Les pratiques informationnelles dans les entreprises agroalimentaires algériennes : quelle culture de gestion des connaissances ?

Radia Bernaoui

-- Extrait --

C’est ainsi que l’information est devenue un élément majeur dans le processus de développement économique, social et culturel d’une nation. Elle est considérée comme matière première stratégique pour les entreprises, tout en étant bien maîtrisée dans le but d’en tirer un avantage concurrentiel.
 
Certains auteurs la comparent au « pétrole gris », d’autres au « sang de l’entreprise ». Cette information a un impact déterminant sur les processus d’aide à la décision, la planification, la gestion et la recherche scientifique. C’est pour cette raison que l’on parle à présent de « société de l’information ».
 
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Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

De l'utilisation de l'information à des fins d'acceptabilité des changements. L'exemple du secteur de l'énergie

Viviane Du Castel

-- Extrait --

L’information, ou du moins la connaissance (si nous nous rappelons le continuum données information, connaissance, action) (Lacoste, 2012), c’est le pouvoir. 

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Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

Pratiques informationnelles durables : une revue de littérature

Aurélie Brunet

-- Extrait --

L'information est un facteur déterminant du développement durable (Habib, Baltz, 2008). Plusieurs types d'information (démographique, sociale, économique) sont nécessaires pour l'élaboration d'indicateurs qui vont permettre de tendre vers un monde plus durable. L'élaboration de ces indicateurs passe par des investissements informationnels durables (au sens de long terme) relatifs à la surveillance et la mise à jour des données et des connaissances. Pour ces auteurs, une nouvelle conception de l'information s'impose afin d'enrayer les problèmes de dégradation de l'environnement, de pauvreté et d'incertitudes qui pèsent sur le monde : l'information utilisée dans les prises de décision doit refléter les valeurs des acteurs clés. Du fait de l'émergence d'un système d'information mondial (explosion des volumes d'information, production d'information par de nombreux acteurs...), le développement durable appelle à une nouvelle culture informationnelle nécessaire à son pilotage, en permettant d'alimenter les décisions à prendre et d'évaluer leurs répercussions dans le temps et dans l'espace. 

Benessahraoui (2001), directeur exécutif de l'Institut de l'énergie et de l'environnement de la Francophonie[2], rejoint cette même idée en disant que l'information joue un rôle fondamental dans la prise de décision en matière environnementale. La construction d'une société de l'information durable passe par le respect de la diversification des sources d'information, de la compréhension facilitée et de la disponibilité de l'information, autant de « préalables à l'édification d'une société de l'information où le développement durable occupe une place centrale ». 

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Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

De l'utilisation de l'information à des fins d'acceptabilité des changements. L'exemple du secteur de l'énergie

Viviane Du Castel

-- Extrait --

Cette situation est intéressante au regard de l’utilisation de l’information à des fins d’acceptabilité des changements. Les nouvelles doxas des jeunes dans le secteur de l’énergie en témoignent. Dès lors, la gestion et la maîtrise de la complexité générée par la pluralité de l’information représentent de véritables enjeux et atouts stratégiques pour la culture organisationnelle des entreprises, notamment dans le secteur énergétique (la transition énergétique, dans la plupart des États, passe par un bouquet énergétique comprenant une part de plus en plus importante laissée aux énergies renouvelables, au côté des énergies fossiles et du nucléaire)(Prensky, 2012).

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Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

De l'utilisation de l'information à des fins d'acceptabilité des changements. L'exemple du secteur de l'énergie

Viviane Du Castel

-- Extrait --

L’information s’affirme comme une véritable arme dont le cyberespace est le terrain d’opérations de prédilection pour toucher la société réelle. La démarche d’IS s’inscrit dans un processus qui concerne aussi bien les États que les entreprises. Comme le précise régulièrement Bernard Carayon, « la puissance d’un pays réside dans sa capacité à imposer des normes et à rendre l’information puissante » (SSTIC, 2004).

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Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
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Pratiques informationnelles dans une communauté professionnelle : les conditions d’émergence de la durabilité des écosystèmes informationnels

Anne Lehmans et Karel Soumagnac

-- Extrait --

Jacques Ellul (2006), penseur bordelais et sociologue de la société technicienne, a été l’un des premiers à proposer de « penser globalement et agir localement ». Invitant à la réflexion sur le rôle de l’information comme lien entre l’intervention sur le territoire local dans l’agir professionnel et la mise en perspective globale de l’espace de la connaissance.

