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Étude de la situation de communication entre prisonniers et bénévoles d'associations pour la réinsertion sociale

Bithia-Anne Desrosiers et Sophie Hervé

Résumé : Au travers de cette étude portant sur la communication avec l’altérité, nous vous proposons d’étudier le public des détenus. Les prisonniers, condamnés pour des attitudes hors des normes sociales, sont souvent écartés de la société. A ce titre, ils s’inscrivent dans l’« altérité du dedans » décrite par Denise Jodelet. Or, la peine carcérale, sécuritaire, s’envisage aussi sous un volet humaniste, dans lequel se situe la réinsertion sociale. Des agents de l’extérieur interviennent en prison pour accompagner les détenus dans une démarche de réinsertion au sein de la société. Parmi ces acteurs « du dehors », les bénévoles, au travers d’association comme l’Association des visiteurs de prison ou le GENEPI, interagissent avec les détenus. C’est cette situation communicationnelle que nous souhaitons interroger. Il s’agit alors d’analyser la manière dont les associations prennent en charge la prise de contact entre volontaires et détenus. Nous nous intéresserons donc à l’existence ou non de processus balisant cette communication particulière.

Mots-clés : Altérité, Prisonniers, Détenus, Bénévoles, Associations, Milieu carcéral, Communication, Rencontres, Réinsertion sociale 

INTRODUCTION

En conférant le statut social de prisonnier à un individu, le tribunal érige celui-ci en figure de l’altérité. L’institution judiciaire, représentante de la société, le condamne en effet parce qu’elle juge son comportement hors norme. Or il y a dans le processus juridique et particulièrement dans le cadre d’un procès, instant de jugement public, une mise en altérité de la personne qui correspond, pour reprendre Denise Jodelet, a « un basculement de la différence dans l’extériorité » (2005). Par sa conduite, catégorisée comme déviante, l’individu est en effet identifié comme source de malaise par la société (Jodelet, 2005) car il n’entre pas dans la mêmeté. L’individualité propre de la personne condamnée a tendance, à cette occasion, à être assimilée aux agissements pour lesquels elle est jugée. Ainsi « loin de distinguer la personne de l’acte criminel, la construction sociale de l’altérité passe par la réduction de celle-là à celui-ci » (Chauvenet, 2010). L’attribution du statut de prisonnier est alors la marque par laquelle l’individu est refoulé symboliquement hors de la Cité, tandis que l’enfermement, le plus souvent loin des centres villes (Combessie, 1994), l’en exclut physiquement.

La prison est un milieu hors du commun (Chauvenet, 2010) dans lequel les individus ne retrouvent pas les codes qui régissent la société. La règle pénitentiaire est en effet la soumission à l’ordre carcéral. Son application passe par des fouilles au corps, un droit de regard sur le courrier reçu, une surveillance à l’œilleton. Elle est adaptative et induit un rapport de force au travers duquel le détenu est dans une position perpétuelle de dominé. Au regard des normes qui administrent la société, elle apparaît donc comme immorale. De plus les pénitenciers sont des lieux de vie paupérisés (Santorso, 2015) caractérisés par la peur (Chauvenet, 2010). Attachés à leur fonction dissuasive, ce sont des lieux de peur à l’intérieur desquels les relations sont déterminées par cette émotion. Ainsi, selon Chauvenet, un nouvel arrivant, nourri par l’appréhension qu’il a de ses co-détenus, met en œuvre des stratégies d’évitement et apprend des techniques d’auto-défense. Cette considération de la prison comme un lieu hors du commun, c'est-à-dire hors des normes sociales, se retrouve aussi dans le rejet de celle-ci par les acteurs évoluant près d’elle. Combessie, en définissant la notion de « périmètre sensible » (1994) affirme ainsi que pour les élus qui pilotent un territoire, la prison est un espace infamant dont il ne faut pas parler. Les riverains habitant à proximité des pénitenciers développent, quant à eux, « une forme d’anesthésie socialement conditionnée » (Combessie, 1994). Ainsi, l’environnement intrinsèque de la prison et le regard que la société porte sur les détenus, projettent ceux-ci dans un prisme identitaire dégradé peu à même de les faire revenir dans la norme sociale, dans la mêmeté. Ils s’inscrivent alors dans une « radicale altérité » (Chauvenet, 2010).

