FABRE Isabelle

Statut

Professeure en Sciences de l'information et de la communication

UMR EFTS (MA - 212), Université de Toulouse, ENSFEA, UT2J, France.
Ecole Nationale Supérieure de Formation de l'Enseignement Agricole
2 route de Narbonne, BP 22687, 31326 Castanet-Tolosan

Publication COSSI

Introduction : Questionner les manières d’habiter les espaces documentaires d’accès aux savoirs : une approche sensible

Isabelle Fabre et Vincent Liquète

Les bibliothèques et musées, lieux de savoirs (Jacob, 2007) font se côtoyer des dispositifs (Jacquinot-Delaunay, Monnoyer, 1999) d’organisation, d’architecture, voire de mise en scène, susceptibles de susciter une appropriation progressive de l’espace par les usagers. La manière de présenter les objets et la diversité des dispositifs révèle l’importance que l’on accorde à l’agencement de l’espace au sein des lieux de savoirs que sont les bibliothèques et les musées afin de les rendre propices à l’accès au savoir (Fabre, Regimbeau, 2013). Plus largement, les espaces de culture et de loisirs ont revu leur agencement en misant sur une large palette d’usages et une pluralité de pratiques en situation. Ces mêmes organisations laissent ainsi place à de nouveaux services dédiés à de nouvelles expériences sensibles des publics[1].

Depuis le début des années 2000, le paysage documentaire public s’est peu à peu agrandi de figures telles que Troisième lieu pour les bibliothèques publiques, et le learning centre pour les bibliothèques universitaires, les fablabs notamment dans les espaces de culture scientifique et technique. Ces figures semblent questionner et impacter les espaces documentaires scolaires, Centre de documentation et d’information de l’Education nationale et de l’Enseignement agricole parfois dénommés 3C pour Centres de culture et de connaissance, en particulier dans la manière dont ces nouveaux espaces réinterrogent l’accès aux savoirs. Or, à l’abri des débats entre sphère professionnelle et médiatique autour des bibliothèques, comme en témoigne l’article critique paru dans le Monde diplomatique de juin 2018[2] qui présente ces institutions comme des espaces dont les aspects conviviaux et utilitaires, éclipseraient leur organisation scientifique du savoir, des chercheurs poursuivent l’observation des pratiques dans ces lieux de savoirs. Au-delà, les notions même d’apprentissage et de construction de savoirs, ne se résument plus aux seules expériences de lecture de documents, mais à des démarches expérientielles en situation (gamification, fabrication, testing…).