La culture de l’information comme levier de changement dans le système de santé français. Le rôle des nouvelles organisations d’interface ou une approche coopérative autour de dynamiques de proximité

Christian Bourret et Claudie Meyer

-- Extrait dans lequel le "partage d'information" repose sur la "confiance" --

La confiance est fondamentale pour le développement des échanges et au maintien des relations à long terme. C’est aussi une autre façon d’aborder la question de la coopération et du risque dans le partage de l’information. Selon le point de vue, partager l’information, peut sous tendre aussi bien l’acceptation de se rendre vulnérable (Baier, 1986) que la promesse de créer un nouvel espace de liberté (Hosmer, 1995).
 
Déjà évoquée dans notion de secret médical car centrale dans la relation médecin / patient, la confiance est également présente dans la relation du patient lui-même avec le système de santé dans son ensemble (acteurs mais également outils mobilisés).
 
Kaplan (in Francou 2012) s’interroge à juste titre sur « comment créer des technologies et des systèmes de confiance qui correspondent aux pratiques réelles des acteurs et des utilisateurs ? Comment éviter que la sécurité ne détruise la confiance ? » Car il y a une véritable obsession de la sécurité des données, des systèmes d’information et des plates-formes de santé qui en grand renfort de certifications et de labels fige la création d’échanges en dehors de ces dispositifs.
Se retrouve ainsi à coexister un monde technologique classique où la confiance repose sur des mécanismes de contrôle pour limiter les risques de violation, d’intrusions dans les systèmes, de non-conformité des données et un monde technologique collaboratif né avec le web où la confiance relève davantage de la coopération, du partage, de l’entraide et la coproduction que de la protection calculée contre un risque ou une incertitude.
 
Catégorie parente: confiance
Publication : 16 octobre 2014
Création : 04 mai 2017
Mis à jour : 04 mai 2017

Culture de l’information, durabilité : objets-frontière pour une conceptualisation à facettes

Alain Chante, Lise Verlaet et Coleta Vaisman

-- Extrait dans lequel la "communication durable" repose sur la "confiance" --

Pour l’entreprise, à partir de la veille, l’information rentre dans une démarche d’IE : comment se servir de l’information à des fins stratégiques ? Une des difficultés récurrentes dans les dispositifs d’intelligence économique se situe dans la collaboration entre les strates hiérarchiques de l’entreprise, dans les processus de médiation entre les besoins des dirigeants et la cellule de veille. Différentes études (Pelletier et Cuenot, 2013) ont démontré que la principale faille des entreprises réside non pas dans la protection de son patrimoine matériel (lequel est d’ailleurs de plus en plus immatériel) mais dans les risques relatifs au patrimoine humain. L’homme et par là même les salariés d’une entreprise sont le talon d’Achille de cette dernière, c’est régulièrement les fuites d’informations sensibles causées par un employé qui finissent par donner un avantage concurrentiel aux entreprises « adverses ». Cette crainte ne facilite guère le partage de connaissances et de savoirs sur l’entreprise. De fait, lors de l’élaboration d’un dispositif de veille, l’équipe managériale reste sur ces gardes et ne révèle qu’une partie des informations ou plus précisément de leurs intentions quant à la surveillance de leur environnement. Or un dispositif d’intelligence économique réussi consiste en « l’habilité à apprendre finement et globalement un environnement complexe et à prendre la bonne décision » (N. D’Almeida, 2001, p.50-51), mais ceci n’est possible qu’à partir du moment où l’ensemble des acteurs est averti des informations pertinentes à repérer, à analyser, à diffuser. Dans le cas contraire, cela revient à mettre sous surveillance son environnement sans savoir réellement sur quels éléments contextuels porter son attention.

La suspicion et le manque de communication sont ainsi à l’origine de moult échecs en Intelligence Economique. Situation de « double bind » (Bateson et al., 1956) puisque nous avons d’un côté les managers qui ne veulent pas divulguer toutes les informations auprès de leurs subalternes par peur d’éventuelles fuites d’informations, et de l’autre, les professionnels de la veille stratégique qui ne peuvent conduire de manière efficiente la veille sans connaître et comprendre les problématiques de leurs dirigeants. Comme le souligne Jakobiak (2006), les dirigeants devraient prendre conscience du caractère obligatoire de la culture partagée en entreprise. Ces propos rejoignent ceux de Moinet (2011) qui pointe les limites des systèmes de gouvernances des entreprises qui se fondent sur le modèle vertical, et souligne la nécessité de passer d’une entreprise à la hiérarchie verticale à une entreprise à la hiérarchie horizontale basée sur la confiance et les réseaux. Ceci est interdépendant de la culture de l’entreprise et de la volonté politique des dirigeants.

Au sein d’un dispositif d’intelligence économique, l’information doit être perçue comme la source de la connaissance, cette dernière permettant l’action. Pour être pertinente et mener aux « bonnes » actions/décisions, l’information doit être comprise dans un cadre systémique et être contextualisée. C’est cet écosystème informationnel qui confère toute sa valeur à l’information, la rend utile pour des pratiques et des stratégies d’entreprises durables. La surveillance de l’environnement de l’entreprise est essentielle, le veilleur tient donc une place centrale dans le dispositif d’Intelligence Economique. Le veilleur n’est plus considéré comme un « exécutant » agrégeant du contenu mais comme un manager de l’information, le situant comme un cadre qui participe pleinement au pilotage stratégique de l’entreprise.

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

Catégorie parente: confiance
Publication : 16 octobre 2014
Création : 04 mai 2017
Mis à jour : 04 mai 2017