Dans la perspective de la sortie de prison des détenus, il paraît donc primordial de leur offrir la possibilité de maintenir un lien avec la société, avec le « dehors ». C’est notamment dans cette optique, que divers intervenants extérieurs franchissent les murs des pénitenciers. Il s’agit d’enseignants, d’agents Pôle Emploi, de dentistes, de salariés d’associations proposant des formations professionnelles ou artistiques, de bénévoles issus d’associations à l’écoute des prisonniers ou encore de bénévoles individuels tels des écrivains publics ou des artisans. Depuis la réforme Amor datant de 1945, ces acteurs ont progressivement été de plus en plus nombreux à pénétrer dans l’univers carcéral pour mener des actions auprès de détenus ou de sortants de prison. Cette législation place une fonction de réinsertion sociale au cœur de la peine de privation des libertés. La réinsertion sociale est un processus au terme duquel l’ex détenu est censé vivre en adéquation avec les normes et valeurs de la société, c'est-à-dire entrer de nouveau dans le champ de la mêmeté. Dans les années 1980, notamment après le rapport du député Bonnemaison en 1989 (Combessie, 1994), les mécanismes visant à permettre la réinsertion sociale des prisonniers se multiplient et la peine en milieu ouvert (hors les murs, avec un bracelet électronique par exemple) se développe. De plus, la création du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP) est actée en 1999 par le décret 99-276. Cet organisme, émanant de l’administration pénitentiaire, est chargé du suivi des personnes condamnées, qu’elles soient incarcérées (milieu fermé) ou non (milieu ouvert), (Définition du site web viepublique.fr). Idéologiquement acceptée et moralement validée, la dimension humanitaire de la prison (fonction de réparation, d’amendement) se trouve confortée par cette politique d’ouverture qui induit une porosité entre le « dedans » et le « dehors » et qui vise théoriquement à favoriser la sortie de prison des détenus.

Les bénévoles entrant en contact avec les prisonniers et les sortants de prison se situent dans la porosité évoquée ci-dessus, ils sont une interface entre « dedans » et « dehors ». A cet égard, ils apparaissent comme des acteurs de l’entre deux mondes (société/ prison) et sont symptomatiques du fonctionnement de la prison. L’univers carcéral est en effet un lieu hautement intermédié où chaque protagoniste est placé entre deux choses, les liens entre individus ne s’établissant que par une chaîne de multiples intermédiaires. Physiquement, le pénitencier lui-même reflète ses relations fragmentées, tant dans l’espace (innombrables sas et portes fractionnant matériellement et symboliquement les déplacements) (Chauvenet, 2010) que dans le temps (temps oisif et fragmentés par des activités à horaires déterminés) (Castel, 2010).

Au regard de ce constat, la situation communicationnelle dans laquelle s’insère le bénévole vis-à-vis du détenu ou du sortant de prison nous apparaît particulière et semble à ce titre être un sujet d’étude fécond. Le bénévole en pénétrant dans l’univers carcéral et en tissant des liens avec un détenu ou un ex-détenu se place, en effet, en position de rencontre avec un alter, défini par le tribunal comme tel, et vivant dans un milieu hors des normes de la société. Cette rencontre est la résultante d’un processus administratif relativement long (l’obtention d’un agrément pour être visiteur de prison n’intervient que dans un délai de six mois) et contrôlé (le visiteur de prison fait ainsi l’objet d’une enquête de moralité). Elle fait l’objet d’une médiation puisqu’elle est encadrée par l’administration pénitentiaire et est le plus souvent accompagnée par une association.

C’est ce rôle de l’association comme médiateur dans la rencontre avec l’altérité que représente, pour le bénévole, le détenu et le milieu dans lequel il vit ou a vécu que nous avons souhaité interroger. Cette étude s’intéresse donc à la manière dont les associations prennent en charge la prise de contact entre bénévoles et détenus. Cette interrogation nous amènera notamment à porter notre regard sur l’existence ou non de processus balisant cette communication particulière, sur la présence de formations (sensibilisation au fonctionnement des pénitenciers, démarches formalisées pour la prise de parole auprès des prisonniers ou sortants de prison) pour les bénévoles au sein des associations.

METHODOLOGIE

Notre étude, se basant sur une approche constructiviste, a pour but de répondre au questionnement formulé ci-avant et doit ainsi nous permettre de comprendre de quelle manière les associations qui interviennent au sein de l’univers carcéral prennent en charge la rencontre de leurs bénévoles avec leur public cible : les détenus et les ex-détenus.

Notre méthodologie vise à expliciter le rôle et la place des associations dans la relation se nouant entre un bénévole et un prisonnier ou sortant de prison. Nous avons adopté une approche qualitative en réalisant des entretiens téléphoniques semi-directifs avec des responsables ou bénévoles de cinq associations intervenant dans le champ carcéral. Les actions de ces structures visent les personnes sous main de justice et sont menées pendant ou après l’incarcération de ces individus. 

D’autres structures ont été écartées bien qu’appartenant à l’univers pénitentiaire. Ce fut le cas lorsque les bénévoles de ces associations n’entrent pas en contact avec les prisonniers. Certains accompagnent en effet les détenus de manière indirecte, en apportant un soutien aux proches des individus écroués à l’image des bénévoles issus des associations de maisons d'accueil des familles et proches de personnes détenues. D’autres encore se mobilisent pour sensibiliser le grand public aux questions carcérales à l’instar des membres de Ban Public ou de Carcéropolis. Certaines associations s’occupent, quant à elles, d’un public incarcéré spécifique. C’est le cas de La Cimade qui prend uniquement en charge des détenus étrangers. L’altérité liée à ces personnes est alors double puisqu’elles ont à la fois le statut de prisonnier et celui d’étranger. Cette altérité dans l’altérité induit une relation communicationnelle particulière liée au double statut précédemment évoqué. Les associations telles que La Cimade, développent donc des approches communicationnelles prenant en compte à la fois la condition de prisonnier et celle d’étranger. Notre étude se concentrant sur l’altérité induite par le statut de prisonnier, nous avons choisi d’évacuer de notre analyse les associations s’occupant de détenus particuliers (étrangers, toxicomanes etc).

