Pratiques informationnelles durables : une revue de littérature

Aurélie Brunet

-- Extrait --

A l’heure actuelle, d’après une première exploration non exhaustive de la littérature anglophone et francophone, il semblerait qu’aucun chercheur, à l’exception de Nathan (2012), ne se soit penché sur le concept de « pratiques informationnelles durables » et de ses équivalents en anglais, « sustainable information practices », « sustainable information skills ». La date de publication de l’article de Nathan, en novembre 2012, démontre qu’il existe un intérêt récent et nouveau pour le sujet des pratiques informationnelles durables.

Après avoir défini dans un premier temps le concept de la durabilité, puis dans un second temps, les pratiques informationnelles, il est possible d’avancer une première ébauche de ce que pourraient être les pratiques informationnelles.

Les pratiques informationnelles durables pourraient donc désigner la prise en compte à long terme des impacts économiques, sociaux et environnementaux d’une activité d’information dans ses phases de production, recherche, et analyse.

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

Pratiques informationnelles durables : une revue de littérature

Aurélie Brunet

-- Extrait --

Se pencher sur les pratiques informationnelles durables s’inscrit au coeur de la démarche de RSE de l’organisation et s’intéresse spécifiquement à ses activités d’information et leurs impacts sur l’environnement (naturel mais aussi économique, social, sociétal).

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

in Enjeux
Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

Accès des personnes ayant une déficience visuelle au sein des institutions culturelles

Claire Nigay

-- Extrait --

Ce dernier repose sur cinq principes clés : l’amélioration de la condition des personnes ayant une déficience, une collaboration scientifique équitable, une approche réflexive dans le processus de recherche, une organisation démocratique des responsabilités et enfin, une mise à disposition du processus de la recherche, de l’analyse et des résultats (Hollins 2010). Plus précisément, afin d’amener les usagers à définir leurs besoins et leurs comportements dans la réalité de la déficience, quelle qu’elle soit, les institutions culturelles devraient considérer les usagers comme des experts d’usage (De Varine 2002). Cela signifie que les membres de la communauté étudiée sont les plus à même d’avoir une expertise sur leurs pratiques. Ces différentes approches cumulées les unes aux autres permettent d’être au plus près des comportements informationnels des membres d’une communauté d’usagers, qu’ils s’agissent de la communauté de personnes ayant une déficience ou d’une autre. Il s’agit ici d’approches structurant la recherche scientifique en vue de développer des pratiques durables. Du point de vue des institutions culturelles, la notion de durabilité peut également se concrétiser dans l’accès physique.

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

in Enjeux
Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

Exploration de l’émergence de la durabilité dans les pratiques de veille documentaire des étudiants : habiletés et capacités à inventer 

Thérèse Martin

-- Extrait dans lequel les "pratiques informationnelles durables" dépendent des "outils"  --

La familiarité avec les outils de veille et l’adaptation à leur évolution

Le choix des outils du Web 2.0 est lié à la sensibilisation préalable des étudiants, soit par curiosité personnelle, soit par le témoignage d’amis, soit au cours de leur cursus de formation soit encore à l’occasion de stage. La première année de master est pour une partie d’entre eux l’occasion de découvrir les outils, de les tester, d’apprécier la facilité de la prise en mains, la pertinence des résultats obtenus afin d’arrêter leur préférence en fonction de ces facteurs. Après une familiarisation avec les outils, les comportements des étudiants témoignent de stratégies différentes. L’évolution de leur pratique se traduit par la conservation d’outils mais avec une utilisation différente. Il est à noter que le logiciel le plus rudimentaire et ancien – le logiciel de navigation – demeure l’outil de référence des étudiants. Il est privilégié pour rassembler en bout de chaîne de veille les sources importantes à conserver. Les étudiants apprécient de retrouver plus facilement les informations soit par mémorisation de l’emplacement du lien, soit en se référant aux dossiers thématiques préalablement constitués. Les usages peuvent être différenciés : par exemple, ils ne s’astreignent plus à lire régulièrement les titres des flux RSS qui viennent remplir la longue liste de l’agrégateur, mais ils utilisent le moteur de recherche intégré à cet outil pour retrouver une information précise parmi les fils RSS et ainsi réduire le temps de recherche. Des étudiants opèrent ici une rupture avec l’attrait que représente l’arrivée d’informations en flux continu.

La facilité de la prise en mains est un facteur entrant en jeu dans le choix de l’outil ainsi que sa dimension opérationnelle pour répondre aux attentes. La durabilité au sens de « soutenabilité » (8) prend ici tout son sens. Les étudiants estiment ainsi pouvoir en tirer parti efficacement quand les manipulations sont aisées, surtout pour ceux qui ont dû découvrir par eux-mêmes les fonctionnalités des outils.

Certains étudiants s’intéressent aux outils, au point de s’interroger sur leur hébergement. Ils cherchent à savoir « où partent leurs données » et veulent s’assurer qu’elles sont sur des serveurs contrôlés. Cette considération traduit le besoin de confiance établie avec les outils, propre à faire perdurer les usages.