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

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Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

Les pratiques informationnelles dans les entreprises agroalimentaires algériennes : quelle culture de gestion des connaissances ?

Radia Bernaoui

-- Extrait --

C’est pour cette raison que l’entreprise a besoin d’informations à tous les niveaux de sa structure. L’information au sein de l’entreprise représente une fonction productrice et créative de nouveaux produits soumis au marché et à ses fluctuations. En fait, elle intervient dans toute la chaîne productrice, en débutant de la matière première des produits jusqu’à leur commercialisation. « L’amélioration de la productivité, la recherche des performances et de la qualité passe par l’organisation de l’information pour plus de transparence et de cohésion de l’organisation et de la gestion. Elle suscite lorsqu’elle est diffusée, la participation, la motivation et l’implication des opérateurs économiques dans le processus économique » [11]. 

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Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

De l'utilisation de l'information à des fins d'acceptabilité des changements. L'exemple du secteur de l'énergie

Viviane Du Castel

-- Extrait dans lequel le concept "gestion des menaces et des risques" est enfant du concept "information" --

La société de l’hyperinformation au XXIe siècle, avec ses dérapages ouvrent ainsi la voie à la déstabilisation de l’information stratégique[4]. L’influence, par exemple, occupe une place prépondérante dans les relations internationales. Ainsi, entre 2000 et 2011, le monde est passé des « cyber-vandales »[5] à de « nouvelles menaces persistantes avancées » que sont les « hackivistes »[6] aux mutations idéologiques, les cyber-guerriers qui cherchent à semer le chaos.

Ainsi, ce nouvel cyber-espionnage (ex. : Stuxnet, Flame, etc.) est, le plus souvent, mené avec l’approbation tacite ou explicite d’États autoritaires ou corrompus. En effet, la puissance des États se trouve ainsi maximisée tout en se prémunissant contre les menaces potentielles ou réelles, en prévenant les vulnérabilités. L’information s’affirme comme une véritable arme dont le cyberespace est le terrain d’opérations de prédilection pour toucher la société réelle. La démarche d’IS s’inscrit dans un processus qui concerne aussi bien les États que les entreprises. Comme le précise régulièrement Bernard Carayon, « la puissance d’un pays réside dans sa capacité à imposer des normes et à rendre l’information puissante » (SSTIC, 2004).

Les nouvelles formes de guerre de la société de l’hyperinformation opèrent comme une guerre classique, mais avec des spécificités particulières, telles que la place accrue du soupçon comme nouvelle forme d’intimidation, la nécessité de forte stratégie d’influence comprenant de nouvelles identités induisant de nouveaux rapports de force. Actuellement, la sécurité doit passer par la souveraineté numérique. Ainsi il convient de rappeler les propos du maréchal Foch, « Sachez pourquoi et avec quoi vous agissez, vous saurez comment il faut agir » (Foch, 1905).

D’autre part, sur un plan socio-affectif, la recherche permanente d’équilibre apparaît souvent comme contradictoire avec les changements, perçus notamment par les « Digital immigrants » comme une source de déséquilibre amenant à des postures de renfermement correspondants à des ressentis de situation. À titre illustratif, il convient de citer (Audétat et Voirol, 1998) la peur qui engendre un réflexe de protection et de dépassement ; la joie, un ressourcement ; la colère, l’imposition de limites ; la tristesse, la demande d’aide (…). Or, l’anticipation, favorisée par l’accès à l’information permet une préparation en amont des événements à venir, limitant par conséquent les effets négatifs du changement (politique d’accompagnement et de communication, être à l’écoute des acteurs…)(Audétat et Voirol, 1998). Dès lors, quatre étapes caractérisent le processus favorisant l’acceptabilité sociale d’un projet dans le secteur énergétique conditionnant l’exploration et l’engagement : « du déni (refus de voir et de prendre en compte les changements) à la résistance (empêcher que le changement ne s’applique à soi) pour permettre un déclic stimulant l’exploration (essayer les changements possibles) pour parvenir à un engagement (avancer sur une nouvelle voie grâce à la motivation de l’entourage et la gestion du changement) » (Scolt et Joffre, 2007).