Quatre des cinq associations retenues sont d’envergure nationale et possèdent des antennes régionales, le plus souvent rattachées aux pénitenciers du territoire en question.  Le Mouvement pour la Réinsertion Sociale (MRS) n’agit qu’en Île de France et est structuré par des antennes départementales. Cette association est la seule du panel à développer des actions uniquement en direction des sortants de prison. La Croix Rouge agit envers les détenus et les sortants de prison, notamment parce qu’elle possède des programmes d’aide aux personnes vulnérables plus vastes, dans lesquels peuvent s’intégrer les ex-détenus. L’Association Nationale des Visiteurs de Prison (ANVP), Lire pour en sortir et le Genepi interviennent exclusivement auprès des personnes incarcérées. Les interventions de l’ANVP et du MRS se structurent autour de l’écoute individuelle tandis que les actions de la Croix Rouge, de Lire pour en sortir et du Genepi passent par la mise en place de multiples activités, notamment socio-culturelles. L’action de Lire pour en sortir se construit exclusivement autour d’un accompagnement à la lecture individuel (c’est l’objet de l’association), tandis que les deux autres structures proposent, quant à elles, diverses animations individuelles ou collectives.

Ces associations proposent des actions spécifiques en adéquation avec leurs racines philosophiques ou/ et religieuses, avec leur vision de l’action sociale. Nous proposons ci-dessous une brève description de chacune d’entre elles.

Croix Rouge Française « Prison – Justice »[1] : La Croix Rouge est une association internationale fondée au XIXème siècle et dont la branche française développe des actions au sein de l’univers carcéral. Le public des détenus et des sortants de prison entre en effet dans le champ, beaucoup plus vaste, des personnes vulnérables pour lesquelles l’association se mobilise. Les actions de la Croix Rouge vis-à-vis des prisonniers n’impliquent pas forcément une prise de contact avec ces derniers (aide pécuniaire, vestiaire, maintien des liens familiaux). Néanmoins les bénévoles organisent aussi des activités socio-culturelles (formation aux premiers secours, échecs, théâtre, cuisine etc) au sein des pénitenciers et, entrent à cette occasion en contact avec les détenus. Qui plus est, les structures sociales de l’association sont amenées à accueillir des personnes sous-main de justice évoluant en milieu ouvert et des sortants de prison. Le discours mis en exergue sur le site web de la Croix Rouge fonde le lien social généré par les activités entre bénévoles et détenus ou sortants de prison comme un « facteur essentiel de la réinsertion »[2].

Association Nationale des Visiteurs de Prison[3] : Les visiteurs de prison ne sont pas obligatoirement affiliés à une association pour rencontrer des détenus. L’ANVP leur permet néanmoins d’échanger avec d’autres bénévoles les expériences issues de leurs interventions et d’être formés à l’écoute et au fonctionnement du milieu carcéral. Cette structure créée en 1932 par la société catholique Saint Vincent de Paul, a affirmé son caractère laïc dans les années 1990 en délaissant le nom d’« Œuvre de la Visite des Détenus en Prison » pour celui d’ « Association Nationale des Visiteurs de Prison ». Les bénévoles écoutent les détenus mais n’interviennent pas auprès des sortants de prison. Comme le souligne le site web de l’association, le rôle du visiteur de l’ANVP « s’exerce dans un face à face avec une personne détenue et non au travers de la participation à des activités dans l’établissement ».

Lire pour en Sortir[4] : cette association d’envergure nationale a été créée en 2014 en partenariat avec Le Secours Catholique. Elle anime un programme de lectures destiné à lutter contre l’illettrisme en favorisant les réductions de peine. L’apprentissage de la lecture est ici considéré comme une clé pour permettre aux individus de se réinsérer socialement. Les programmes de lecture sont alors adaptés à la personnalité et au niveau de chaque détenu. Les bénévoles, provenant majoritairement des rangs du Secours Catholique, aident les prisonniers dans le choix des ouvrages.

Mouvement pour la Réinsertion Sociale[5] (MRS) : l’association a été fondée en 1969 par Jean Schewin alors président de la chambre honoraire de la cour d’appel de Paris. Son action vise uniquement les sortants de prison d’Île de France, de nationalité française et ayant quitté la détention depuis moins de six mois. Le MRS conçoit la réinsertion sociale par le travail, la conquête d’une autonomie et d’une dignité. Les bénévoles accompagnent donc les sortants en leur apportant un soutien dans la construction d’un projet de vie et des démarches administratives qui lui sont liées. L’association propose aussi aux ex-détenus des solutions d’hébergement temporaires.

