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Les leviers de la durabilité d’un projet de développement

Edmond Passe

Résumé : Dans ce travail, nous réfléchissons sur la durabilité d’un projet de développement (cas du PANSL[1]) en essayant de comprendre quels sont les leviers qui sous-tendent cette durabilité ? L’objectif principal est de cerner ces leviers en se basant sur l’intégration des intérêts des bénéficiaires. Nous menons une étude qualitative par entretiens et quantitative par questionnaire pour approcher le phénomène. Les résultats permettent de mettre en lumière deux questions essentielles autour de l’implication et les jeux d’intérêts des bénéficiaires. Les conclusions révèlent que les gestionnaires du projet gagneraient à favoriser une meilleure intégration des intérêts des bénéficiaires pour assurer une viabilité du projet de développement.


Mots-clés :
projet de développement, populations bénéficiaires, intérêts, implication, durabilité.

 

INTRODUCTION

Un projet de développement consiste généralement à rechercher une amélioration des conditions de vie d’une population. Ces conditions visées peuvent être d’ordre sanitaire, environnemental, économique, politique…Pour y arriver, plusieurs parties prenantes sont concernées. L’un des aspects importants du projet est d’évaluer les possibilités et les contraintes liées à la poursuite des activités impulsées par les bailleurs de  fond.  La question de la durabilité est donc fondamentale. La durabilité en  effet est la poursuite des activités de développement communautaire par les membres de la communauté une fois cessé l'appui extérieur. L'objectif de durabilité a de meilleures chances d'être réalisé si le projet suit une approche participative, puisque les bénéficiaires développent les aptitudes, les compétences et la confiance en eux dont ils ont besoin pour continuer dans le chemin du développement après le départ des intervenants extérieurs.

Ce travail se propose de réfléchir sur les leviers de la durabilité de la participation au sein d’un projet de développement en essayant de comprendre ce qui pourrait favoriser la durabilité.

Notre travail comprend deux parties : la première est consacrée au cadre général de l’étude. Nous y développons deux sections notamment la durabilité comme enjeu du projet de développement pertinence  et la démarche méthodologique. La deuxième partie consiste à présenter et à discuter les résultats en mettant l’accent sur les parties prenantes et les relations qui existent entre elles.

PREMIÈRE PARTIE : CADRE GÉNÉRAL
1. Durabilité : enjeu principal d’un projet de développement

Cette section recouvre trois points notamment l’explication de la durabilité comme enjeu principal du projet de développement, le problème de recherche ; enfin le cadre théorique et d’analyse.

1.1 Question de durabilité

Au cours des cinquante dernières années, l’amélioration des conditions de vie des populations a été un des principaux axes de travail de nombreux programmes de développement. Des investissements considérables ont été consentis tant au niveau humain que financier. Toutefois, force est de constater que les résultats n’ont pas toujours été à la hauteur des attentes. La réponse aux besoins fondamentaux des communautés a parfois été insatisfaisante, partielle, ou ponctuelle. Les projets ont souvent coûté et duré plus que prévu et leurs effets, négatifs dans certains cas, n’ont pas toujours été anticipés. Ce constat s’explique en partie par la faible participation des bénéficiaires, l’inadéquation des activités mises en œuvre au regard du contexte socioéconomique, culturel, politique, environnemental…

Chaque projet, tel qu’il est défini à partir de l’organisation qui finance, est évidemment limité dans le temps. La direction du projet peut cependant se préoccuper aussi de la période après le projet. En effet, il est important que les avantages du projet puissent continuer une fois que le projet aura été arrêté. Ce moment coïncide principalement avec le retrait du financement extérieur. Pour cela, il est nécessaire d’analyser depuis le démarrage du projet, comment sa durabilité et ses avantages pourront être garantis. Des résultats additionnels basés sur ces analyses ou d’autres activités pourront être inclus dans le projet pour augmenter les chances de la durabilité de ses avantages. Cette durabilité dépend en effet principalement de l’appropriation par les populations cibles du projet mis en place pour elles. Cette appropriation apparaît comme l’aboutissement d’une participation effective desdites populations. A côté des populations, il y a également les personnes chargées de la mise en œuvre du projet. La conjugaison de ces deux groupes nous donne ce qu’on appelle les parties prenantes ou encore les acteurs du projet. Il est indéniable que les degrés de participation diffèrent entre les acteurs selon que l’on soit considéré comme bénéficiaire ou comme personne ressource pour la mise en œuvre. Ce qui importe en réalité c’est la participation quel que soit le niveau où l’on se trouve.

De ce qui précède, nous pouvons nous demander comment assurer de façon effective et efficace la durabilité du projet en se basant sur la participation de tous les acteurs dans l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet de développement.

1.2 Problème de recherche

Le déficit de durabilité dans les projets de développement est une situation préoccupante. Parmi les facteurs qui peuvent expliquer cet état de fait, le regard porté sur l’implication des populations bénéficiaires semble crucial car d’elle dépend la durabilité du projet. La question qui se pose est donc de savoir qu’est ce qui pourrait favoriser la durabilité d’un projet de développement. Notre travail s’inscrit dans cette logique et cherche à savoir : d’une part, quels sont les leviers de la durabilité d’un projet de développement ; d’autre part comment articuler ces leviers ?

