La culture de l’information comme levier de changement dans le système de santé français. Le rôle des nouvelles organisations d’interface ou une approche coopérative autour de dynamiques de proximité

Christian Bourret et Claudie Meyer

-- Extrait --

Fondamentalement, l’information durable alimente une démarche participative associant tous les acteurs qui s’inscrit dans les critiques de V. De Gaulejac sur la « société malade de la gestion » et de H. Mintzberg sur les excès d’approches quasi uniquement quantitatives et normatives de la performance et de l’efficience.

Publication : 16 octobre 2014

Pratiques informationnelles durables : une revue de littérature

Aurélie Brunet

-- Extrait --

Bourret, Cacaly et Chambaud (2008), dans leur étude sur la place de l’information professionnelle dans la notion de capital immatériel, ont introduit le concept d’information durable. En développant chacun des quatre actifs immatériels participant du secteur de l’information professionnelle au sens large, et plus précisément celui relatif « aux activités d’information professionnelle » que sont l’intelligence économique ou la veille stratégique, les auteurs font émerger le concept d’information durable :

« (…) les contraintes environnementales font que des objets jugés inutiles il y a quelques années peuvent redevenir d’actualité, c’est-à-dire redevenir écologiquement et économiquement viables. Le réexamen de ce qui a été fait valorise les bases d’informations dans un esprit finalement semblable à celui du développement durable. En effet, l’information est la seule ressource qui puisse être réutilisée plusieurs fois sans perdre de sa valeur et dont la valeur ajoutée dépende étroitement de son contexte d’utilisation. Dans le cadre d’une exploitation intelligente de l’information, le passé c’est l’avenir. L’utilité du réexamen de ce qui a été fait confère aux gisements d’informations une valeur pérenne et génère ainsi le concept d’information durable. Mémoire et savoir sont consubstantiels. Sans mémoire, il n’y a pas d’avenir ». 

Face aux enjeux multiples, aux crises multifactorielles et aux défis du développement durable (Labelle, 2008 ; Mallowan, op. cit.) « l’information apparaît donc clairement pour l’entreprise comme un bien qui doit être « durable », c’est- à-dire exploité de façon rationnelle et optimisée ». Les entreprises doivent changer leur comportement et « adopter une attitude plus responsable, plus innovante, plus exigeante » face aux flux incessants et toujours plus nombreux d’information. A l’ère de l’information durable, l’information doit donc être considérée comme un bien durable qui repose sur « une meilleure exploitation des gisements d’information accumulés par les générations qui nous ont précédés, exploitation créatrice de richesse pour les générations futures à condition que soient remplies trois conditions[3] ». Le concept d’information durable peut s’apparenter à une déclinaison de celui de développement durable mais appliqué à la société de l’information. 

Publication : 16 octobre 2014

La culture de l’information comme levier de changement dans le système de santé français. Le rôle des nouvelles organisations d’interface ou une approche coopérative autour de dynamiques de proximité

Christian Bourret et Claudie Meyer

-- Extrait dans lequel le concept "information" est parent du concept "information durable" --

La qualification de l’information elle-même évolue vers « plus de partage, d’équité, d’innovation et de responsabilité », supposant aussi des stratégies de partage et de conservation adaptées. Bourret et al. (2008) proposent de parler d’ «information durable », dans un contexte d’une économie de l’immatériel, supposant à la fois « plus de partage, d’équité, d’innovation et de responsabilité », supposant aussi des stratégies de partage et de conservation adaptées.

Publication : 16 octobre 2014

Culture de l’information, durabilité : objets-frontière pour une conceptualisation à facettes

Alain Chante, Lise Verlaet et Coleta Vaisman

-- Extrait dans lequel l' "information durable" est opposée à l' "information polluante" --

A un deuxième niveau, il peut s’agir d’avoir une information « durable ». Pour l’obtenir, il faut lutter contre l’info-pollution que nous envisageons selon trois aspects. Traditionnellement en information-documentation, une information polluante s’emploie pour désigner un contenu non pertinent, un apport de connaissances qui s’avère être faux. Cette pollution informationnelle peut également venir de sources polluées, type de pollution en plein essor. Grâce à internet et aux outils du Web 2.0, chacun peut publier du contenu informationnel sans pour autant avoir les connaissances adéquates : rumeurs et désinformations sont désormais légion sur la toile. Les problèmes liés à la validité de l’information sont devenus récurrents. Tant et si bien que les fondateurs du Web Sémantique (Berners-Lee et al., 2001) intègre cette notion de validité de l’information au sein de son architecture, le Web ne pouvant atteindre son plein potentiel sans la confiance des utilisateurs dans les informations trouvées. Enfin la densité même des informations pose problème : une pollution dépend du taux de présence d’un élément dans un milieu. Leibniz, vers 1675-1680, deux cent ans après l’invention de l’imprimerie, était affolé par le nombre d’ouvrages qui en découlent. Et Robert Damien a évoqué « les maladies de l'intelligence active » provoquées par l’immédiateté de l’accès et la facilité de l’utilisation du livre dénoncées par Cabanis dans son projet de bibliothèque universelle : il y a trop d’ouvrages, il éprouve une « stupéfaction stupide devant la quantité des livres... Le nombre de livres menace de nous étouffer » (Damien, 1996, p. 507). Internet fait tendre vers l’infini cette multiplication qui a pour conséquence les répétitions constantes, la perte de temps. L’utilisateur est aussi responsable d’une pollution lorsqu’il n’utilise pas les informations qu’il accumule, parfois par manque de discernement dans sa collecte devenue trop facile (le plénomène existait peu avant la photocopie, quand la collecte passait par la copie manuelle des articles), mais aussi, c’est le cas dans les entreprises, par des décideurs qui ont plus confiance en « leur flair » qu’en toutes les données récupérées. Il faut penser aussi à des problèmes de capacité de traitement, problèmes matériels qui sont peut être plus facile à résoudre : les croisements de données à des fins de repérage manquent de précision, que ce soit dans l’entreprise ou dans le renseignement « de sécurité ». Et pour revenir à la notion de culture évoquée plus haut, il faut distinguer les données chiffrées, « observations et constructions quantifiées de la science et de la technologie » (UNISIST, 1971) et l’information, « d’un ordre supérieur à celui de la données… plus complexe » (Machlup et Marsfield, 1983).

Publication : 16 octobre 2014