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Pratique de la déconnexion du téléphone mobile comme forme de rejet de communication

Khaled Mokhtari et Djillali Benabou

Résumé : Les technologies mobiles de communication de plus en plus présentes dans notre vie ont permis beaucoup d’avantages, il est devenu possible grâce à elles de faire une bonne partie de son travail même en étant loin de son bureau ou de son chantier ; le téléphone portable fait partie de ces technologies, il permet à son utilisateur d’être en contact permanent avec ses proches ou ses collègues de travail ; mais cela ne va pas sans conséquences sur le quotidien de ses utilisateurs qui deviennent de plus en plus sous contrôle et se sentent très sollicités même en dehors des heures de travail ou par des appels inconnus ou indésirables. Cette situation peut devenir plus grave jusqu’à amener ces utilisateurs à se déconnecter pour pouvoir échapper à certains appels harcelants ou au moins indésirables.

 

Mots clés : téléphone portable, déconnexion, vie privée, appels indésirables, utopie de communication. 

Introduction

L’apparition des nouvelles technologies d’information et de communication (NTIC) est venue bouleverser les modes de vie  des individus et des organisations, la généralisation de l’usage des ordinateurs portables connectés au réseau internet ou intranet, les téléphones portables... ; les travaux de recherches n’ont cessé de mettre l’accent sur les avantages qu’ont permis ces moyens et les mutations qu’ont connu les organisations avec le déploiement de ces technologies.

Mais dans le cas des technologies mobiles l’effet apparait comme plutôt paradoxal (Besseyres-des-horts et al.,2006), il est devenu possible par exemple grâce à ces technologies de joindre leurs utilisateurs  n’importe où et n’importe quand, ce qui impose à ces utilisateurs de nouvelles contraintes notamment avec la disparition des frontières de temps et d’espace et le débordement de la vie professionnelle sur la vie privé.

Le téléphone portable (ou mobile) fait partie de ces technologies, son utilisateur a le pouvoir d’être en communication continue avec tout son entourage , il donne à son utilisateur le sentiment d’être partout à la fois, et répond à un vieux fantasme qu’est celui du contact permanent avec ceux qu’on aime (Jauréguiberry,2005) ; Mais cela ne va pas sans conséquences sur les utilisateurs qui se trouvent parfois dans des situations de saturation cognitive, de harcèlement ou de contrôle continu, ce qui les pousse à se déconnecter pour échapper à cette hypersurveillance .

Partie I : L’usage des téléphones portables 
Développement des technologies mobiles   

C’est à la fin du 20ème siècle que le monde a connu le début de l’émergence des technologies mobiles de communication et de traitement de l’information tel que l’ordinateur portable ou le téléphone portable(Isaac, 2004) ; Dans les entreprises, ces technologies sont vite devenu des moyens incontournable de communication et de traitement d’information dont se sont doté principalement les managers pour pouvoir accéder à différents types d’informations nécessaires à leur activité en dehors du lieu de et des horaires de travail.   

Mais ces possibilités sont souvent accompagnées d’autres effets qui  limitent leur portée, les utilisateurs de ces technologies  se trouvent  en état de saturation cognitive (Autissier et Lahlou, 1999), et en surcharge communicationnelle par la multiplication des échanges à travers les différents canaux de communication qui se superposent sans se substituer (Kalika et al.2007, Isaac et al.2007).

Une autre fonctionnalité  marquante qu’ont  permis  ces technologies mobiles est  la possibilité d’atteindre leurs utilisateurs là où ils sont, ce qui a rendu les frontières entre vie privée et vie professionnelles très floue pour certains  (Isaac et Kalika, 2001).

Le cas du téléphone portable 

Au début, c’était le téléphone fixe; à ses débuts (fin XIXème siècle), il concernait principalement le domaine des affaires, puis les utilisateurs ont commencé à découvrir les secrets de la discussion et du bavardage essentiellement privé, un usage qui n’était pas prévu par les compagnies. Se furent principalement les femmes qui ont développé cette habitude, le téléphone permet un plus de sociabilité et de voisinage psychologique du fait qu’il était possible de parler de bouche à oreille, elles dominaient l’utilisation du téléphone fixe malgré qu’il est un moyen de communication partagé, elles jouaient le rôle de gestionnaire de relations familiales.

