standard. L’une et l’autre procèdent de la recherche d’un acte optimisé, d’un one best way de la qualité, de la production, de l’usage… L’une et l’autre font l’objet de stratégies industrielles et d’influence dans l’établissement de la norme aussi bien que du standard. 

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Hors norme ? Une approche normative des données de la recherche

Joachim Schöpfel

Résumé : Nous proposons une réflexion sur le rôle des normes et standards dans la gestion des données de la recherche, dans l’environnement de la politique de la science ouverte. A partir d’une définition générale des données de la recherche, nous analysons la place et la fonction des normes et standards dans les différentes dimensions du concept des données. En particulier, nous nous intéressons à trois aspects faisant le lien entre le processus scientifique, l’environnement réglementaire et les données de la recherche : les protocoles éthiques, les systèmes d’information recherche et les plans de gestion des données. A l’échelle internationale, nous décrivons l’effet normatif des principes FAIR qui, par la mobilisation d’autres normes et standards, créent une sorte de « cascade de standards » autour des plateformes et entrepôts, avec un impact direct sur les pratiques scientifiques.
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Limites de la norme, constructions de la connaissance et durabilité de l'information

Anne Lehmans

Résumé : La comparaison entre plusieurs contextes d’activités liées à la construction de connaissances  apporte un éclairage sur les effets de l’intégration de normes instituées qui peuvent entrer en contradiction avec les normes sociales en circulation dans les espaces non formels. Ces contradictions ont des effets sur la durabilité des pratiques informationnelles.
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Normalisation et durabilité de l’information prescriptive en milieu scolaire REP+

Carole Véjux

Résumé : L’intervention-recherche conduite depuis 2015 dans un collège REP+ du sud de la France prend appui sur l’approche ergonomique de l’activité (Clot, 2008). Elle est centrée sur l’activité de pilotage des encadrants. Cette étude de cas aborde notamment la question de la norme sous l’angle prescriptif associée aux processus de normalisation. Ces personnels relais de la prescription visent une transmission d’informations efficiente et pérenne. Comment assurent-ils les processus de normalisation permettant une information prescriptive durable et garante d’un équilibre organisationnel en milieu scolaire difficile ?
Les travaux prennent appui sur le cadre méthodologique de la clinique de l’activité (Clot & Faïta, 2000) associant l’approche ethnographique (Payet, 2007). Des éléments saillants nous renseignent quant au processus de normalisation transitant par voie numérique. On remarque également la présence de multiples interactions à dominante orale. La normalisation serait, au sein de cette organisation scolaire, à la croisée du progrès technique et des rapports humains.
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Les représentations des risques numériques en éducation : construction de normes dans les discours en circulation

Camille Capelle

Résumé : Le développement des usages numériques a donné lieu ces dernières années à la prolifération de discours sur les risques numériques. Ces discours concernent, voire inquiètent, les enseignants qui ont une mission d’éducation des jeunes générations aux usages numériques. Pour les y aider, plusieurs types d’acteurs (institution scolaire, organismes juridiques, associations, assureurs...) contribuent à la production et à la diffusion de ressources éducatives abordant les questions d’éducation au numérique. Dans le cadre d’un projet de recherche concernant la perception des risques numériques par les enseignants, nous avons identifié les sources d’informations que ces derniers consultent. Notre contribution propose d’analyser les discours ainsi que les normes sociales sous-jacentes, à travers un corpus de ressources traitant des risques éthiques liés aux usages numériques. Par une analyse thématique et sémio-discursive, nous mettons en évidence trois dimensions (prescriptive, coercitive, intégratrice) des discours normatifs, susceptibles d’avoir une influence sur les représentations des enseignants et des élèves, et sur la durabilité des usages numériques pédagogiques.
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Normalisation d’un outil lié à l’évolution des pratiques dans le cadre d’un nouveau champ de recherche patrimonial – le cas de la mission PATSTEC

Valérie Joyaux

Résumé : Une étude réalisée entre 1996 et 1999 à l’Université de Nantes, a révélé la disparition progressive du patrimoine dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Sous l’impulsion du Musée des arts et métiers en 2003, une mission nationale de sauvegarde du patrimoine scientifique et technique contemporain organisée en réseau, a vu le jour pour y remédier.
Ce patrimoine, de par ses spécificités, a nécessité la mise en place par la mission d’un outil technique innovant et original….
Aujourd’hui, celui-ci est standardisé permettant son usage à tous les membres ou à toutes les institutions souhaitant travailler sur tout patrimoine scientifique et technique. Il est néanmoins évolutif en lien avec les pratiques et les besoins du terrain. Ainsi, il bénéficie du dynamisme et des compétences des membres du réseau qui l’enrichissent de nombreux contenus documentaires et informatifs.
Enfin, dans le cadre de la mise en place de la normalisation des données culturelles en lien avec le web de données et le web sémantique, la Mission nationale travaille à adapter ses outils afin de rendre plus visible ce patrimoine et en valoriser les inventaires, point de départ de futures recherches patrimoniales.
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Faire avec les normes dans l’espace de la documentation scolaire