Est-ce qu’il est possible d’affirmer, dans ce contexte, que l’on se dirige vers un « Internet responsable » qui prendrait en compte les « règles communes pour une meilleure protection de l’enfance sur Internet ; le renforcement de la lutte contre le piratage ; le soutien à l’innovation et à l’entrepreneuriat ; la promotion d’un Internet libre ? »[7] , quand l’on sait que toute navigation sur Internet laisse une trace qui peut être exploitée même si elle a été officiellement effacée. Ces traces sont une véritable identité numérique. Il est alors indispensable de veiller à mesurer le niveau d’influence numérique de l’entreprise afin de déterminer la qualité de la réputation en ligne ; de mettre en place des dispositifs d’alerte pour gérer cette réputation ; d’avoir une forte réactivité douce pour limiter la contagion ; de détecter les propos négatifs et de gommer leur trace tout en évitant de l’amplifier ou de créer un buzz négatif ; enfin, il est indispensable de publier du contenu positif afin de diluer les traces négatives (Robin, 2011).

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

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Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

Pratiques informationnelles durables : De la littératie informationnelle à la culture de l’information en entreprise : quels enjeux et solutions pour l’innovation ?

Thomas Chabbert et Fouché Damien

-- Extrait dans lequel la "connaissance" est distinguée de l' "information" --

En 2012, P. Corbel et G. Simoni, citant G. Dosi, rappellent la distinction entre information et connaissance. L’information est assimilée à un message ou un flux de messages, alors que la connaissance est une caractéristique intrinsèque de l’individu (savoir et savoir-faire).

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

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Publication : 16 octobre 2014
Création : 04 mai 2017
Mis à jour : 04 mai 2017

De l’utilisation de l’information à des fins d’acceptabilité des changements. L’exemple du secteur de l’énergie

Viviane Du Castel

-- Citation tirée de : Carayon B. in SSTIC, 2004. --

« la puissance d’un pays réside dans sa capacité à imposer des normes et à rendre l’information puissante »

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

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Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

Les pratiques informationnelles dans les entreprises agroalimentaires algériennes : quelle culture de gestion des connaissances ?

Radia Bernaoui

-- Citation tirée de : Berry M. cité par Vacher, B. (1997). La gestion de l’information en entreprises. Enquête sur l’oubli, l’étourderie, la ruse et le bricolage organisés. Paris : ADBS. p.15 --

« l’information est un carburant des décideurs ; plus ils ont d’information, mieux ils sont donc éclairés »

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

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Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

Les pratiques informationnelles dans les entreprises agroalimentaires algériennes : quelle culture de gestion des connaissances ?

Radia Bernaoui

-- Citation tirée de : Vacher, B. (1997). La gestion de l’information en entreprises. Enquête sur l’oubli, l’étourderie, la ruse et le bricolage organisés. Paris : ADBS. p.15 --

« l’information est devenue une arme économique »

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

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Publication : 16 octobre 2014
Création : 15 décembre 2014
Mis à jour : 15 décembre 2014

De l’utilisation de l’information à des fins d’acceptabilité des changements. L’exemple du secteur de l’énergie

Viviane Du Castel

-- Cas intitulé : L'information de l'opinion publique dans le secteur énergétique --

Pour le domaine qui nous intéresse – le secteur énergétique, la géoéconomie et l’intelligence stratégique permettent de savoir, de prévoir mais aussi et surtout d’anticiper, en tenant compte des risques économiques, politiques et humains mais aussi des interdépendances entre les nouveaux risques. Dans toute appréciation des risques encourus, il est nécessaire d’être capable d’appréhender les grilles d’analyse et les dynamiques des stratégies économiques et financières internationales, liées aux enjeux et aux défis du XXIe siècle. Ceci permet de comprendre que la nouvelle donne géoénergétique a des implications directes et indirectes sur les réseaux transnationaux, influençant la gouvernance en construction et que les dynamiques économique et financière internationales s’inscrivent dans une alternance de crises majeures et d’essor des nouveaux marchés. L’on comprend de plus que la mondialisation devient acteur, grâce à la déréglementation et à la désintermédiation financière, sur les marchés énergétiques et parmi les flux financiers donnés par les nouvelles technologies toujours plus innovantes (Cahen, 2010). Il convient alors de questionner la possibilité de l’existence des débats démocratiques, sous la coupe de forces majeures à l’œuvre à l’échelle globale.