Genepi[6] : Cette association étudiante d’envergure nationale née en 1976 organisent des activités socio-culturelles en prison (écriture d’un carnet de voyage, jeux de société, activités éducatives de soutien scolaire etc). N’étant pas en accord avec la conception de la réinsertion sociale prônée par les institutions pénitentiaires, le Genepi préfère considérer qu’il agit pour décloisonner la prison et créer du liant avec la société[7]. Dans cette optique les rapports entre bénévoles et prisonniers sont vécus comme une rencontre d’égal à égal. L’identité et les activités proposées par l’association ont évolué au fil du temps et depuis 2014, le statut étudiant n’est plus une condition sine qua non pour intégrer le Genepi. D’autre part les activités proposées par l’association ne sont plus restreintes à des aspects éducatifs.

Pour répondre à notre questionnement, nous avons choisi d’interroger, les bénévoles vivant la rencontre avec le détenu – alter et les responsables issus des associations listées ci-dessus. Il s’agit en effet dans cette étude de comprendre comment les associations, véritables intermédiaires entre « dehors » et « dedans », permettent aux individus du « dehors », les bénévoles, d’entrer en relation avec les détenus ou ex-détenus. Par un travail comparatif des différents entretiens nous cherchons à savoir si les associations développent les mêmes approches et procédures pour préparer les bénévoles à la prise de contact avec les détenus ou sortants de prison, si elles conçoivent toutes les modalités conversationnelles entre les deux publics de la même manière. Pour parvenir à cette analyse nous avons donc interviewé des bénévoles d’antennes locales (Genepi), des responsables d’antennes locales (ANVP Poitiers, MRS Paris 11ème) intervenant eux-mêmes auprès des détenus, et des responsables au siège des associations (Lire pour en sortir, petite structure récente dans laquelle les membres fondateurs sont aussi intervenants) parfois salariés pilotant l’ensemble des programmes mis en œuvre sans intervenir en tant que bénévole (Croix Rouge). Afin d’avoir une vue exhaustive des actions menées par les associations, la phase d’entretiens a été complété par une analyse des contenus éditoriaux des sites internet des dites structures (présentations des missions des associations, leurs historiques, leurs chartes déontologiques).

ANALYSE COMPARATIVE 

Les interviews se sont déroulées à l’aide d’une trame de questions préétablie. Les résultats suivants découlent des réponses cumulées lors de ces entretiens. Les questions posées tournaient autour de grands thèmes, dont l’environnement des bénévoles, les actions mises en place par les associations auprès des détenus - alter - et la relation avec l’administration pénitentiaire, troisième élément de cette triade formée avec le bénévole et le détenu.

Recrutement

Il convient dans un premier temps de souligner que les bénévoles œuvrant au sein des associations que nous avons rencontrées, les ont intégrées après avoir répondu à des annonces en ligne (MRS et Croix Rouge), en ayant rencontré la structure lors de forum des associations (MRS) ou de réunions d’informations (Genepi) ou encore par bouche à oreille (Lire Pour En Sortir). Les bénévoles de la Croix Rouge ou de Lire Pour En Sortir viennent souvent des rangs de l’association nationale dans laquelle ils opèrent déjà auprès d’un autre public. Il n’y a pas de pré-requis particuliers, du type connaissances préalables sur le milieu carcéral, pour entrer dans les associations. Les seules barrières sont celles fixées par la loi (être majeur, avoir un casier judiciaire vierge). La responsable de Lire Pour En Sortir souligne par exemple qu’ « un critère qui ne nous permet pas de les prendre, c’est quand ils ont […] quelqu’un de leur famille dans la maison dans laquelle ils veulent être bénévoles […] ». L’administration pénitentiaire donne ensuite l’autorisation aux bénévoles d’entrer en prison par l’attribution d’agréments.

Hormis ces contraintes d’ordre légales les associations interrogées accueillent les bonnes volontés, à l’instar du Genepi dont les responsables disent « accepte[r] tout le monde ». Le MRS mène quand même « des entretiens, comme un entretien d’embauche » pour s’assurer de la motivation sur le long terme des personnes. Mais les rencontres entre futurs bénévoles et responsables visent surtout mieux faire comprendre les actions de l’associations et l’univers particulier dans lequel il s’agit de pénétrer. Ainsi le président de l’ANVP Poitiers « reçoit les gens qui souhaitent entrer dans l’association […] en les informant exactement et précisément, ne serait-ce que des jours auxquels on peut aller à Vivonne, de l’endroit, du lieu, qui est un lieu particulier […] et des difficultés que l’on peut rencontrer, du plaisir que l’on peut y trouver aussi […] ». 