1.3 Cadre théorique et d’analyse

Des travaux relatifs à la théorie des parties prenantes peuvent nous aiguiller sur cette piste de réflexion. Citons notamment Mitchell, Ronald K. ; Agle, Bradley R.;Wood, Donna J (1997),   « Towards a theory of stakeholder identification and salience : defining the principle of who and what really counts »,  et Dunham, Laura ; Ereeman, Edward R. ; Liedtka, Jeanne (2006), « Enhancing stakeholder practice : a particularized exploration of community».  Le premier met l’accent sur quatre communautés de pratique pour identifier les parties prenantes et  le second a trait aux attributs des parties prenantes.

De quoi parlent ces deux articles ?

Le premier porte sur l’identification des parties prenantes et repose sur la notion de communauté. De l’analyse des possibilités de communautés existantes, cet article propose quatre variables de communauté notamment : la communauté de place, la communauté d’intérêt, le groupe de pression virtuel, la communauté de pratique. L’identification de ces communautés ouvre d’autres perspectives en termes de management des parties prenantes et plus spécifiquement du poids des parties prenantes dans le cadre de notre travail.

Le second s’attèle à définir trois attributs des parties prenantes en l’occurrence : le pouvoir, la légitimité et l’urgence. La combinaison de ces trois attributs contribue à élaborer une typologie de parties prenantes  et à démontrer leur prépondérance qui plus est, constitue un élément fondamental pour la bonne marche de toute organisation.

L’articulation des deux articles laisse apparaitre des questions essentielles sur le poids des populations bénéficiaires dans la perspective de la durabilité d’un projet de développement.

2. Terrain d’étude et outils de collecte de données

Cette section s’articule autour de quatre sous-sections en l’occurrence la présentation du terrain de l’étude (1),  et les outils et techniques de collecte des données (2), les justificatifs des outils de collecte de données (3), enfin les justificatifs du choix des interlocuteurs (4).

L’étude se déroule à Saint Louis au Nord du Sénégal et s’intéresse au cas du PANSL. Pour conduire ce travail, nous avons eu recours dans un premier temps à un guide d’entretien pour recueillir des données qualitatives avec certains acteurs du projet que nous avons rencontrés. Cette étude qualitative s’est renforcée par une étude quantitative visant cinquante ménages par le biais d’un questionnaire.

2.1 Terrain d’étude

Notre étude, portée sur la participation dans un projet de développement, s’est déroulée dans la ville de Saint Louis. Le projet concerné est : le Projet d’Appui au Nettoiement de la ville de Saint Louis (PANSL). Le projet a été mis en place en 2004.

Le Contexte

Dans sa configuration, la ville de Saint louis comprend des bandes de terre séparées par les bras du fleuve Sénégal et par conséquent connaît les difficultés d’aménagement d’une ville amphibie. La partie de la ville située sur le continent s’étend sur des zones inondables. La prolifération d’habitations irrégulières anarchiques dans ces zones constitue une forte demande pour les ordures ménagères qui servent de matériaux de remblais. Les déchets produits, (100 000 m3 /an) en moyenne, ne sortent pas de la ville, la salubrité de la ville ne cesse de se dégrader.

La situation actuelle

La situation actuelle se présente en quatre points principaux qui sont : collecte de déchets ménagers insuffisante ; prolifération des dépôts sauvages ; inexistence de décharge contrôlée ; les berges et les abords des habitations servent de dépotoirs.

L’intervention de la Belgique

Elle se fait dans trois volets : La mise en place d’infrastructures ; la mise à disposition de moyens logistiques importants et la sensibilisation des populations et l’appropriation à terme du projet : population, GIE CETOM[2], Services Techniques Municipaux, Opérateurs…

Stratégie d’intervention du PANSL

Elle porte essentiellement sur la durabilité du projet (avec axe principal le développement des GIE CETOM). Elle vise des objectifs autour des conditions sanitaires et environnementales des habitants de Saint Louis. Ces objectifs s’articulent autour de trois centres d’intérêts notamment : la perception, l’adhésion et l’appropriation du projet par les populations bénéficiaires.

2.2 Outils et techniques de collecte de données

Pour avoir une lisibilité plus importante sur le thème (la participation communautaire), nous avons procédé dans un premier temps à la recherche d’informations relevées dans la littérature sur la participation. Cette recherche avait pour vocation de nous permettre d’orienter à bon escient notre outil de collecte de données. Les informations recueillies nous ont en effet permis de comprendre dans un premier temps que plusieurs méthodes participatives ont été conçues pour pallier aux problèmes de participation des populations dans les projets de développement. Ensuite, nous avons également compris que ces techniques présentaient des limites relativement à leurs mises en œuvre. C’est ce qui a justifié le choix des centres d’intérêt du projet pour orienter nos observations.