Une pratique durable, à condition de pallier les limites des outils

Si les étudiants ont pu tester les potentialités des outils, ils rencontrent des obstacles du fait de l’évolution même des outils. Une pratique durable suppose une adaptation à l’absence de pérennité de certains outils qui les oblige à pallier les risques de pertes de leurs données. Leur culture technique permet de répondre au besoin d’ingénierie de ces outils et participe à la durabilité de la pratique du veilleur. Un étudiant précise qu’il a été amené à s’intéresser à l’outil Feedly en vue de transférer – sans trop de pertes – les fils RSS qu’il avait collectés avec google reader, appelé à péricliter. Par ailleurs, une absence de compatibilité entre les outils similaires peut constituer un obstacle à la pratique de veille. C’est le cas des outils de bookmarking (9), Diigo et Digimind. Une homogénéisation du fonctionnement des outils est souhaitée par les étudiants car elle favoriserait la mutualisation de leurs informations.

Dans le cadre d’une veille informationnelle plus pointue, les étudiants les plus expérimentés perçoivent des déséquilibres entre leurs exigences en matière de veille et les potentialités limitées des outils qui ne sont pas professionnels. Ils peuvent porter sur l’aspect ergonomique de l’interface. Si l’aspect esthétique est souvent mis en avant par les étudiants de Master 1 dans leur choix des outils, c’est Un des étudiants accorde de l’importance à la qualité de l’organisation des informations favorisant ainsi la lisibilité de la page. Le fait de ne pas parvenir à « accrocher » quand il s’agit de consulter les informations agencées sous forme de listes (dans le cas de google reader ou netvibes) conduit le veilleur à préférer des outils dont l’ergonomie offre une meilleure présentation et facilite la prise en mains. Pour cela, il recherche des éléments plus sophistiqués pouvant s’intégrer dans l’outil de veille pour une meilleure lisibilité (10).

Un autre déséquilibre est constaté au niveau du contenu de l’information collectée. Des étudiants trouvent dommageable que l’information collectée mentionne une adresse de site internet et non son contenu (celui de la page ou du fichier correspondant), sachant que les liens peuvent être rompus. Ils ont alors recours à des outils qui rassemblent le contenu de l’information (evernote (11)) et non seulement sa brève description. Ce type d’outil peut être privilégié dès le master 1 par des étudiants issus d’un cursus en information-documentation ou dans le cas d’un étudiant docteur qui reprend des études dans une autre discipline.

Les étudiants les plus exigeants pour le traitement des informations ont tendance à investir des outils de veille comme Diigo ou Digimind (12) offrant les possibilités d’intégrer des tags et d’annoter (13). Ce qui incite plus facilement les étudiants ayant une formation initiale en gestion de l’information à utiliser les potentialités des outils de manière plus approfondie et au regard des besoins informationnels de la communauté des veilleurs. C’est un facteur qui a une incidence sur le développement de l’usage des outils du Web 2.0 dans une perspective durable

On assiste à une sorte d’appétence pour l’innovation permanente concernant la conception des outils du Web 2 .0 pour explorer leur variété et leur spécificité. Ce qui conduit le veilleur à être réactif pour en sonder toutes les potentialités qui favorisent une pratique de veille efficace. Selon les démarches décrites par les étudiants, leur préoccupation est d’ajuster l’usage de la fonctionnalité de l’outil au besoin d’une requête fine d’informations (la mise en place de filtres avec « pipes ») ou au souhait de visualiser des résultats (affichage sous forme d’arborescence avec l’outil « pearltrees »). En faisant allusion à ce dernier outil, O. Le Deuff souligne que les plateformes les plus sophistiquées s’appuient sur des usagers avertis et exigeants qui, pour des besoins précis cherchent de plus en plus à faire interagir plusieurs outils entre eux. (Le Deuff, 2012 : 132).

Face aux limites des outils, des étudiants caressent le désir de disposer un jour d’un outil qui soit « générique » qui engloberait plusieurs outils complémentaires avec la possibilité de transfert de l’un à l’autre. Ce qui assurerait une meilleure cohérence de la collecte au traitement de l’information. En attendant, les étudiants qui souhaitent acquérir une maîtrise de la veille grâce à des équipements professionnels saisissent l’occasion des stages pour se faire la main sur des outils qui leur sont accessibles seulement dans ce contexte (Digimind, Squido).

C’est pour ces mêmes raisons qu’un étudiant envisage d’inventer son propre outil de veille qu’il pourrait mettre ensuite à disposition d’autres veilleurs gracieusement. Ce qui est une autre façon de répondre à ses besoins de veille en master, sans pour autant se soumettre à des outils jugés insatisfaisants, même en s’appuyant sur leur éventuelle complémentarité. Dans ce but, cet étudiant privilégie le choix du système d’exploitation Linux sur son ordinateur PC afin de faire fonctionner une variété plus large d’outils, pour intervenir dans leur conception. L’étudiant va au-delà des attentes de l’institution, il « détourne » la demande d’utilisation des outils du Web 2.0 par l’utilisation de son propre outil, en mesure d’être adapté pour une demande à caractère professionnel. Ce qui laisse entrevoir chez cet étudiant comptant parmi les plus familiarisés à la gestion de l’information (obtention d’un DUT en information et communication) une forme de « résistance » aux imperfections des outils de veille.

Publication : 16 octobre 2014
Création : 11 mai 2017
Mis à jour : 11 mai 2017