Les profils des bénévoles sont hétérogènes et l’on trouve parmi eux des étudiants, des retraités, médecins, professeurs, assistantes sociales, etc. La responsable MRS souligne que dans « l’association « on a un médecin, on a un DRH, on a des profs, on a des anciens proviseurs de lycée […] on a quelqu’un qui a travaillé à la RATP ». Les aspirants bénévoles s’adressent aux associations par curiosité, par envie d’aider et parfois, selon la responsable de la Croix Rouge, il s’agit de personnes ayant été amenées à côtoyer l’univers carcéral « pour une raison ponctuelle, par le travail, par l’incarcération d’[un individu] plus ou moins proche ».  Néanmoins pour toutes les structures, nombreuses sont les personnes intéressées qui viennent avec très peu de connaissances sur le milieu carcéral. Généralement, elles se sont renseignées sur le site web de l’association en question (MRS et ANVP). La responsable de Lire Pour En Sortir dit ainsi qu’« ils [n’]ont pas d’expérience » tandis que le Genepi admet que « souvent on arrive avec peu d’information ». La méconnaissance de la prison par les futurs bénévoles participe d’une mystification de cet univers. Il y a donc pour eux, une entrée dans un milieu inconnu, alter, mal défini. La responsable de la Croix Rouge souligne que « avant de rentrer en prison, il y a souvent beaucoup de peur et de préconceptions ».

Formations

Partant de ce constat, les associations doivent préparer les bénévoles à leur prise de contact avec le milieu carcéral. Une fois qu’ils ont intégré l’association, les bénévoles suivent donc des formations proposées par les associations et par l’administration pénitentiaire. Celles-ci sont très variées tant par leur format (weekend de formation et ateliers d’éducation populaire pour le Genepi, journées théoriques ou groupe de parole pour l’ANVP, documents écrits pour Lire Pour En Sortir etc) que par les différentes thématiques (vocabulaire lié à l’univers, suicide, violence, etc). Il s’agit de donner des repères aux adhérents sur le fonctionnement pénitentiaire car il n’est pas évident de « faire la différence entre une maison d’arrêt et un centre de détention, […] il y a plein d’acronymes » (Genepi). Les formations doivent aussi permettre de faciliter l’écoute et d’appréhender la manière de mener un entretien, ou encore l’attitude à adopter face à certaines situations (par exemple savoir quoi faire lorsqu’un détenu demande à un bénévole de faire passer un papier à l’extérieur de la prison). Ces formations données avant l’entrée en prison doivent permettre de « dédramatiser la prison » (Croix Rouge) et de déconstruire les appréhensions.

Globalement, l’ensemble des associations interviewées proposent le même type de formation reposant sur des échanges continus entre les bénévoles, même si du fait de la récente création de l’association, cette dynamique est moins présente dans le cas de Lire Pour En Sortir car de fait « des anciens bénévoles il n’y en a pas […] en général ils sont encore là ».

Au sein du MRS et de l’ANVP les nouveaux bénévoles observent les anciens pour faire leurs premiers pas dans l’association. La formation du MRS se déroule ainsi sur le mode d’un parrainage étalé sur trois mois. D’abord, le nouvel adhérent assiste aux entretiens des ex-détenus, « et cette relation, en fait d’observation, ça permet au bénévole de poser aux anciens bénévoles toutes les questions qu’il souhaite » (MRS). Cela permet à la nouvelle recrue d’appréhender un panel large de situations dans lesquelles il peut se retrouver, pour qu’ensuite, il puisse mener une première rencontre, accompagné d’un ancien bénévole. Suivant ce premier entretien, le bénévole, autonome, peut désormais mener ses rencontres, seul, et peut échanger avec ses collègues, en cas de questionnement. De son côté, le responsable de l’ANVP Poitiers propose au nouveau visiteur de l’accompagner en observateur pour assister à des entretiens. Il s’agit pour le nouveau bénévole de « ne pas rentrer la première fois tout seul là-dedans. […]Ça leur permet d’appréhender le fonctionnement, comment on s’y prend avec les détenus, de voir un peu comment sont les détenus » (ANVP). Dans le cas de la Croix Rouge et du Genepi, les interventions en prison se font à plusieurs, à minima en binôme, ce qui permet là encore de ne pas entrer seul dans les bâtiments, de discuter des situations rencontrées avec les détenus et de rassurer le moins expérimenté des deux protaganistes.

Dans les structures ANVP ou Genepi, ce climat d’échanges est favorisé par des journées théoriques et des formations nationales ou inter-régionales

Pour toutes les associations, les échanges entre anciens et nouveaux membres sont donc importants. Ils permettent de faciliter l’appréhension de l’univers carcéral et de parler des problèmes rencontrés dans les actions et la relation vis-à-vis des détenus. Ces échanges sur le mode de l’oralité sont plus ou moins formels, mais dans le cas de l’ANVP, c’est très structuré, avec un groupe de parole, accompagné d’un psychologue professionnel, défrayé pour son intervention. Ce groupe a été mis en place pour justement « aborder toutes les difficultés que l’on peut ressentir et comment on peut s’en sortir, comment on peut […] mieux comprendre tel ou tel détenu » (ANVP). Les rencontres bimensuelles entre bénévoles du Genepi obéissent à la même logique. Ils font « un point sur comment se passent les actions en détention, s’il y a le moindre problème, [ils] en parle[nt] collectivement, pour que ça se passe au mieux, les questionnements, comment se comporter à tels moments, parce qu’il y a des choses qui arrivent et [ils ne] sa[vent] pas trop comment réagir […] » (Genepi).