Valentine Mazurier

Résumé : Dans le système éducatif secondaire français, les élèves évoluent dans un espace ritualisé et normé qui vise à répondre aux attentes sociales et institutionnelles de la société envers l’école et à assurer la durabilité du système.  L’espace documentaire scolaire, pris dans ses dimensions à la fois physique et numérique, n’échappe pas à la règle : les élèves y sont confrontés à différentes normes qui organisent l’espace et régissent son fonctionnement matériel et symbolique. Ces normes ont des origines multiples.  Dans leurs pratiques quotidiennes, les élèves développent un éventail de tactiques singulières pour composer avec ces normes. Entre normes prescrites et usages, l’espace documentaire apparaît alors comme un espace fertile de négociation des normes, dans un souci de durabilité. Cette communication s’ancre dans un cadre méthodologique qualitatif d’entretiens semi-directifs menés avec des élèves de collège et des professeurs documentalistes. 
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Le modèle SOLARIS pour pérenniser l'élaboration, le partage et l'hybridation de savoirs dans la complexité

Thomas Bonnecarrere

Résumé : Notre communication présente notre modèle SOLARIS[1] en développant la structure facilitant l'élaboration, le partage et l'hybridation d’œuvres culturelles SOLIS[2] et SOLARIS, encodant en leur sein des savoirs complexes et synergisants[3]. Ce modèle, déjà expérimenté avec succès, répond à des procédures d'élaboration et d'utilisation définies dans des matrices assurant les règles fondamentales d'interopérabilité. Cet article vise ainsi à permettre une compréhension claire de notre modèle (structure et utilisation) et de ses enjeux dans la complexité. La première partie résume la méthodologie que nous avons développé pour accompagner l'expérimentation de ce modèle. Puis, nous introduisons ce modèle, ainsi que les enjeux liés à sa normativité. Enfin, nous analysons les premiers retours analytiques et expérimentaux de notre modèle, permettant d'illustrer la mise en œuvre d'une démarche de travail collaboratif visant la production de savoirs collectifs et communs par le biais de ce modèle.

 
 

Entre processus de normalisation et durabilité de l’information digitale, vers une nouvelle dépendance à la faveur  de l’énergie numérique

Viviane Du Castel

Résumé : Les processus de normalisation et de durabilité de l’information digitale sont autant de défis à relever pour les acteurs et les structures du secteur énergétique. Ainsi, de nouvelles formes de dépendance influencent les processus (normes, standards), impactant l’identification et la durabilité des informations.
L’énergie numérique passe par des vecteurs d’information perçus comme des moyens d’actions stratégiques- résultat des interactions entre l’énergie et le numérique-, qui s’appuient, sur des leviers qui sont à la fois des potentialités de disruptions et de croissance du secteur énergétique, transformant les dynamiques vers de nouvelles normes et de nouveaux processus. L’objectif de cet article vise à approfondir la compréhension des interactions entre l’énergie et le numérique en étudiant les complémentarités et les phénomènes amenant des disruptions normatives dans les processus et la standardisation du secteur.
La méthodologie repose sur le constat que l’énergie numérique modifie les processus, les normes et les standards de référence des acteurs et des opérateurs du secteur dans la guerre économique et l’information numérique. Ce travail vise à identifier des axes de recherches sur l’énergie numérique afin de développer des outils d’optimisation et de valorisation stratégiques sectoriels, comme réponses aux nouveaux défis.
Pour répondre à cet objectif, les propos de cet article sont structurés en trois parties. La première partie porte sur l’énergie numérique au cœur des processus de normalisation. La deuxième partie présente la transition énergétique numérique face à la durabilité des informations ; enfin, une troisième partie envisage les nouvelles disruptions numériques et de nouveaux enjeux constitutifs des nouveaux processus.


 

Définir une norme pour l'éternité ? L’exemple des messages d'avertissement autour des sites de stockage de déchets nucléaires

David Rochefort

Résumé : Le secteur du nucléaire est confronté à la question de la durabilité par la nature des déchets produits, par leur toxicité, par leur durée de vie et par la nécessité de leur gestion et de leur supervision. Plusieurs normes internationales s’appliquent à la signalisation du danger nucléaire – le fameux « trèfle » noir et jaune (ISO 361) complété depuis 2007 par un second symbole (ISO 21482) afin d’être compris de façon plus universelle. Mais pour les déchets de haute activité à vie longue, la solution majoritairement admise aujourd’hui – le stockage géologique en couche profonde – pose une question de communication : si les déchets sont confinés sous terre pour des millions d’années, comment prévenir de l’existence et de l’emplacement de ces sites afin d’éviter toute intrusion humaine future, volontaire ou accidentelle ? Quel peut être le processus de normalisation quand l’objet de la norme – ici, le déchet nucléaire – et l’enjeu de la norme – ici, la bonne gestion de ce déchet, la préservation du mode de vie des générations futures – s’étendent sur une période d’un million d’années ? Comment établir une norme destinée à des « usagers » dont on ne sait rien ? Face à cette double nécessité/impossibilité de normaliser, les différents acteurs internationaux (AIEA ou AEN) ou nationaux (Andra) ont recours à l’apport des sciences humaines, mais sans nécessairement tirer profit de leurs travaux, notamment pour ce qui concerne les sciences de la communication et, particulièrement, les recherches à mener sur le destinataire de ces messages d’avertissement et sur la communication avec l’absent.