Traces numériques et durabilité – temporalités, usages, éthique

Numéro coordonné par Christian Marcon et Mona Shehata

Des traces physiques…

Une très large part des sciences humaines repose, de manière centrale ou secondaire, sur le matériau que constituent les traces de l’activité des Hommes : histoire, histoire des arts, littérature, sociologie, anthropologie, architecture, philosophie, musicologie, sciences de l’information, la communication et la documentation, économie, gestion…, à un moment ou un autre, dans leur approche et leurs méthodes partent d’archives et d’objets produits par les hommes.

Les traces de l’existence et de l’activité humaine sont traditionnellement matérielles (objets produits ; textes, images, sons enregistrés sur des supports matériels ; architecture et organisation de l’espace urbain et rural ; productions artistiques dans l’espace public, restes humains…). Leur pérennité est assurée par la qualité des matériaux mis en œuvre, tout particulièrement leur résistance aux outrages du temps : résistance des matériaux de construction aux intempéries et usage des locaux pour les traces architecturales, résistance des matériaux de fabrication pour les traces des activités économiques productives, résistance des supports de l’écriture (pierre, papyrus, bois, argile, vélin, papier…) et des encres et pigments employés pour les traces des activités intellectuelles ou symboliques, résistance des divers constituants du corps et de l’ADN pour les traces de la présence de l’homme…

Publication : 03 avril 2020
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Les enjeux et les défis de la fonction d’évaluation en sciences de l’information et de la communication

Numéro coordonné par Natasha Zwarich, Dominique Maurel et Lise Verlaet

Problématique

Les organisations sont actuellement confrontées à de nombreux enjeux informationnels et communicationnels qui ont des incidences importantes sur leurs capacités à documenter leurs processus d’affaires et leurs prises de décisions (Smallwood, 2014), à manager le personnel et conduire le changement (Benoit et al., 2019), à communiquer avec les différentes parties prenantes. De plus, les organisations font face à des exigences normatives toujours plus nombreuses et de plus en plus strictes, qu’il s’agisse de conformité et de reddition de compte, de responsabilité sociale ou environnementale, du RGPD[1], etc. Pour répondre à ces préoccupations, la mise sur pied de processus d’évaluation est souvent requise pour s’assurer de l’atteinte d’objectifs organisationnels (Moran et al., 2013, p. 414) et de la mise en place de pratiques durables répondant aux besoins évolutifs des organisations, de leurs personnels, de leurs fournisseurs et prestataires, ainsi que de leurs clientèles. 

Comme le soulignent Le Moënne et Parrini-Alemanno (2010, p. 7), la question de l’évaluation remonte à la fin du XIXe siècle corrélativement au contexte scientiste et à la « "raison statistique" [qui] s’efforce[nt] de classer et de contrôler les populations dont les mouvements de masse effraient. Elle prendra une dimension clairement gestionnaire à mesure du développement des logiques d’évaluation de la performance financière et capitalistique des firmes, […] s’étendra à l’évaluation pédagogique avec le temps de la scolarisation de masse et l’invention des tests d’intelligence et de performance individuelle. L’évaluation […] prétend produire des méthodes d’analyse et des jugements à prétention scientifique concernant des processus et des pratiques sociales, dont la caractéristique est qu’ils sont, par leur complexité, pour l’essentiel irréductibles à des modalités simples de description ou de mesure. »

Publication : 08 janvier 2020
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La place de la communication interne dans le management de la performance et la compétitivité du capital humain des organisations publiques et privées

Numéro coordonné par Abdellah Abil et Lise Verlaet

La communication interne est souvent présentée comme l’un des facteurs clés du management de la performance et la compétitivité du capital humain des organisations publiques et privées. La communication interne, peut être considérée, dans une perspective fonctionnaliste, comme l’un des facteurs clés du management de la performance et la compétitivité du capital humain des organisations publiques et privées. La communication interne, dans sa dimension opérationnelle et stratégique, a pour mission de donner du sens au travail de chacun et d’inciter chaque salarié à dépasser la logique individuelle pour atteindre une logique de groupe permettant le travail d’organisation (de Terssac, 2003).

La communication interne dans une dimension performative, pourrait être en mesure d’influencer les attitudes et les comportements des salariés et ainsi être corrélée à la performance et aux résultats de l’organisation. Le rôle du management et en particulier du dirigeant dans sa façon de concevoir le capital humain a un impact fort sur la valeur ajoutée de la communication interne et sa capacité à développer des missions stratégiques et non pas uniquement basée sur les outils.

La communication interne découle de la stratégie de l’organisation et doit tenir compte des dynamiques culturelles en action dans ladite organisation et semble de plus en plus aujourd’hui devenir un processus central, en cela une nouvelle fonction constitutive du management.

Ce numéro sur « la place de la communication interne dans le management de la performance et la compétitivité du capital humain des organisations publics et privés», s’inscrit dans une perspective d’échange responsable entre chercheurs en communication des organisation, management du capital humain et praticiens de la communication des organisations publiques et privées ; dans une dialectique de recherche et développement disciplinaire et interdisciplinaire (sciences de l’information et de la communication, sciences de Gestion...)

Publication : 08 janvier 2020
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Durabilité et transformation des organisations : paradoxes et perspectives

Numéro coordonné par Anne Marchais-Roubelat 

Le développement durable engendre de profondes transformations organisationnelles, tant du point de vue de la prise en compte de nouvelles contraintes que de l’émergence de nouvelles parties prenantes. Ces transformations se traduisent par des changements de paradigmes qui remettent en cause les logiques établies, tant en termes de stratégie et d’organisation que de management de l’information et de la communication. Ainsi, les organisations s’engagent désormais dans un monde à la fois imprévisible et durable auquel elles s’adaptent mais qu’elles créent aussi, dans un paradoxe d’auto-engendrement (Barel, 1979). La transformation des organisations se comprend non seulement dans leur adaptation en vue de leur propre pérennité, mais encore dans l’émergence de nouvelles formes et pratiques organisationnelles qui contribuent à anticiper et à forger ce monde (Stevenson, 2006).

La prise en compte du long terme par le développement durable a conduit à ouvrir la sphère économique aux problématiques de la mondialisation et de la fragmentation des territoires, de la multiplicité des parties prenantes et du bien-être social. Ce faisant, la dépersonnalisation engendrée par la diffusion des normes ou l’application des lois entre en contradiction avec la personnalisation des activités que supposent le développement durable et les nombreux domaines d’activité qui lui sont associés, comme par exemple le commerce équitable (Ballet, Carimentrand, 2010), tandis que certaines transformations durables comme celles que promeut le concept de « smart city » peuvent apparaître comme des éléments de fiction (Ghorra-Gobin, 2018).

Publication : 16 avril 2019
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