D’autre part, l’administration pénitentiaire joue elle-même un rôle de formateur et propose des visites de prison. Des quotas de places sont réservés aux bénévoles de diverses associations lors des formations thématiques organisées par l’administration pénitentiaire. Le responsable de l’antenne ANVP de Poitiers a « fait toute une formation sur les suicides en prison, il y avait des surveillants, des infirmières et des gens de la pénitentiaire » (ANVP).

L’entrée des bénévoles dans le milieu carcéral, ouvert ou fermé est donc très médiatisée par les associations et par l’administration pénitentiaire elle-même. Les rencontres entre les bénévoles permettent de prolonger cet accompagnement dans la durée et les échanges apparaissent structurels dans les activités associatives. Elles préparent ainsi aux rencontres avec le public alter des détenus ou ex-détenus mais n’encadrent pas pour autant ces moments.

Rencontres

Les rencontres entre bénévoles et détenus ou sortants de prison sont entièrement basées sur des relations de confiance. Cette relation développée entre les deux individus se veut être un espace de liberté d’expression pour l’individu incarcéré ou l’ex-détenu. Ainsi, les bénévoles s’efforcent, « en toute transparence et authenticité, de créer progressivement une relation empathique et confiante par une écoute active et respectueuse » (ANVP, site web) dans laquelle le détenu ou ex-détenu est maître de la conversation. Le responsable de l’ANVP Poitiers affirme que « la parole est libre, totalement. Bien sûr, […] je me présente bien sûr, mais après, j’essaie de l’amener à se présenter, oui oui, je le laisse venir vers moi ! ». L’idée est « d’être là pour vraiment écouter […] et prendre le temps et relancer même éventuellement la conversation » (ANVP). Les bénévoles du Genepi posent le fait que « notre but, c’est de créer un moment où déjà les règles de la prison n’influent pas notre activité et où chacun est égal à l’autre » (Genepi). Dans cette optique aucun canevas de conversation n’est imposé au bénévole dans son dialogue avec l’autre. Le seul interdit posé par la loi et intégré à la déontologie des associations est celui de l’indifférence au passé pénal. Le Genepi explique que l’« on ne s’intéresse pas au passé, en fait le pourquoi ils sont là on s’en fiche ». En revanche, le détenu ou ex-détenu peut en parler de lui-même, il « va parler de ça s’il le souhaite et on [n’]a pas à l’empêcher d’en parler puisqu’on est là sur une base d’écoute » (Croix Rouge).

Une liberté est donnée au bénévole dans sa relation avec la personne incarcérée ou sortante, il n’est pas possible de vouloir normer la conversation. La responsable de la Croix Rouge souligne ainsi que « la parole est très libre. Après, nous, on a un cadre, pas un canevas parce que quelque part on ne peut pas cadenasser une discussion » (Croix Rouge). Le cadre de l’intervention est rappelé lors des premières rencontres (pourquoi le bénévole vient, pour combien de temps etc) afin d’établir des liens en toute transparence, ensuite chaque bénévole adopte une manière d’être qui lui est propre face au détenu ou ex-détenu. En ce sens, les bénévoles du Genepi avancent que si certains adhérents « vont tutoyer les personnes détenues et il y en a d’autres qui vont garder […] le vouvoiement » (Genepi).

L’association Lire Pour En Sortir se détache sur ce plan des autres associations car les relations entre bénévoles et détenus doivent se construire autour des livres : «les conversations doivent tourner autour du livre et non pas autour de la vie personnelle du détenu […] ou de la bénévole » (Lire Pour En Sortir).

Dans le cas de toutes les associations il y a donc une préparation dans la rencontre avec l’altérité. Il s’agit pour les différentes structures de donner des repères aux bénévoles et de rassurer. Bien que des cadres soient à minima posés concernant la communication (indifférence au passé pénal, expliquer l’objet de l’intervention), il y a une grande liberté dans la conversation. Celle-ci doit être à l’initiative du prisonnier ou sortant dans l’optique de la construction d’une relation de confiance. Le bénévole est accompagné par l’association à pénétrer dans un univers alter et notamment aux difficultés rencontrées par le public des personnes incarcérées ou sortantes (violence, toxicomanie etc). Cependant la relation interpersonnelle, la rencontre avec la personne alter, relève d’une dimension intime entre les protagonistes.