Au niveau du PANSL, nos travaux se sont déroulés en deux principales phases. Il s’est agi dans un premier temps de la prise de contact avec les Responsables du projet pour être suffisamment imprégné des orientations majeures. Cela nous a permis de décliner les principaux objectifs, d’identifier les acteurs et surtout de cerner les bénéficiaires qui seront le gage de la continuation des avantages et acquis du projet. La seconde phase a été gouvernée par la collecte des données auprès des populations de Guet Ndar (un quartier de Saint Louis). Pour les objectifs de notre étude, nous avons réparti cette population en trois principaux groupes : le Conseil de Quartier, le GIE CETOM, et un échantillon de ménages : au total 50 ménages ont été interrogés. L’enquête de terrain a été faite à partir d’un guide d’entretien pour les deux premiers groupes et d’un questionnaire pour le dernier.

Les logiciels, EXCEL et SPHINX nous ont permis de faire les analyses et interprétations des données recueillies avec le questionnaire et le guide d’entretien.

2.3 Justificatifs des outils de collecte de données

Construction du guide d’entretien

Le guide d’entretien reprend les trois centres d’intérêt du PANSL en l’occurrence : la perception, l’adhésion et l’appropriation du projet par les populations bénéficiaires. L’observation de ces centres d’intérêt permet de porter un regard sur les fondements de la participation des populations bénéficiaires. En effet, l’étude  a conduit à privilégier des entretiens approfondis pour mettre en évidence ce qui pourrait guider les actions participatives de ces acteurs.

Les entretiens s’articulaient autour de questions reposant sur la perception du PANSL par les acteurs identifiés, des conditions de leur adhésion massive et par voie de conséquence de l’appropriation du projet à terme. Ce qui apparaît en clair comme la participation effective des acteurs. Cette trilogie est en effet pertinente pour analyser les déterminants de la participation du projet et d’identifier de façon concrète les préoccupations des populations cibles.

Construction du questionnaire

Les trois centres d’intérêt évoqués plus haut constituent différentes étapes dans le processus de participation des populations bénéficiaires au sein du PANSL. Une bonne perception favorise une adhésion massive ; laquelle adhésion garantit l’appropriation à terme du projet. Le plus important, pour les ménages c’est la perception du projet. Une fois cette perception acquise, le travail du GIE CETOM sera de pousser à l’adhésion et à l’appropriation. En d’autres termes, en l’état actuel, les deux dernières étapes ne sont pas utiles pour déterminer la participation des ménages. C’est pourquoi, notre questionnaire s’attèle à comprendre uniquement la perception des ménages. Le travail quantitatif  mené permet d’avoir une première idée de la perception des ménages. Ensuite, il s’agira d’affiner et de nuancer cette perception pour ensuite favoriser une meilleure adhésion et appropriation ultérieure.  Ainsi le questionnaire permet de déceler les difficultés existantes liées à l’atteinte des objectifs du projet.

2.4 Justificatifs du choix des interlocuteurs

Dans le cadre du PANSL, les bénéficiaires sont les populations de Saint Louis. Dans leurs rapports avec la commune, celles-ci ont une organisation bien hiérarchisée. Il s’agit en l’occurrence de la gouvernance locale autour du Conseil de Quartier (CQ) et de ses démembrements. Parmi ces démembrements, la commission environnement a sous sa tutelle le GIE CETOM. Le CQ constitue donc l’acteur stratégique sur lequel le projet s’appuie pour atteindre ses objectifs de durabilité. Il devient donc incontournable pour la bonne marche du projet. Le GIE CETOM, est l’acteur opérationnel. C’est lui qui de façon pragmatique va mettre en œuvre tout ce qui aura été établi pour mener à bien les objectifs du projet. En tant que tels, ces deux acteurs constituent la colonne vertébrale des bénéficiaires du projet. Toutefois leurs actions ont pour cible les ménages sans qui et malgré toute la bonne volonté des deux acteurs précédents, le projet ne saurait être efficace. Par conséquent, interroger les trois acteurs dans le cadre du PANSL s’avère être pertinent.

Nous avons choisi d’interroger les responsables du CQ et du GIE CETOM parce qu’ils ont été désignés comme porte-parole de leurs structures respectives. Ils parlaient ainsi au nom de tout le groupe dont ils étaient les représentants.

DEUXIÈME PARTIE : RÉSULTATS ET DISCUSSIONS
1. Résultats

L’étude s’est réalisée à partir d’une part, d’un guide d’entretien adressé au Conseil de Quartier et au GIE CETOM, et d’autre part d’un questionnaire pour cinquante ménages. Sur la base des informations recueillies auprès de ces interlocuteurs, cette section s’articule autour de trois sous- sections : la présentation des données fournies par le Conseil de Quartier (1), la présentation des données fournies par le GIE CETOM (2), la présentation des données fournies par les ménages (3).