 

3.1. Un débat démocratique ?

Le débriefing en direction des communautés est capital dans la mesure où il favorise la capacité de détention et de prise en compte des signaux faibles, tout en conservant un esprit critique, voire contradictoire, d’une part, et, d’autre part, de faire preuve de transparence en vue de l’obtention de l’acceptabilité sociale. En effet, comme il n’y a pas de situation à risque zéro, il convient de l’anticiper et de communiquer à son sujet, en vue d’une nécessaire prise de conscience collective que les risques sont toujours présents, à tout instant. Cette conscientisation doit être assimilée, intégrée, d’où la possibilité d’agir en conséquence, de ne pas se laisser dépasser par les risques, d’aller de l’avant (Vietor, 2007), tout en ayant mobilisé toutes les parties prenantes.

La collecte de l’information destinée à alimenter le débat est possible par l’intermédiaire d’un faisceau de méthodes : observations directes (réunions publiques, enquêtes publiques), entretiens individuels (téléphone, enquête terrain), groupe de discussion en petit comité (15-20 maximum) avec un animateur pour une discussion structurée et encadrée, analyse du discours (programme de veille, analyses), sondage par questionnaire (instrument de communication, enquête marketing, simulation de l’informatique). Dès lors, le discours d’acceptabilité pourra répondre à des attentes spécifiques afin de favoriser la confiance, les compétences, l’équité…L’information peut être puisée dans les enquêtes de l’UE (Eurobaromètre, AIEA) et elle doit être soutenue par une adaptation des stratégies de communication qui divergent selon les conditions de chaque pays, puisque les problématiques énergétiques ne sont pas partout prioritaires dans la même mesure ou face aux grands problèmes de société (chômage, inflation, criminalité, terrorisme…). Il faut aussi se rappeler que les opinions publiques divergent sur une réflexion en profondeur au sujet de la question énergétique, en raison, entre autres, d’un manque d’information ou de mauvaise information, ce qui entraine des changements d’avis ou de preuves du contraire : « corrélation entre les niveaux des contenances et l’acceptation de l’énergie nucléaire ». De plus, les opinions publiques n’ont plus confiance dans les médias traditionnels ni dans les pouvoirs publics, mais prennent plutôt en considération les avis des scientifiques ou des autorités de sûreté (Ex. : Autorité de sûreté nucléaire-ASN). Il est donc nécessaire de donner la bonne information au bon interlocuteur : il existe de « fortes corrélations entre le niveau de confiance du public dans la législation nucléaire, les autorités de sûreté nucléaire et les exploitants de centrales nucléaires. Le niveau de confiance est plus élevé dans le pays qui possède déjà des centrales nucléaires ». Dans cette optique les mesures pour accroître la confiance sont : les campagnes d’information des pouvoirs publics et industries nucléaires, l’amélioration de l’ouverture des transports, la participation plus active des parties prenantes à la prise de décision (ex. : forum sur la confiance des parties prenantes de l’AEN) (Kovacs et Gordelier, 2009).

3.2. Participation des populations, facteur de réussite ?

Si les outils de pilotage d’aide à la décision sont indispensables pour limiter les surprises et accroître les certitudes, limiter les résistances aux changements, optimiser l’utilisation des ressources, simplifier et accélérer les prises de décision, éviter les dépenses inutiles, mieux gérer la maintenance, il ne faut pas oublier l’importance de la transparence, de la gouvernance, de l’éthique et du principe de précaution, comme compléments qui favorisent la résilience stratégique et la capacité de rebond, en plus d’aider à gagner la confiance des autres parties prenantes. Ces leviers devraient eux aussi être au cœur des préoccupations stratégiques des entreprises du secteur énergétique, pour lesquelles le fait de décider, signifie agir en anticipant les situations et les évolutions, en prévenant les risques et en demeurant responsables (Ratcliffe, 2010), tout en favorisant la participation de tous les acteurs concernés.