CONCLUSION

Les propos collectés dans le cadre de cette étude montrent l’importance pour les associations intervenant auprès des détenus et des sortants de prison de permettre au bénévole et à la personne incarcérée ou sortante de développer une relation basée sur la confiance et d’offrir au détenu ou ex-détenu un espace d’expression à l’intérieur duquel il puisse développer de l’autonomie et de la confiance en lui-même. Dans cette optique, les conversations qui se déploient entre bénévole et prisonnier ou sortant ne sont pas normées par les associations. Elles sont très libres et entamées à l’initiative de l’individu incarcéré.

S’il n’y a donc pas de canevas conversationnel préétabli par les associations, les bénévoles échangent néanmoins entre eux sur les difficultés qu’ils rencontrent sans que les conseils qu’ils se donnent n’aient de caractère assertif. Les seuls éléments de discours venant structurer la prise de parole du bénévole vis-à-vis du détenu ou ex-détenu tiennent à la définition des modalités de l’intervention lors de la première rencontre. Que le détenu ou ex-détenu ait une idée claire du cadre dans lequel se déroule les échanges avec les bénévoles, place d’ailleurs ceux-ci dans une posture de transparence propre à susciter des rapports de confiance. De plus l’institution législative interdit aux bénévoles de poser des questions aux détenus sur les raisons de son incarcération. Cette indifférence au passé pénal appuie la construction d’une relation de confiance plus qu’elle ne l’entrave, car elle laisse au prisonnier la liberté d’évoquer ce sujet s’il le souhaite.

Si les associations encadrent à minima les situations communicationnelles entre les bénévoles et les détenus ou sortants de prison, elles forment en revanche leurs adhérents au rôle d’écoutant pour permettre à ceux-ci d’être pleinement dans une position d’attention et d’ouverture aux propos des interlocuteurs. Il s’agit ici de favoriser la mise en place de situations communicationnelles constructives sans y introduire d’éléments de langage convenus qui freineraient le développement des relations interpersonnelles entre bénévoles et détenus ou ex-détenus. Par les sessions de formation qu’elles organisent, les associations entendent surtout donner des repères aux adhérents sur le fonctionnement pénitentiaire, ainsi que sur les problèmes auxquels sont confrontés les détenus et les sortants de prison. Il s’agit de permettre aux bénévoles d’appréhender le milieu carcéral qui constitue pour eux un univers alter, différent de la société dans laquelle ils évoluent habituellement. Comme l’a souligné la responsable de la Croix-Rouge lors de l’entretien, comprendre les codes et l’organisation carcérale permet d’évacuer les peurs que la prison peut générer. Au-delà des formations dispensées par les associations, cet apprentissage se fait avant tout par les échanges entre bénévoles, l’observation par le nouvel arrivant des pratiques des anciens et un questionnement sur les interrogations qu’elles suscitent. Chaque bénévole est ensuite libre d’adopter ses propres méthodes et comportements vis-à-vis de la personne qu’il rencontre. Les responsables du Genepi ont ainsi fait remarquer que si certains bénévoles adoptent d’entrée de jeu le tutoiement comme mode d’interaction avec les détenus, d’autres intervenants préfèrent avoir recours au vouvoiement.

Ainsi, les associations, en donnant aux bénévoles des clés de compréhension, jouent le rôle de facilitateur dans la relation interpersonnelle qui se tisse entre un bénévole et un détenu. Elles permettent à leurs adhérents d’entrer sereinement en contact avec un alter, le détenu ou ex-détenu évoluant ou ayant évolué dans un milieu dont les codes et les repères sont différents des siens.

Eléments de discussion

Les personnes incarcérées sont entrées en prison car, comme nous l’avons souligné en introduction, elles ont, au sein de la société, adopté des comportements hors des normes qui régissent celle-ci. Ce constat nous amène à penser que le bénévole, en rencontrant un détenu ou ex-détenu n’entre pas tant en relation avec un individu dont le statut de prisonnier lui confère une altérité, qu’avec une personne aux altérités multiples. Il peut s’agir de situation de chômage prolongée, de maladie mentale, de toxicomanie. Certains responsables d’associations l’ont souligné au cours des entretiens à l’image du président de l’ANVP Poitiers pour qui « certains détenus […] ont des névroses, et du handicap mental un peu » ou de la responsable Croix Rouge qui affirme que « sont surreprésentées en prison les personnes qui n’ont pas de diplôme, les personnes qui ont des problèmes de santé, les personnes qui n’avaient pas de travail, les personnes qui étaient SDF […] c'est-à-dire qu’en prison on retrouve les personnes les plus vulnérables, déjà avant même […] l’incarcération ». Le statut de prisonnier ne saurait donc masquer les facteurs d’altérité présents chez les individus. Au contraire, en plongeant ces derniers dans un univers construit sur la peur (Chauvenet) et des conditions de vie dégradées (Santorso) il ne fait qu’accentuer ces facteurs.