La présentation des données de l’enquête commence par les données des entretiens et s’achève par une synthèse des données du questionnaire. Pour ce qui est des entretiens, la présentation suit la logique (chronologique) des thèmes du guide d’entretien.

1.1 Présentation des données fournies par le Conseil de Quartier

Les données fournies par le Conseil de Quartier concernent essentiellement leur relation avec la structure d’appui (le PANSL) d’une part et avec la population de l’autre.

En ce qui concerne les informations contenues dans le guide d’entretien, il faut remarquer que la première partie a permis d’obtenir des données relatives à la perception qu’a le Conseil de quartier du PANSL, en l’occurrence la définition du sigle, la situation géographique, ses objectifs, ses compétences, ses rapports avec la commune de Saint Louis.

L’enquête a tout d’abord permis de voir que le Conseil de Quartier sait très bien ce que signifie le PANSL et maîtrise même son contexte d’émergence : « ce projet est arrivé pour renforcer les acquis d’un autre projet qui existait déjà sur la salubrité » nous rappelait le Président du conseil de Quartier. Il en est de même pour sa situation géographique d’autant plus que le conseil de Quartier a eu à participer à plusieurs réunions de concertation avec le PANSL dans ses locaux dans le cadre de la mise en œuvre de certaines activités.

Concernant les objectifs du PANSL, le Conseil de Quartier reconnaît ne pas les maîtriser de façon explicite. Toutefois il a un soupçon de ces objectifs : « au niveau du conseil de quartier, nous ne sommes pas toujours associés à toutes les activités du PANSL ; c’est plutôt le GIE CETOM qu’il rencontre beaucoup ».

Pour ce qui est des compétences du PANSL et de ses rapports avec la commune de Saint Louis, le Conseil de Quartier par son Président pense que c’est une prérogative des structures d’appui : « nous ne nous intéressons pas particulièrement à ces aspects, nous regardons plus du côté des moyens disponibles et des actions concrètes entreprises pour nous».

A ce premier centre d’intérêt de notre guide d’entretien relatif à la perception, s’est ajouté un deuxième qui portait sur l’adhésion des populations. Pour ce faire nous avons cherché à savoir quel effet le constat de l’insalubrité faisait sur les responsables de quartier par la question suivante : « qu’est-ce que cela vous fait de voir des ordures partout ou de voir votre environnement pas toujours propre ? »

Le Président, de façon très émotionnelle, nous a fait savoir la souffrance endurée par rapport à cette situation en ces termes : « nous en souffrons et faisons ce que nous pouvons pour ne pas que les enfants tombent malades par exemple ».

Nous avons ensuite voulu savoir quels étaient les moyens de dissuasion existants pour parer éventuellement à des situations pareilles. A la question, « Selon vous quels moyens peut-on mettre en place pour éviter la salissure, et qui peut mettre en place ces moyens ? Le Président nous a donné cet élément de réponse : « nous pensons que nous devons mieux nous organiser pour conscientiser les gens, mais avec le concours des structures comme le PANSL, la commune… ».

De ce qui précède, nous constatons que le Conseil de Quartier est disposé à adhérer aux idéaux du PANSL notamment la propreté de leur environnement. C’est pourquoi, nous avons essayé de défricher les perspectives d’appropriation des acquis du projet tout au moins au niveau du Conseil de Quartier. Ce qui est plus important dans ce troisième centre d’intérêt que nous avons développé, c’est le rapport du Conseil de Quartier avec la population. En effet, cette appropriation se veut être une affaire de tous et par tous.

Pour cerner cette question, nous avons orienté ce centre d’intérêt sur la situation actuelle du quartier en termes de nettoiement, les relations d’autorité entre le Conseil de Quartier et la population, et les perspectives à venir. Nous avons donc demandé quelles sont les difficultés rencontrées actuellement, les moyens disponibles actuellement, comment influencer la population pour l’amener à être davantage propre ? Quelles sont également les propositions du Conseil de Quartier ?

Les réponses à ces préoccupations oscillaient entre les conflits d’autorité, l’irrégularité du nettoyage et l’irresponsabilité d’une importante partie de la population. Selon le Président, c’est vraiment malheureux d’en être à ce stade, mais ce n’est pas une fatalité car l’espoir est là et tout prête à croire que les choses pourraient aller mieux. Cet optimisme se révèle dans ces propos : « nous sommes sûrs que si les structures comme le PANSL sont régulières dans le quartier à travers des manifestations de sensibilisations, tout ça peut changer».

1.2 Présentation des données fournies par le GIE CETOM

Le guide d’entretien a été administré au Président du GIE CETOM qui parlait au nom de tout son groupe. Tout comme pour le Conseil de Quartier, nous y avons développé les mêmes centres d’intérêt, c'est-à-dire la perception du PANSL par le GIE CETOM, l’adhésion aux objectifs du PANSL et l’appropriation à terme du projet pour en assurer sa pérennité.  