La participation des opinions publiques est nécessaire pour évaluer la compétence des professionnels et les capacités de gestion et la maîtrise du risque (Vergerette, 2006). La convention d’Arrhus (2004) rend obligatoire l’accès à l’information et la participation (« lorsque toutes les options et solutions sont encore possibles et que le public peut exercer une réelle influence ») du public en matière d’environnement. Dès lors, le public doit être prévenu très en amont, le projet doit être réversible (plusieurs possibilités), le public doit avoir des délais suffisants par rapport à la procédure et doit pouvoir le consulter gratuitement. L’accès à toute l’information doit être possible sans avoir à se justifier. La concertation est indispensable pour favoriser l’appropriation des changements par les opinions publiques, surtout lorsque celles-ci sont associées à des politiques de transparence, d’éducation des populations pour faire comprendre les enjeux énergétiques. À titre illustratif, il convient de citer la loi Barnier, en France (2 février 1995) (Percebois, 2012).

3.3  Vers une acceptation de l’impossible « zéro risque »?

L’acceptabilité est une problématique importante, car elle dépend des répercussions du déploiement des énergies face au prix fixé au consommateur, mais aussi face à l’intérêt général et face aux changements. Il est désormais nécessaire d’avoir la meilleure information des enjeux et des interactions entre les énergies (ex. : informations par rapport aux coûts, aux impacts, aux filières, aux différentes technologies…). Il est également nécessaire de prévoir une concertation (incitation économique, structure de financement plus participatif, organisation de débats publics face à l’avenir, politique énergétique). Des problèmes induits peuvent apparaître (ex. : manque de communication, résistance aux changements, etc.) sont dus à la nécessaire vulgarisation d’un sujet aussi technique et complexe, vu que les points du débat portent sur les choix technologiques, le coût, la politique industrielle, l’emploi, la fiscalité, ainsi que sur les systèmes énergétiques, les technologies, les réseaux de transport, de distribution, les infrastructures, la politique énergétique, les risques, le gaz de schiste, le principe de précaution, les énergies renouvelables, le prix, etc. (Percebois, 2012). Et surtout, sur le risque zéro qui n’existe pas (ex. : Fukushima), puisqu’aucune énergie n’est idéale (ex. : nucléaire, gaz de schiste, stockage carbone, énergie renouvelable) : il est impératif donc de rendre explicite l’impossibilité du risque zéro et la nécessité de l’acceptabilité des projets énergétiques et de leur utilité pour l’intérêt général.

Dans le même temps, cette acceptabilité n’est pas emprunte de freins. Un exemple probant est la problématique du nucléaire en France : « absence de polémique autour de la filière et montée en puissance de la problématique du changement de climat. L’énergie nucléaire apparaissait de plus en plus comme la solution efficace afin de produire de l’énergie dé-carbonée » (Bonneval et Lacroix-Lanoë, 2011). L’énergie nucléaire est nécessaire car elle n’a pas d’alternative viable. Il est nécessaire « d’établir des normes d’acceptabilité fixant des limites en dessous desquelles les situations sont déclarées acceptables » ; s’il y a un seuil, il est nécessaire de prendre des mesures adéquates et installer un débat démocratique [24]. Si l’incident de Fukushima n’a eu que peu d’impact sur les opinions publiques en France, cela tient à une forte tendance pro-nucléaire historique, en contradiction avec la réaction de l’Allemagne, plus favorable aux énergies renouvelables et au syndrome « not in my backyard »(Percebois, 2012). A contrario, l’Allemagne est une exception en Europe[25]. Dans ce même ordre d’idées, il convient de revenir sur les conséquences de Fukushima qui font que l’Allemagne, l’Italie et la Belgique prévoient la sortie totale du nucléaire. Toutefois, ces politiques ne sont que le renforcement de choix électoraliste antérieurs (Percebois, 2012).L’UE a construit une politique énergétique commune dans une perspective de développement durable : bouquet énergétique, régulation européenne, nécessité d’un dialogue pour apaiser les inquiétudes des opinions publiques (Fischer, 2011).

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Publication : 16 octobre 2014
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