Mais le téléphone fixe reste un moyen de communication collectif, il ne permet pas de développer l’individualisation ascendante ; se fut le téléphone portable qui répondait pleinement à cette tendance, où les gens peuvent parler sans se sentir sous pression de laisser l’appareil à d’autres comme c’est le cas avec le téléphone fixe.

  Pendant longtemps les chercheurs en sciences humaines et sociales n’ont pas porté attention aux téléphones en général (le fixe en particulier mais aussi le portable pendant ses débuts d’apparition aux années 90) en ne leur attribuant pas le statut de technologies de communication (Martin,2010), mais les choses ont changé par la suite ; en effet, l’apparition du téléphone portable s’est accompagnée par de profonds changements dans les habitudes et les comportements de ses utilisateurs, le téléphone portable est devenu un outil banal totalement intégré dans la vie de ses utilisateurs.

Entre usage et non-usage 

Dans leur étude sur le non-usage du téléphone portable, (Von Pape et Martin, 2010) ont évoqué l’existence de deux principaux défis qu’il faut surmonter pour mieux comprendre l’usage du téléphone portable: le premier est d’aller au-delà de la perspective déficitaire du non-usage qui considère que la non-utilisation des technologies est une forme de retard par rapport à la norme, et qu’il faut donc essayer de comprendre les raisons que ces non-usagers présentent des argument qui légitiment leur choix ; le deuxième défi est de dépasser la dichotomie qui oppose usage à non-usage, les deux chercheurs ont cité l’étude de (Sonia  Livingstone  et  Ellen Helsper,2007) qui suppose l’existence d’une gradation  de passage du non-usage (ou usage réduit) jusqu’à usage intensif, une variation qui ,selon les deux chercheurs, est motivé par les normes sociales, les motifs d’utilisation ou le processus temporel d’appropriation.

Pour mieux appréhender le non-usage du téléphone portable, les deux chercheurs ont mobilisé différents théories d’usage des technologies; ils ont dès le début évoqué la limite de la théorie de la diffusion de (Everett Rogers, 1962) qui souffre des deux lacunes cités dessus à savoir : la perspective déficitaire du non-usager considéré comme retardataire par rapport à une innovation supposé meilleur, et de la dichotomie caractérisée par l’approche binaire adoption vs refus. Ils se sont appuyés sur la théorie du comportement planifié (Ajzen, 1985) qui permet, selon les deux chercheurs, de considérer le choix de ne pas utiliser une innovation comme étant rationnel et dépasser ainsi la perspective déficitaire qui accuse les réfractaires ; Ils ont mobilisé par la suite d’autres approches pour pouvoir dépasser la logique  binaire usage contre non-usage ; ils ont à la fin adopté un modèle qui réunit différentes approches pour qu’il sera appliqué au téléphone portable (le modèle de l’appropriation du téléphone portable, MPA (mobile phone appropriation model)), ce modèle explique selon les deux chercheurs comment que différents patterns d’utilisation du téléphone portable résultent chez un individu d’un processus d’appropriation personnelle et sociale de l’innovation, un processus influencé par les gratifications recherchées, les normes en vigueur et les ressources et les restrictions ressenties. Le modèle conçu à l’origine pour analyser le processus d’appropriation est mobilisé pour analyser le non-usage du téléphone portable qui selon les deux chercheurs passe par des processus analogues à ceux de l’appropriation.

En plus, même les non-usagers ne forment pas un groupe homogène, ils peuvent se diviser par les motifs du non-usage en deux catégories : non-usagers volontaires et non-usagers involontaires ; pour les involontaires on peut citer l’exemple des adolescents qui se trouvent interdits d’utiliser des portables suite à des restrictions parentales ou par manque de moyens financiers, contrairement aux non-usagers volontaires qui légitiment leur choix qui n’est pas soumis à des restrictions sociales ou financières.

