Pratiques informationnelles durables : la question de la culture de l’information pour les natifs du numérique à l’heure de l’ubiquité des algorithmes de recherche et l’appropriation de Google par les « digital natives »

Antoine Henry et Jean-Baptiste MacLuckie

-- Extrait dans lequel la "culture de l'instantanéité" est opposée à la "durabilité" --

La culture de l’instantanéité s’oppose-t-elle réellement au concept de durabilité ? Comment rendre la culture de l’information pérenne alors qu’étant étudiée sous l’angle des technologies du numérique, elle évolue dans un environnement instable et en perpétuel changement ? En effet, le Web est un écosystème dynamique où les informations apparaissent, se transforment et évoluent continuellement. En parallèle, les TIC suivent le rythme de transformation du Web, les outils, applications et sites Web évoluent également, impliquant parfois une perte de repère quant aux habitudes des usagers. Comment maintenir dans un tel contexte une culture durable de l’information ? La réponse se trouve peut-être dans une culture de l’information que nous qualifierons de dynamique[8], en mouvement et en perpétuelle quête d’amélioration. Cette conception de la culture de l’information peut être illustrée par cette citation d’Alvin Toffler, sociologue et écrivain américain (in Gibon R., 1997) : « The illiterate of the 21st century will not be those who cannot read and write, but those who cannot learn, unlearn and relearn ». Cette citation célèbre d’Alvin Toffler n’est pas sans rappeler la notion d’apprentissage continu, aussi appelé lifelong learning, qui désigne un apprentissage « tout au long de la vie », mais Alvin Toffler va plus loin en parlant d’« apprendre, désapprendre et réapprendre ». Dans cette même logique, Mark Deuze (2007) souligne que les travailleurs d’aujourd’hui [et de demain] devront être capables de désapprendre les compétences obsolètes tout en s’adaptant aux technologies présentes et futures. Selon Deuze (ibid.), les travailleurs doivent devenir « leurs propres entreprises », être autonomes et capables de s’adapter aux nouvelles réalités de leurs emplois. Cet aspect est également développé par Olivier Le Deuff (2011), qui évoque la possibilité du Personal Knowledge Managementselon l’acception de Christophe Deschamps[9] (in Delengaigne, Mongin, Deschamps, 2011) comme moyen d’apprendre tout au long de la vie, mais aussi de travailler « pour soi et sur soi », de s’améliorer tout en cherchant à devenir autonome vis-à-vis de son lieu de travail.

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

Catégorie parente: culture de l'instantanéité
Publication : 16 octobre 2014
Création : 05 mai 2017
Mis à jour : 05 mai 2017