D’autre part, la position de l’administration pénitentiaire dans les rapports entre intervenants extérieurs et détenus pourrait être interrogée plus avant, car elle exerce un rôle de filtre permanent. Elle participe ainsi activement au choix des activités mises en place par le Genepi, propose à des associations comme la Croix Rouge des axes d’action sur lesquels travailler et recrute les visiteurs de prison. Les associations et les bénévoles pénitentiers mettent celle-ci à distance lors des rencontres avec les détenus. Les responsables du Genepi affirment ainsi qu’ils « refuse[nt] qu’il y ait des membres de l’administration pénitentiaire avec nous. […] On ne veut pas que ça influence l’activité, le comportement des personnes détenues, et le nôtre aussi » (Genepi). Par ailleurs, l’organisation même de la vie en prison et les chaînes d’intermédiaires existantes compliquent, matériellement, les relations bénévoles-prisonniers. Ainsi, la responsable de Lire pour en sortir explique que « certains détenus ne se présentent pas parce qu’il y a une mauvaise communication entre les surveillants et les personnes détenues ».

Fort de ces constats, il serait aussi intéressant d’étudier le regard que portent les détenus ou ex-détenus sur les bénévoles. En étudiant les entretiens, nous pouvons avancer qu’il y a une bonne acceptation des bénévoles de la part des personnes incarcérées ou sortantes, et même une attente forte vis-à-vis d’eux. Les responsables du Genepi expliquent que « les gens aiment bien passer nous voir et nous dire bonjour. Oui, ils font un petit coucou, comment ça va… On commence à connaître les gens qui ne sont même pas inscrits et qui passent toutes les semaines nous dire bonjour », tandis que le président de l’ANVP Poitiers avance que « les deux [détenus] que je vois actuellement, ils attendent le mardi [jour de ses visites] avec impatience ! ». Dans son article « La perception de la peine d’emprisonnement entre privation et solidarité : une analyse des conditions matérielles de vie des détenus » (2015), le chercheur italien, Simone Santorso, va plus loin et affirme que les prisonniers ont une relation instrumentale vis-à-vis des bénévoles, ces derniers étant vu par les détenus comme une « ressource fondamentale » (Santorso, 2015) pour parvenir à améliorer leurs conditions de vie en apportant de l’extérieur des DVD ou un paquets de tabac par exemple. En reprenant l’approche de Michel de Certeau développée dans L’invention du quotidien (1988), cette instrumentalisation de la relation avec le bénévole peut aussi être considérée comme une forme de résistance tactique au pouvoir de l’administration pénitentiaire, déployé à travers les règles régissant la vie carcérale et par les représentants de cet ordre, à l’image des surveillants. 

BIBLIOGRAPHIE

CASTEL, Hélène. (2010) « Quelle prison pour quelle réinsertion ? Réflexion à partir de quelques mois de détention en France et au Mexique ». Pouvoir, numéro 135, p. 53-67.

CHAUVENET, Antoinette. BENGUIGUI, Georges. ORLIC, Françoise. (1994) « Le monde des surveillants de prison ». Presses Universitaires de France, 232 p.

CHAUVENET, Antoinette. (2010) « Les prisonniers : construction et déconstruction d’une notion ». Pouvoirs, numéro 135, p. 45 à 52.

COMBESSIE, Philippe. (1994) « L’ouverture des prisons et l’écosystème social environnant ». Droit et Société, numéro 28, p. 629 à 636.

COMBESSIE, Philippe. (2000) « Ouverture de la prison : jusqu’à quel point ? ». In VEIL, Claude. LHUILIER, Dominique (sous la dir.). La prison en changement. Erès : p. 69 à 99.

DE CERTEAU, Michel. (1988) « L’invention du quotidien : Arts de faire ». Gallimard, 416p.

JODELET, Denise. (2005) « Formes et figures de l’altérité ». In SANCHEZ-MAZAS, Margarita. LICATA Laurent (sous la dir.). L’autre. Regards psychosociaux. Presses de l’Université de Grenoble : p. 23 à 47.

SANTORSO, Simone. (2015) « La perception de la peine d’emprisonnement entre privation et solidarité : une analyse des conditions matérielles de vie des détenus ». Déviance et société, vol. 39, p. 171 à 188. 


[1] http://www.croix-rouge.fr/Nos-actions/Action-sociale/Personnes-sous-main-de-justice

[2] Idem

[3] http://www.anvp.org/

[4] http://www.lirepourensortir.org/

[5] http://mrsasso.fr/

[6] http://www.genepi.fr/

[7] http://www.genepi.fr/p-65-historique.php


Auteurs

Bithia-Anne DESROSIERS
IAE de Poitiers

Sophie HERVE
IAE de Poitiers

Sous la direction de :

Christian MARCON
Maître de conférences, habilité à diriger des recherches en sciences de l’information et la communication
Laboratoire CEREGE, EA 1722
Université de Poitiers


Citer cet article

Desrosiers, B-A., Hervé, S. (2016). Étude de la situation de communication entre prisonniers et bénévoles d'associations pour la réinsertion sociale. Actes de la 8ème édition du COSSI "L’information, la communication et les organisations, au défi de l’altérité", 15-17 juin 2016 - LERASS-Céric, Université Paul-Valéry, Montpellier, France.

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