La possession d’un téléphone portable est une pratique sociale normative ce qui fait d’un non-usager un résistant à la norme, les non-usagers justifie leurs attitudes par un discours idéologique qui critique la société de consommation. Ces non-usagers avancent des fois les mêmes arguments que ceux des usagers pour justifier leur attitude, c’est ainsi que la joignabilité permanente qu’assure le portable rassurante pour les usagers est-elle même dénoncé par les non-usagers ; aussi pour le sentiment de l’assurance que donne l’existence du téléphone portable aux usagers, on trouve chez des non-usagers une autre façon de voir les choses comme c’est le cas cité par (Von Pape et Martin, 2010) et qui considère qu’il est futile de penser qu’un téléphone portable peut servir comme moyen de secours du moment que statistiquement se trouver face à un cas pareil est de moins en moins possible.

Le marché des téléphones portable offre de plus en plus de diversité de gamme, les utilisateurs se trouvent face à de larges possibilités de choix et deviennent de plus en plus rationnel quant à l’acquisition de telle ou telle marque, des choix vont être opérés à la lumière de plusieurs facteurs : économiques (capacité financière) , sociales (relations avec son entourage, besoin de prestige, sécurité, …) ou psychologiques (histoires personnelles, volonté consciente ou inconsciente de possession, …) techniques (diversités des offres que représentent les différents modèles); Cet arbitrage est continuellement en mutation puisque l’utilisateur va se trouver sans cesse devant des diversités d’offres (dans tout son entourage : travail, amis, média,…).

Une autre distinction dans ce continuum d’usage, figure aussi dans l’utilisation des fonctionnalités offertes par les différents appareils, en effet il est rare voire très rare de trouver ceux qui utilisent toutes les fonctionnalités de leurs téléphones portables (Von Pape et Martin, 2010), la quasi majorité des usagers n’utilisent que les fonctionnalités de base principalement les appels et les sms, ce qui fait que certains usagers deviennent des non-usagers involontaires n’arrivant pas à utiliser pleinement leurs portables par manque de temps ou d’autres raison extérieurs.

Le portable dans l’espace public 

Les débuts du téléphone portable ont suscité quelques réactions négatives chez ceux qui entourent leurs utilisateurs, répondre à un appel dans un endroit public est souvent qualifié d’incivilité ; Francis Jauréguiberry(1998) critiquait ce comportement alors que le téléphone portable faisait ses débuts en France, il qualifiait ce geste de s’extraire de son entourage de proximité pour répondre à un appel, d’égoïsme qui suscite dans l’entourage de celui qui parle au téléphone une neutralité désabusé ou même une réaction hostile ; mais les endroits « public » se distinguent poursuit-il, et même à cette époque on tolérait parfaitement l’usage du téléphone portable dans certains endroits; La notion de l’intimité n’est pas clairement défini, elle évolue et change d’un endroit à un autre et d’une culture à une autre et ce qui était considéré un certain temps considéré comme secret qu’on ne divulgue pas devant un public se voit peu à peu changer de valeur pour devenir une information qu’on ne sent aucune gêne à l’annoncer.

Un moyen de contrôle 

Le portable peut-il servir de moyen de contrôle social? Permet-il d’exercer un pouvoir sur les individus? S’interrogeait Corrine Martin(2003) ; elle répondait en explorant trois pistes : Au sein de la famille où s’exerce une surveillance du parent ou du conjoint ; dans le monde professionnel où l’exercice du pouvoir hiérarchique se renforce par une surveillance permanente du salarié et dans le domaine public où les individus sont de plus en plus surveillés grâce au téléphone portable qui permet de les poursuivre lors de tout leurs déplacements.  

Dans la famille, le portable a vite remplacé le fixe, l’autonomisation qu’il permet en était un facteur important, on peut penser aussi, que le pouvoir de contrôler ses coûts de communication était aussi un autre facteur (le prépayé qui permet de contrôler ses coûts) ; Corrine Martin(2003) a mentionné que des études aux Etats Unis ont traité la question du contrôle du conjoint ou du parent depuis les premières apparitions du téléphone portable aux années 80 là-bas; Elles supposent que si les femmes utilisent le portable pour concilier travail et vie conjugale se sont les hommes qui les leurs ont offert pour renforcer leur surveillance sur elles.

