La culture de l’information comme levier de changement dans le système de santé français. Le rôle des nouvelles organisations d’interface ou une approche coopérative autour de dynamiques de proximité

Christian Bourret et Claudie Meyer

-- Extrait --

Fondamentalement, l’information durable alimente une démarche participative associant tous les acteurs qui s’inscrit dans les critiques de V. De Gaulejac sur la « société malade de la gestion » et de H. Mintzberg sur les excès d’approches quasi uniquement quantitatives et normatives de la performance et de l’efficience.

Catégorie parente: information durable
Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

Pratiques informationnelles durables : une revue de littérature

Aurélie Brunet

-- Extrait --

Bourret, Cacaly et Chambaud (2008), dans leur étude sur la place de l’information professionnelle dans la notion de capital immatériel, ont introduit le concept d’information durable. En développant chacun des quatre actifs immatériels participant du secteur de l’information professionnelle au sens large, et plus précisément celui relatif « aux activités d’information professionnelle » que sont l’intelligence économique ou la veille stratégique, les auteurs font émerger le concept d’information durable :

« (…) les contraintes environnementales font que des objets jugés inutiles il y a quelques années peuvent redevenir d’actualité, c’est-à-dire redevenir écologiquement et économiquement viables. Le réexamen de ce qui a été fait valorise les bases d’informations dans un esprit finalement semblable à celui du développement durable. En effet, l’information est la seule ressource qui puisse être réutilisée plusieurs fois sans perdre de sa valeur et dont la valeur ajoutée dépende étroitement de son contexte d’utilisation. Dans le cadre d’une exploitation intelligente de l’information, le passé c’est l’avenir. L’utilité du réexamen de ce qui a été fait confère aux gisements d’informations une valeur pérenne et génère ainsi le concept d’information durable. Mémoire et savoir sont consubstantiels. Sans mémoire, il n’y a pas d’avenir ». 

Face aux enjeux multiples, aux crises multifactorielles et aux défis du développement durable (Labelle, 2008 ; Mallowan, op. cit.) « l’information apparaît donc clairement pour l’entreprise comme un bien qui doit être « durable », c’est- à-dire exploité de façon rationnelle et optimisée ». Les entreprises doivent changer leur comportement et « adopter une attitude plus responsable, plus innovante, plus exigeante » face aux flux incessants et toujours plus nombreux d’information. A l’ère de l’information durable, l’information doit donc être considérée comme un bien durable qui repose sur « une meilleure exploitation des gisements d’information accumulés par les générations qui nous ont précédés, exploitation créatrice de richesse pour les générations futures à condition que soient remplies trois conditions[3] ». Le concept d’information durable peut s’apparenter à une déclinaison de celui de développement durable mais appliqué à la société de l’information. 

Catégorie parente: information durable
Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

La culture de l’information comme levier de changement dans le système de santé français. Le rôle des nouvelles organisations d’interface ou une approche coopérative autour de dynamiques de proximité

Christian Bourret et Claudie Meyer

-- Extrait dans lequel le concept "information" est parent du concept "information durable" --

La qualification de l’information elle-même évolue vers « plus de partage, d’équité, d’innovation et de responsabilité », supposant aussi des stratégies de partage et de conservation adaptées. Bourret et al. (2008) proposent de parler d’ «information durable », dans un contexte d’une économie de l’immatériel, supposant à la fois « plus de partage, d’équité, d’innovation et de responsabilité », supposant aussi des stratégies de partage et de conservation adaptées.

Catégorie parente: information durable
Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

Culture de l’information, durabilité : objets-frontière pour une conceptualisation à facettes

Alain Chante, Lise Verlaet et Coleta Vaisman

-- Extrait dans lequel l' "information durable" est opposée à l' "information polluante" --

A un deuxième niveau, il peut s’agir d’avoir une information « durable ». Pour l’obtenir, il faut lutter contre l’info-pollution que nous envisageons selon trois aspects. Traditionnellement en information-documentation, une information polluante s’emploie pour désigner un contenu non pertinent, un apport de connaissances qui s’avère être faux. Cette pollution informationnelle peut également venir de sources polluées, type de pollution en plein essor. Grâce à internet et aux outils du Web 2.0, chacun peut publier du contenu informationnel sans pour autant avoir les connaissances adéquates : rumeurs et désinformations sont désormais légion sur la toile. Les problèmes liés à la validité de l’information sont devenus récurrents. Tant et si bien que les fondateurs du Web Sémantique (Berners-Lee et al., 2001) intègre cette notion de validité de l’information au sein de son architecture, le Web ne pouvant atteindre son plein potentiel sans la confiance des utilisateurs dans les informations trouvées. Enfin la densité même des informations pose problème : une pollution dépend du taux de présence d’un élément dans un milieu. Leibniz, vers 1675-1680, deux cent ans après l’invention de l’imprimerie, était affolé par le nombre d’ouvrages qui en découlent. Et Robert Damien a évoqué « les maladies de l'intelligence active » provoquées par l’immédiateté de l’accès et la facilité de l’utilisation du livre dénoncées par Cabanis dans son projet de bibliothèque universelle : il y a trop d’ouvrages, il éprouve une « stupéfaction stupide devant la quantité des livres... Le nombre de livres menace de nous étouffer » (Damien, 1996, p. 507). Internet fait tendre vers l’infini cette multiplication qui a pour conséquence les répétitions constantes, la perte de temps. L’utilisateur est aussi responsable d’une pollution lorsqu’il n’utilise pas les informations qu’il accumule, parfois par manque de discernement dans sa collecte devenue trop facile (le plénomène existait peu avant la photocopie, quand la collecte passait par la copie manuelle des articles), mais aussi, c’est le cas dans les entreprises, par des décideurs qui ont plus confiance en « leur flair » qu’en toutes les données récupérées. Il faut penser aussi à des problèmes de capacité de traitement, problèmes matériels qui sont peut être plus facile à résoudre : les croisements de données à des fins de repérage manquent de précision, que ce soit dans l’entreprise ou dans le renseignement « de sécurité ». Et pour revenir à la notion de culture évoquée plus haut, il faut distinguer les données chiffrées, « observations et constructions quantifiées de la science et de la technologie » (UNISIST, 1971) et l’information, « d’un ordre supérieur à celui de la données… plus complexe » (Machlup et Marsfield, 1983).