Le PANSL repose essentiellement son espoir de durabilité sur les GIE CETOM (quinze au total à Saint Louis) qui s’occupent effectivement de la collecte des ordures. Comme son nom l’indique, ces GIE sont des structures qui s’occupent de la collecte (pré-collecte), de l’évacuation, du traitement des ordures ménagères. A ce titre, la perception, l’adhésion et surtout l’appropriation des acquis (adhésion populaire, contribution financière…) du projet deviennent l’affaire de ces GIE pour assumer convenablement la continuité des activités.

Les questions pour vérifier la perception du GIE CETOM de Guet Ndar, tournaient autour de la compréhension des tâches qui leur étaient assignées et surtout de leurs rapports avec le PANSL.

En effet, le GIE CETOM a pleine connaissance des tâches qui lui sont dévolues relativement à sa fonction de collecte : « les responsables du projet nous ont expliqué depuis le début ce que nous avons à faire et ils ont insisté sur notre organisation interne pour réussir cette mission ». De tels propos mettent en évidence, la prise de conscience de l’enjeu par le GIE CETOM. Nous avons voulu savoir s’il maîtrisait les objectifs du PANSL. Nous avons pu nous rendre compte qu’il savait effectivement ce que le projet attendait de leur groupe.

La véritable question portait sur l’appui à l’organisation ; c’est pourquoi nous avons voulu savoir par la question «  quels sont vos rapports avec le PANSL ? » quel était l’appui effectif au GIE CETOM ? Le président nous a confirmé en ces termes : « le projet  nous aide à nous organiser par des réunions, et nous fournit également le matériel.». Les rencontres entre le PANSL et les GIE CETOM sont périodiques ; le PANSL consacre du temps pour mettre en place des mécanismes d’amélioration des capacités d’intervention. Celles-ci reposent sur la disponibilité du matériel et sur les compétences des membres du GIE CETOM. Ces compétences, comme nous l’a signalé le Président, doivent être orientées sur la formation des personnes chargées des collectes au niveau du GIE CETOM.

Après cela nous avons voulu évaluer les conditions d’adhésion du GIE CETOM en nous intéressant à leurs attentes par rapport au PANSL. A la question, comment appréciez-vous le travail du PANSL et quelles sont vos attentes, le Président nous a fait savoir que : « nous reconnaissons qu’ils font leur travail mais c’est toujours difficile pour nous ; il faut qu’il nous aide encore plus parce que les moyens sont insuffisants ».

De cette assertion, nous pouvons retenir que la volonté d’adhésion existe, mais qu’il reste du point de vue du GIE CETOM des éléments d’amélioration à apporter par le PANSL pour faciliter davantage cette adhésion.

Dans le prolongement de cette question, en vue de mesurer cette fois-ci la volonté d’appropriation des acquis du projet à son terme, nous avons posé la question suivante : pensez-vous qu’avec la fin du projet vous pourrez assurer vous-mêmes la continuité des activités ? Et du Président de nous répondre comme suit : « Nous ne sommes pas encore prêts, et c’est trop difficile actuellement ; les familles ne paient pas leurs contributions et le PANSL doit nous accompagner encore dans la sensibilisation ». A l’instar de l’adhésion, nous voyons bien que l’appropriation effective future rencontre encore des difficultés au regard des propos du Président du GIE CETOM.

Nous avons relancé, avec le GIE CETOM, certaines questions posées au Conseil de Quartier et le constat est que les réponses sont similaires. Ces questions s’articulaient autour de la conduite à tenir pour amener la population à une réelle participation et les réponses allaient dans le sens d’un appui continué du PANSL. En nous adressant aux ménages, nous avions pour objectif de voir comment vivait la population au quotidien relativement aux objectifs principaux du PANSL, notamment l’amélioration des conditions sanitaires et environnementales des habitants de Saint Louis, et l’évacuation des déchets.  Pour le PANSL, ces objectifs devraient bien entendu être atteints grâce à une participation de la population. La participation est la clé de voûte du travail du PANSL, toutefois il n’en demeure pas moins que les conditions sanitaires et environnementales sont des conditions préalables à cette participation.

1.3 Présentation des données du questionnaire  (fournies par les ménages)

Dans notre questionnaire nous avons développé cinq thèmes pour avoir une appréciation quantitative de la population à travers les ménages qui constituent la cible première des GIE CETOM. Ces thèmes portaient respectivement sur les lieux d’habitation (1), les ordures ménagères (2), les eaux usées (3), les eaux de pluie (4) et le PANSL (5). Ces thèmes nous permettent en effet de voir dans quelles conditions évolue la population, avant de chercher à comprendre son degré de participation, lequel degré renvoie aux déterminants de participation de la population. De façon plus pratique, le premier thème (avec deux questions) relatif aux lieux d’aisance nous renseigne sur les pré requis à la perception du PANSL, ensuite les trois thèmes suivants : les ordures ménagères (deux questions), les eaux usées (deux questions), les eaux de pluie (une question) nous édifient sur les conditions qui pourraient favoriser une adhésion aux objectifs du PANSL, et le dernier thème portant sur le PANSL lui-même (deux questions) aide à mesurer l’éventualité d’une appropriation réelle par la population. Nous présentons les données sous forme de tableaux, de figures et de commentaires. Au total, les données complètes sont fournies dans neuf tableaux et neuf figures.