Quant aux relations de travail, c’est là où le phénomène de contrôle se présente le plus, le renfoncement du contrôle par les supérieurs via les technologies mobiles de communication a suscité l’intérêt des chercheurs ; le téléphone portable a augmenté le contrôle des supérieurs surtout sur le personnel qui se trouve en dehors de l’entreprise ; ce contrôle continu est subi par le personnel de la part des responsables mais aussi de la part des clients pendant le temps de travail et en dehors aussi, ce qui ressuscite de nouveau la question du débordement de la vie professionnelle sur la vie privé et pose la question sur le droit à la déconnexion.

Enfin, dans le domaine public, le phénomène prend un peu plus d’ampleur; alors que les écoutes téléphonique ont toujours existé , le téléphone portable va plus loin en permettant un repérage précis de son porteur tant qu’il est en marche, lors de chaque appel il est possible de collecter plusieurs informations comme les dates des conversations, les numéros appelants ou appelés… ; les opérateurs téléphoniques disposent ainsi d’importantes informations sensibles ; les textes de loi essayent (à la différence des pays) de réglementer l’utilisation de ces informations, mais les opérateurs se trouvent parfois obligés de révéler certains secrets dans certains conditions. 

La contagion de l’urgence

Une des caractéristiques principales de ce moyen de communication est qu’il permet une grande rentabilisation du temps (Jauréguiberry, 1996,2007), en permettant l’exploitation du temps vacant, mort ou mal utilisé (en circulation d’automobile ou en trajet par exemple) pour réaliser ou faire réaliser des tâches que la situation où on se trouve ne nous permet pas de faire (Jauréguiberry parle de superposition de temps médiatique à un temps physique).

Un phénomène qui accompagne cette tendance de rentabilisation et marque les utilisateurs du téléphone portable au point de devenir  une contagion (Jauréguiberry,2003) est le caractère d’urgence que manifestent ces utilisateurs, une habitude prise au début au sein de leur vie professionnelle où ils sont constamment amené à réagir rapidement pour répondre aux différentes sollicitations ; grâce au téléphone portable les gens ont pu raccourcir les délais et accélérer les rythmes ; mais l’urgence vécue au quotidien professionnel s’est débordé par contagion sur le quotidien privé aussi, l’idée sans cesse dominante de la rentabilisation du temps ne se limite pas à la vie professionnelle, elle est vécu aussi à la vie privé, tout temps libre doit être exploité au maximum ; l’individu se trouve en situation de ne rien rater, branché et toujours à l’écoute afin de saisir l’occasion. Mais cette attitude opportuniste (Jauréguiberry, 2003) qu’encourage l’utilisation du téléphone portable n’est pas motivée seulement par la vision rentabiliste du temps, elle est aussi stimulée par le désir de chasser l’ennui et remplir le vide subi au quotidien de l’utilisateur du téléphone portable, celui-ci devient continuellement branché pour échapper (consciemment ou inconsciemment) à la réalité du temps, il ne cesse de faire des appels, vérifier la boite vocale, tester la disponibilité des contacts ou vérifier le degrés de couverture réseau…

L’utilisateur du téléphone portable devient un zappeur (Jauréguiberry, 1996, 2007)  absorbé par une expérience d’ubiquité médiatique, cet état fait de lui un être parfois dépossédé même du sens de son action. Il arrive cependant que les utilisateurs se rendent compte du fait que cette possibilité de pouvoir joindre à tout moment son ou ses interlocuteurs pour leur exprimer tout ce qu’ils pensent ou sentent peut représenter un risque plus ou moins latent, du fait que le bavardage continu vient remplacer l’échange créateur et vider les conversations de tout sens.

Un aspect aussi important relatif  à l’utilisation du téléphone portable est la différence des attitudes et des utilisations suivant les pays et les régions (Nickerson and al.,2008), c’est ainsi qu’on trouve par exemple que la tendance à utiliser les messages textes diffèrent d’un pays à l’autre ; ceci nous amène à penser que la pression qu’exerce cet outil sur les utilisateurs diffèrent elle aussi suivant la région, la nature du travail, ou la situation sociale,  le phénomène de l’intrusion  dans la vie privé synonyme de l’utilisation des technologies mobiles, est très fréquent chez les utilisateurs du téléphone portables ,  mais diffère lui aussi selon les pays et les situations sociales ou professionnelles.

