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Préserver la durabilité des pratiques informationnelles des acteurs de l’architecture éco-constructive : des pratiques informationnelles à une mémoire collective de travail

Vincent Liquète

-- Extrait dans lequel le concept "durabilité" est parent du concept "stabilité" --

Comme le souligne le collectif EcoInfo (Berthoud, 2012), dans l’idée de la durabilité appliquée aux technologies de l’information et de la communication, est comprise l’idée de recherche de stabilité des solutions techniques, la stabilité permettant de résoudre un ensemble de tâches nécessaires sans chercher à viser l’extrême nouveauté vis-à-vis des marchés technologiques. La loi de Wirth rappelle en particulier, que le logiciel fait ralentir les systèmes d’exploitation plus vite que le matériel ne monte en puissance. On parle de « bloatware » traduit en français par « obésiciel » pour désigner un logiciel utilisant une quantité excessive de ressource système, mais aussi un logiciel accumulant une quantité importante de fonctionnalités disparates, dont certaines ne sont jamais utilisées. Il serait dans une perspective durable, plus efficace et logique d’avoir des logiciels qui fournissent à la base des utilisateurs, un socle de fonctions et de fonctionnalités utilisées par tous, pour un même secteur d’activités, et propose en option le rajout de fonctions supplémentaires en fonction de besoins de gestion et d’information sériés. Berthoud souligne, dans une remarque de bon sens, que la course effrénée à la nouveauté fait qu’une grande partie des ressources, des logiciels et des techniques de l’information sont rendues obsolètes avant même qu’elles soient inutiles à utiliser ! Ce qui tend à dire que les professionnels ne doivent en aucun cas être guidés par des supposés besoins professionnels d’information ou définis par les producteurs et développeurs du marché du logiciel, mais bien en fonction d’une analyse posée et distanciée de leurs véritables besoins d’information et de gestion. Cette posture réflexive nous oblige à entrevoir des temps et des dispositifs de repérage et d’identification de bonnes pratiques, dépassant les seules astuces ou les supposés besoins à venir déterminées par les producteurs de ressources (3). Au-delà du repérage des bonnes pratiques et de leur traduction logicielle, pour évaluer les besoins durables d’information (logicielle), la question de la stabilité des systèmes et des techniques revient à faire se questionner les professionnels sur leurs critères d’obsolescence. Lors de nos entretiens avec des professionnels de l’éco-architecture, quatre critères d’obsolescence sont évoqués prioritairement : d’une part, l’obsolescence fonctionnelle faisant qu’un système ou un logiciel est appelé à court terme à ne plus pouvoir fonctionner en l’état, d’autre part, l’obsolescence notifiée, par les développeurs et producteurs de ressources logicielles, ensuite, l’obsolescence écologique revenant à changer notamment de version logicielle afin de lutter en faveur de l’impact environnemental, enfin, l’obsolescence indirecte, où il devient moins coûteux pour le professionnel de renouveler l’ensemble du matériel, software et/ou hardware, que d’acheter les mises à jour ou les nouvelles versions sur le marché. Nous soulignerons qu’in fine, accompagner les pratiques durables d’information revient à posséder une culture technique et à être régulièrement informé sur l’état du marché et des innovations sectorielles.

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013