La présentation des résultats permet de découvrir comment le projet était perçu et vécu par les populations bénéficiaires. L’accent a été respectivement mis sur le Conseil de Quartier, le GIE CETOM et cinquante ménages. Pour le premier concerné, vu sa perception, son adhésion et surtout son envie d’appropriation du projet, il s’agit globalement d’un acteur clé du Projet. Quelques ajustements en termes d’accompagnement restent toutefois utiles pour mener à bien sa mission. Concernant le GIE CETOM, la perception reste peu claire et compromet l’adhésion et certainement l’appropriation. Les ménages à leur niveau sont encore très peu au fait du projet et situent des priorités qui ne sont pas celles du projet. Mais que révèlent toutes ces informations et comment le PANSL devrait il l’intégrer dans sa politique de participation ?

2. Discussion

Il convient à ce niveau de la recherche de signaler que l’interprétation des résultats de l’observation se fera à travers un certain nombre de points essentiels qui nous permettront d’expliquer clairement les différentes logiques existant dans la participation des bénéficiaires au fonctionnement d’un projet de développement. Ces points essentiels sont des repères choisis à partir de la perception desdits bénéficiaires de l’objet du projet, de leur adhésion et puis de leur appropriation effective. Cette dernière met en exergue d’abord l’existence d’un ensemble d’intérêts économiques, sociaux, politiques… ensuite une participation individuelle et/ou communautaire, enfin la conjonction de ces deux variables débouchent sur une logique de durabilité du projet de développement.

Ainsi, la discussion suivant la logique énoncée plus haut s’articule autour de quatre sections : la conjugaison des objectifs du PANSL et de leur applicabilité au sein des bénéficiaires (1), l’implication de ces bénéficiaires à l’atteinte de ces objectifs (2), la manifestation des intérêts des bénéficiaires (3), et enfin l’analyse de la participation comme jeu d’intérêt (4).

2.1 De l’implication des bénéficiaires

L’avènement des GIE CETOM à Saint Louis pour la collecte, l’évacuation et le traitement des ordures ménagères, depuis 1994, fait suite à une situation critique au plan du nettoiement à Saint Louis. En effet malgré plusieurs systèmes sporadiques mis en place par les populations, malgré les degrés de synergie des acteurs, malgré les efforts consentis, le problème demeurait le même c'est-à-dire que le nettoiement ne faisait pas bonne presse.

Pour assurer un nettoiement effectif, il fallait une conscientisation sous-tendue par des infrastructures. Pour ce faire une implication de la population s’imposait : une sorte de gouvernance locale participative par une organisation des populations.

L’histoire du nettoiement à Saint Louis a connu trois principales phases (l’approche de la centralisation, l’approche de la privatisation et l’approche communautaire).

Premièrement, la commune avait le monopole avant 1990 et s’occupait de la collecte, de l’évacuation, des traitements avec des moyens comme des bacs, des camions, des brouettes…A un certain moment, il y avait une insuffisance au niveau des moyens financiers et matériels mais aussi un manque d’infrastructures et de participation aussi bien physique que financière des populations. C’était donc la crise et il fallait trouver une solution.

Cette situation a donc conduit à la deuxième phase qui consistait en une libéralisation de la gestion de la collecte des ordures. Des structures privées se sont donc lancées dans cette entreprise. Mais encore une fois ce fut un échec et le problème du nettoiement ne se résolvait toujours pas.

On aboutit enfin à la troisième phase. Sous l’impulsion du partenariat Lille Saint Louis, les acteurs du nettoiement ont suggéré un développement participatif du nettoiement à Saint Louis. Ainsi la commune a créé par arrêté une organisation reposant sur les CQ (Conseil de Quartier), les OCB (Organisation Communale de Base), les commissions environnement …qui devraient se charger de cette gouvernance locale.  En d’autres termes, on se réfère aux CQ pour une organisation d’équipe mis en place par la commune et les populations. Celles- ci doivent prendre en charge le problème.

Un nouveau système à deux objectifs fut donc mis en place. Dans un premier temps,  c’était une solution endogène qui tendait à réduire la pauvreté et à favoriser la participation à la gestion des quartiers. Ensuite cette organisation constituait un relais de la commune au niveau des quartiers par rapport au nettoiement.

Ce relais en effet était un regroupement de jeunes sous forme de GIE ayant pour activité principale la collecte des ordures et imposant par la même occasion, en guise de participation des autres membres de la population, une redevance. De ce fait, la population se sent valorisée et impliquée dans le processus de nettoiement de son environnement. Sa mission était basée sur une activité à trois volets : la collecte au niveau des ménages dans les zones sans voieries, non desservies par la commune, puis l’évacuation et enfin le traitement des ordures ménagères, d’où l’appellation CETOM (Collecte, Evacuation et Traitement des Ordures Ménagères).