Echapper à la communication, La déconnexion 

La  pression que cause l’hyperconnexion aux TIC pousse les utilisateurs à la déconnexion ; les TIC ont formé un nouveau monde où l’interconnexion est généralisée et où chaque individu est forcé à être présent au bout du fil à chaque instant ; Cette connexion continue comme elle est synonyme d’ouverture et d’immédiateté, elle est aussi paradoxalement source d’autres effets indésirables : réception d’appels non-désirées,  surcharge de travail, atteinte à la vie privé, hypersurveillance,… L’individu se sent des fois dépassé ou même soumis.

Face à cette situation, les gens se trouvent des fois obligé de se déconnecter. Cette déconnection varie selon les cas, elle peut survenir dans des cas extrême où le porteur du téléphone portable se trouve harcelé par des appels indésirables, elle ne sera pas volontaire dans ce cas, elle  constitue une manière de se défendre contre ces harcèlements; Dans d’autres cas la déconnexion est volontaire, elle vise à éviter d’aller vers des cas extrêmes de surcharge informationnelle par des appels fréquents, c’est une manière de réajuster son temps par différents tactiques, en mettant le téléphone sur off à certains moments ou plages d’horaires, ou refuser d’être géolocalisable à tout moments, l’exemple des Smartphones est illustrant puisqu’ils permettent une déconnexion partielle et ciblées en permettant par exemple de se déconnecter des appels ou notifications téléphoniques tout en continuant à se servir des autres fonctions comme la géolocalisation ou la gestions de emails… ; mais même pour les téléphones portables ordinaires les opérateurs proposent des astuces de renvoi d’appels qui laisse le téléphone opérationnel mais donne à la personne appelante une réponse que la personne est injoignable alors que celle-ci reçoit la notification de l’appel.

Ces pratiques ne sont pas synonymes d’un rejet total de cette technologie (Jauréguiberry, 2003), mais il s’agit de tentatives de maitrise pour se protéger d’une synchronie générale et permanente, utiliser cette technologie sans devenir l’esclave, c’est décider de ne pas être continuellement localisable et revendiquer un droit à garder une certaine confidentialité dans un monde qui tend vers une visibilité généralisée,

Mais s’il existe ceux qui peuvent se déconnecter parce qu’ils ne veulent pas être soumis, il y a ceux qui ne le peuvent pas ; Jauréguiberry(2007) considère que même dans cette sphère une forme d’inégalité se dessine, il qualifie ceux qui peuvent se déconnecter de riches, tandis qu’il qualifie de pauvres ceux que leurs situations ne leur permettent pas, les cadres haut placés ou ceux qui leur sont attachés ne peuvent pas se déconnecter, d’où se pose la question sur la réglementation qui doit faire preuve pour rattraper l’écart qui se creuse entre elle et les effets des technologies dans le quotidien des individus ; le droit à la déconnexion devient un enjeu social, où les juristes souhaitent faire de la déconnexion de tous les instruments de travail nomades un droit qui s’inscrit dans le code de travail et limiter l’excès du télétravail qui s’étend aux moments de repos des certains cadres.

Partie II : Cas de travailleurs algériens 

Il est clair que l’usage des technologies de communications varie d’un pays à l’autre, ce qui fait que l’intérêt que porte les recherches en SIC ou en sociologie ou autre discipline s’intéressant à ces technologies sera aussi différent ; c’est ainsi, comme le citait Corinne Martin(2003) par exemple, que des recherches ont évoqué la question du contrôle parental depuis les années 80 aux Etats Unis ce qui n’était pas le cas en France par exemple ; Ceci est vrai en faisant la comparaison avec les pays de l’Afrique dans lesquels le déploiement de ces technologies ne peut pas être comparé à celui des pays de l’Europe. Nous voulons dire par là que les questions qui peuvent être un peu obsolète dans des thèmes de recherches en Europe ne sont qu’aux débuts dans des pays comme l’Algérie.

