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De l'utilisation de l'information à des fins d'acceptabilité des changements. L'exemple du secteur de l'énergie

Viviane Du Castel

-- Extrait dans lequel le concept "gestion des menaces et des risques" est enfant du concept "information" --

La société de l’hyperinformation au XXIe siècle, avec ses dérapages ouvrent ainsi la voie à la déstabilisation de l’information stratégique[4]. L’influence, par exemple, occupe une place prépondérante dans les relations internationales. Ainsi, entre 2000 et 2011, le monde est passé des « cyber-vandales »[5] à de « nouvelles menaces persistantes avancées » que sont les « hackivistes »[6] aux mutations idéologiques, les cyber-guerriers qui cherchent à semer le chaos.

Ainsi, ce nouvel cyber-espionnage (ex. : Stuxnet, Flame, etc.) est, le plus souvent, mené avec l’approbation tacite ou explicite d’États autoritaires ou corrompus. En effet, la puissance des États se trouve ainsi maximisée tout en se prémunissant contre les menaces potentielles ou réelles, en prévenant les vulnérabilités. L’information s’affirme comme une véritable arme dont le cyberespace est le terrain d’opérations de prédilection pour toucher la société réelle. La démarche d’IS s’inscrit dans un processus qui concerne aussi bien les États que les entreprises. Comme le précise régulièrement Bernard Carayon, « la puissance d’un pays réside dans sa capacité à imposer des normes et à rendre l’information puissante » (SSTIC, 2004).

Les nouvelles formes de guerre de la société de l’hyperinformation opèrent comme une guerre classique, mais avec des spécificités particulières, telles que la place accrue du soupçon comme nouvelle forme d’intimidation, la nécessité de forte stratégie d’influence comprenant de nouvelles identités induisant de nouveaux rapports de force. Actuellement, la sécurité doit passer par la souveraineté numérique. Ainsi il convient de rappeler les propos du maréchal Foch, « Sachez pourquoi et avec quoi vous agissez, vous saurez comment il faut agir » (Foch, 1905).

D’autre part, sur un plan socio-affectif, la recherche permanente d’équilibre apparaît souvent comme contradictoire avec les changements, perçus notamment par les « Digital immigrants » comme une source de déséquilibre amenant à des postures de renfermement correspondants à des ressentis de situation. À titre illustratif, il convient de citer (Audétat et Voirol, 1998) la peur qui engendre un réflexe de protection et de dépassement ; la joie, un ressourcement ; la colère, l’imposition de limites ; la tristesse, la demande d’aide (…). Or, l’anticipation, favorisée par l’accès à l’information permet une préparation en amont des événements à venir, limitant par conséquent les effets négatifs du changement (politique d’accompagnement et de communication, être à l’écoute des acteurs…)(Audétat et Voirol, 1998). Dès lors, quatre étapes caractérisent le processus favorisant l’acceptabilité sociale d’un projet dans le secteur énergétique conditionnant l’exploration et l’engagement : « du déni (refus de voir et de prendre en compte les changements) à la résistance (empêcher que le changement ne s’applique à soi) pour permettre un déclic stimulant l’exploration (essayer les changements possibles) pour parvenir à un engagement (avancer sur une nouvelle voie grâce à la motivation de l’entourage et la gestion du changement) » (Scolt et Joffre, 2007).

Est-ce qu’il est possible d’affirmer, dans ce contexte, que l’on se dirige vers un « Internet responsable » qui prendrait en compte les « règles communes pour une meilleure protection de l’enfance sur Internet ; le renforcement de la lutte contre le piratage ; le soutien à l’innovation et à l’entrepreneuriat ; la promotion d’un Internet libre ? »[7] , quand l’on sait que toute navigation sur Internet laisse une trace qui peut être exploitée même si elle a été officiellement effacée. Ces traces sont une véritable identité numérique. Il est alors indispensable de veiller à mesurer le niveau d’influence numérique de l’entreprise afin de déterminer la qualité de la réputation en ligne ; de mettre en place des dispositifs d’alerte pour gérer cette réputation ; d’avoir une forte réactivité douce pour limiter la contagion ; de détecter les propos négatifs et de gommer leur trace tout en évitant de l’amplifier ou de créer un buzz négatif ; enfin, il est indispensable de publier du contenu positif afin de diluer les traces négatives (Robin, 2011).

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013