Il fallait dorénavant que la participation soit populaire car la gestion des déchets solides a pour élément principal la population. C’est dans ce contexte que le PANSL a vu le jour comme le souligne si bien Mbaye Sar Diakhaté dans son article : Saint Louis / Nettoiement de la ville : « l’Autriche et la Belgique accompagnent la municipalité » [3]. Le PANSL a pour vocation majeure, le renforcement et l’appui aux GIE CETOM, leur responsabilisation, car ils constituent un modèle pour assurer la pérennisation. Toutefois l’adhésion doit servir de base à la participation ; et l’adhésion quant à elle est manifestée toujours par un intérêt.

2.2 Gestion des intérêts

De la manifestation des intérêts des bénéficiaires

Tous les bénéficiaires ont en effet des intérêts communs. Ces intérêts sont généralement portés sur la communauté. Tout le monde en réalité y gagne, lorsque ces intérêts (de la communauté) sont sauvegardés. Très souvent, il s’agit d’intérêts sociaux. Relativement à l’environnement, la propreté qui engendre la bonne santé est l’affaire de tous.  Lorsque des personnes résident dans un endroit qui présente bien, c’est avec fierté qu’elles se réclament de cet endroit. Ainsi, le nettoiement pourrait rencontrer l’adhésion de la population si l’on devait s’en tenir qu’à ce qui vient d’être dit.

Toutefois les intérêts ne sont pas que communautaires, ils peuvent être également individuels. C’est à ce niveau que sa gestion devient complexe. En effet, les intérêts individuels ou personnels peuvent être économiques, politiques, sociaux. De ce point de vue, ce n’est pas encore compliqué ; les complications apparaissent lorsque les intérêts bifurquent ou sont mêmes contradictoires ou encore incompatibles d’un individu à un autre. Dans un tel schéma, la participation prendra un coup, passivement ou activement, volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment…

C’est à ce moment qu’intervient l’ingéniosité du manager des projets qui doit pouvoir conjuguer toutes ces difficultés pour faire ressortir des solutions optimales allant dans le sens d’une participation et par voie de conséquence d’une durabilité des acquis du projet.

Participation comme jeu d’intérêts

Le pouvoir dans l’organisation est un domaine abondamment étudié. Parmi les définitions les plus courantes, on trouve celle de Dahl : « A a le pouvoir sur B dans la mesure où A peut faire faire à B quelque chose que B, autrement ne ferait pas » (Dahl 1957), et celle de Mintzberg : «  capacité à produire ou à modifier les effets organisationnels » (Mintzberg, 1986). Concernant les sources de pouvoir au sein de l’organisation, Mintzberg en signale tout d’abord trois : a) le contrôle d’une ressource, b) le contrôle d’un savoir-faire technique, c) le contrôle d’un ensemble de connaissances, pourvu que ce savoir-faire et de connaissance porte sur quelque chose de crucial pour l’organisation. Il y ajoute deux autres sources de pouvoir : d) bien évidemment les prérogatives légales qui donnent le droit de prendre des décisions, de procéder à des sanctions ou d’octroyer des récompenses ; et c.) le fait d’être proche des gens qui ont du pouvoir.

Les idées de Mintzberg sont en partie inspirées par Crozier et Friedberg, qui affirment que dans une organisation on peut distinguer quatre sources de pouvoir correspondant aux différentes sources d’incertitudes particulièrement pertinentes pour une organisation (Crozier et Friedberg, 1977).

  • Celles découlant de la maîtrise d’une compétence particulière (une « expertise ») et de la spécialisation fonctionnelle
  • Celles qui sont liées aux relations entre une organisation et ses environnements 
  • Celles qui naissent de la maîtrise de la communication et des informations
  • Celles qui découlent de la maîtrise de règles organisationnelles générales.

Selon Crozier et Friedberg, le pouvoir a un caractère relationnel. En effet, agir sur autrui, c’est entrer en relation avec lui. Le pouvoir est donc une relation et non pas un attribut des acteurs. Il s’en suit que tout acteur a une marge de liberté, aussi minime soit-elle, pour agir en vue d’accroître son pouvoir. Le pouvoir réside donc dans la marge de liberté dont dispose chacun des partenaires engagés dans une relation de pouvoir. Cette marge de liberté est fonction de la zone d’incertitude qu’un acteur (individuel ou collectif) peut contrôler face à ses partenaires. Mais il faut que cette zone d’incertitude soit pertinente par rapport au problème à traiter et aux intérêts des parties en présence.

C’est à ce niveau que nous pouvons faire ressortir la notion d’intérêt dans le cadre de la participation à un projet de développement. Qui gagne quoi ? Qui perd quoi ? , dans la mise en œuvre du projet en général et / ou des différentes phases.