Catégorie parente: information durable
Publication : 16 octobre 2014
Création : 04 mai 2017
Mis à jour : 04 mai 2017

Culture de l’information, durabilité : objets-frontière pour une conceptualisation à facettes

Alain Chante, Lise Verlaet et Coleta Vaisman

-- Extrait dans lequel l' "information durable" repose sur le "partage de connaissances" --

Pour l’entreprise, à partir de la veille, l’information rentre dans une démarche d’IE : comment se servir de l’information à des fins stratégiques ? Une des difficultés récurrentes dans les dispositifs d’intelligence économique se situe dans la collaboration entre les strates hiérarchiques de l’entreprise, dans les processus de médiation entre les besoins des dirigeants et la cellule de veille. Différentes études (Pelletier et Cuenot, 2013) ont démontré que la principale faille des entreprises réside non pas dans la protection de son patrimoine matériel (lequel est d’ailleurs de plus en plus immatériel) mais dans les risques relatifs au patrimoine humain. L’homme et par là même les salariés d’une entreprise sont le talon d’Achille de cette dernière, c’est régulièrement les fuites d’informations sensibles causées par un employé qui finissent par donner un avantage concurrentiel aux entreprises « adverses ». Cette crainte ne facilite guère le partage de connaissances et de savoirs sur l’entreprise. De fait, lors de l’élaboration d’un dispositif de veille, l’équipe managériale reste sur ces gardes et ne révèle qu’une partie des informations ou plus précisément de leurs intentions quant à la surveillance de leur environnement. Or un dispositif d’intelligence économique réussi consiste en « l’habilité à apprendre finement et globalement un environnement complexe et à prendre la bonne décision » (N. D’Almeida, 2001, p.50-51), mais ceci n’est possible qu’à partir du moment où l’ensemble des acteurs est averti des informations pertinentes à repérer, à analyser, à diffuser. Dans le cas contraire, cela revient à mettre sous surveillance son environnement sans savoir réellement sur quels éléments contextuels porter son attention.

La suspicion et le manque de communication sont ainsi à l’origine de moult échecs en Intelligence Economique. Situation de « double bind » (Bateson et al., 1956) puisque nous avons d’un côté les managers qui ne veulent pas divulguer toutes les informations auprès de leurs subalternes par peur d’éventuelles fuites d’informations, et de l’autre, les professionnels de la veille stratégique qui ne peuvent conduire de manière efficiente la veille sans connaître et comprendre les problématiques de leurs dirigeants. Comme le souligne Jakobiak (2006), les dirigeants devraient prendre conscience du caractère obligatoire de la culture partagée en entreprise. Ces propos rejoignent ceux de Moinet (2011) qui pointe les limites des systèmes de gouvernances des entreprises qui se fondent sur le modèle vertical, et souligne la nécessité de passer d’une entreprise à la hiérarchie verticale à une entreprise à la hiérarchie horizontale basée sur la confiance et les réseaux. Ceci est interdépendant de la culture de l’entreprise et de la volonté politique des dirigeants.

Au sein d’un dispositif d’intelligence économique, l’information doit être perçue comme la source de la connaissance, cette dernière permettant l’action. Pour être pertinente et mener aux « bonnes » actions/décisions, l’information doit être comprise dans un cadre systémique et être contextualisée. C’est cet écosystème informationnel qui confère toute sa valeur à l’information, la rend utile pour des pratiques et des stratégies d’entreprises durables. La surveillance de l’environnement de l’entreprise est essentielle, le veilleur tient donc une place centrale dans le dispositif d’Intelligence Economique. Le veilleur n’est plus considéré comme un « exécutant » agrégeant du contenu mais comme un manager de l’information, le situant comme un cadre qui participe pleinement au pilotage stratégique de l’entreprise.

Catégorie parente: information durable
Publication : 16 octobre 2014
Création : 28 janvier 2016
Mis à jour : 28 janvier 2016

Pratiques informationnelles durables : une revue de littérature

Aurélie Brunet

-- Citation tirée de : Labelle, F. (2008). La PME et la durabilité : une gestion qui améliore les capacités d’innovation des entrepreneurs. In 9ème colloque du CIFEPME. Louvain la Neuve. 29 et 30 octobre 2008. --

« l’information apparaît donc clairement pour l’entreprise comme un bien qui doit être « durable », c’est- à-dire exploité de façon rationnelle et optimisée »

Catégorie parente: information durable
Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014