L’analyse de la situation des bénéficiaires du PANSL dans leur jeu d’intérêt peut se présenter comme suit : une première dimension de la participation qui est la participation individuelle renvoie ici aux ménages et a pour indicateurs la contribution financière et la mobilisation de ces ménages. Ceux –ci  ont objectivement un intérêt social portant sur la propreté et la santé de leurs proches par exemple. Or comme nous avons pu le voir, ils ne sont pas encore tout à fait satisfaits du PANSL. Ce qui peut entraîner une réticence à la participation à ce projet même si à priori ils y gagnent quelque chose.

Au niveau de la deuxième dimension de la participation en l’occurrence la participation communautaire, nous pouvons parler du Conseil de Quartier. Celui –ci  s’engage pour  une participation communautaire dans une responsabilisation collective ou dans une organisation de gestion communautaire. Il est clair dans cette optique que le Conseil de Quartier a un intérêt politique à une harmonie dans le quartier et une expression de son autorité renforçant du coup son pouvoir. Cependant, à l’analyse de leur rapport avec le PANSL, cette « autorité » a moins de connexions avec le PANSL, comparativement au GIE CETOM. Une participation à fond du Conseil de Quartier au projet signifierait une perte inexorable d’autorité au profit du GIE CETOM qui bénéficie directement des bonnes grâces du PANSL.

Pour le GIE CETOM, la participation communautaire dans la gestion des ordures a un intérêt économique lié indéniablement à une opportunité de travail dans le quartier donc à une source de revenu fiable. En termes de gestion financière des opérations, il pourrait faire face à un conflit de compétence avec sa tutelle. Dans ce cas aussi sa participation à la réussite du projet dépendrait de rapport en bons termes avec le CQ.

La diplomatie et la délicatesse deviennent donc les maîtres mots de la gestion d’une situation pareille dans les projets de développement. Notre approche est donc la suivante : dans la mise en œuvre d’un projet de développement, il faut toujours réfléchir avec lucidité et comme le dit Sergio Vasquez « sans anesthésie ». Dans la mise en œuvre du projet, qui perd ?, qui gagne ?, qui cherche à gagner quoi ?, qui craint de perdre quoi ?…A partir de là, on peut déduire quelles sont les conditions qui vont se former, pour ou contre la participation au projet, et donc, concevoir une stratégie et une tactique d’intervention en fonction de cette analyse. Il faudrait éventuellement modifier l’approche, pour intégrer les intérêts de certains acteurs qui s’opposent à la participation (en vue de les diviser), et / ou communiquer sur certains enjeux plutôt que sur d’autres.

CONCLUSION

Tout au long de la présente étude nous avons cherché à décortiquer la question de la durabilité d’un projet de développement dans un souci de susciter chez les managers de projet un approfondissement sur cette notion. En effet, les intérêts des bénéficiaires qui précèdent leur participation qui à son tour précède la durabilité du projet devraient faire l’objet d’une analyse approfondie. Cette analyse touche les bénéficiaires, pris isolément aussi bien que collectivement.

Nous avons pu voir à partir de notre enquête de terrain que la participation dans sa manifestation peut être individuelle ou communautaire. Les intérêts des acteurs impliqués dans la mise en œuvre du PANSL, à un certain niveau, ne vont pas dans le même sens. Cette situation entraîne indéniablement des difficultés de mise en œuvre des objectifs du projet. Ceci permet de nous conforter dans l’idée selon laquelle une bonne conjugaison des intérêts des acteurs, ou dans le cas qui nous concerne des bénéficiaires d’un projet de développement, favorise l’atteinte des principaux objectifs reposant sur la viabilité, ou encore la durabilité d’un projet. A travers la présente étude nous avons pu voir comment les enjeux, variaient du point de vue des ménages et des organisations au niveau du quartier.

Toutefois, il est à noter que dans une telle analyse, il ne faudrait pas seulement se focaliser sur des dimensions unilatérales. En d’autres termes, une analyse soumise à plusieurs méthodes de validation dans les relations entre les bénéficiaires aurait été plus judicieuse dans la mesure où elle aurait établi une connexion beaucoup plus large entre les intérêts des bénéficiaires.

De façon plus globale, cette analyse peut s’orienter également vers les acteurs autres que les bénéficiaires pour relever les enjeux au niveau des bailleurs et surtout des structures d’appui. Les bailleurs par exemple, en fonction de leurs objectifs, peuvent influencer les orientations du projet, ce qui n’est pas toujours en adéquation avec la réalité vécue par les populations cibles. En ce qui concerne les structures de mise en œuvre ou d’appui, la question de leurs intérêts pourrait se poser au niveau des contraintes statutaires, et surtout politiques auxquelles elles font face.

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[1] Projet d’Appui au Nettoiement de Saint Louis

[2] GIE CETOM (Groupement d’Intérêt Economique Collecte Evacuation et Traitement  des Ordures Ménagères)

[3] Mbaye Sar Diakhaté, Saint Louis / Nettoiement de la ville : l’Autriche et la Belgique accompagnent la municipalité, le Soleil, www.lesoleil.sn


Auteur

Edmond PASSE
Enseignant Chercheur
EBS Paris


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