Développement de la téléphonie mobile en Algérie

Figure 1 - Evolution du nombre d'abonnés au téléphone portable en Algérie [1]

Malgré qu’il soit apparu un peu tôt en Algérie (1998), l’utilisation du téléphone portable n’a connu son ampleur pratiquement qu’en fin 2004 (5 millions d’abonnés) (il faut prendre en compte qu’à une période donnée, les utilisateurs ont commencé à acquérir plus d’un numéros pour bénéficier des différentes offres 

proposées par les opérateurs), ceci nous donne idée sur la différence entre l’évolution de cette technologie dans ce pays par rappport à d’autres pays plus développés et nous rappelle la question de la différence dans la manière d’aborder cette question par la suite ; on peut donc comprendre que l’usage du téléphone portable ne dépasse pas l’usage ordinaire (voix et sms) et que la plupart des autres applications ne sont guère utilisée, la connexion à internet n’est que rarement utilisé sauf ces dernières années vu sa lenteur et son cout non-compétitif avec celle du téléphone fixe, sans parler du 3G qui n’a fait son apparition que très récemment (fin 2013) et n’est pas encore généralisé sur tout le pays (l’agence de régulation des télécommunications ne donne aucune statistique sur ce point).

Nous supposons donc que l’utilisation du téléphone portable en Algérie se limite à un usage basique (voix et sms) pour la quasi-majorité des utilisateurs, et que d’autres applications comme la géolocalisation ou la connexion au net ne sont que très étroitement utilisée.

Méthodologie 

La revue de la littérature nous a permis d’élaborer un questionnaire qui regroupe des questions relatives aux phénomènes qui sont en relation avec des effets négatifs de l’usage du téléphone portable, principalement :

  • La déconnexion à cause des appels relatifs au travail.
  • La déconnexion à cause des appels non-désirés
  • La perception de la joignabilité accrue qu’assure le téléphone portable
  • Comportement envers les autres utilisateurs du téléphone portable, dans les lieux publics ou dans le travail.

Nous pensons toujours que le comportement des utilisateurs ainsi que ceux qui leur entourent diffère d’un pays à l’autre où différents facteurs influencent ces comportements comme la situation économique (le niveau de vie, le secteur employeur (public ou privé), la culture (traditions, religion…)

Nous avons distribué 100 questionnaires sur des travailleurs dans différents secteurs, principalement des enseignants universitaires, des travailleurs du secteur de la santé, des travailleurs dans des administrations diverses, des personnes travaillants à des entreprises privées ; La majorité des personnes travaille dans le secteur public (84%), principalement des administrations qui ne sont pas en situation de concurrence (elles assurent seulement des services publiques et sont financés complètement par l’état) ; Le secteur privé malgré qu’on affiche qu’il emploi presque 50% de la main d’œuvre en Algérie n’est pas présent réellement sur le terrain ; c’est ainsi que dans la région où on a fait notre enquête par exemple, il n’existe pas des entreprises privées qui assurent un emploi stable, leur majorité se trouve au secteur des BTP sous forme de petites entreprises dont l’activité n’est pas stable et l’utilisation des téléphones portables en relation de travail est limitée. La politique de l’emploi suivi en Algérie est caractérisée par le recrutement au secteur public, principalement celui des administrations publiques qui n’ont aucune relation avec la concurrence qui est à l’origine des pressions sur les travailleurs.

Les questionnaires on été distribué sur des supports papier et par messagerie électronique (ceux par messagerie ont été envoyé à des personnes qu’on connaît bien pour s’assurer de la fiabilité des réponses).

Le taux de réponses était de l’ordre de 60%, où on n’a reçu à la fin que 60 questionnaires dont 20 par courrier électronique.

Résultats 
Identification

L’échantillon est constitué à 36% de femmes et de 64% d’hommes ; leurs âges varient entre 18 et 61 ans (principalement : 26-35 ans à 54%, 36-45 ans à 26%, 46-61 ans à 16%) ; 82% parmi eux sont des universitaires (dont 18% des post-graduation) ; 61% sont des personnes mariés, 36% des célibataires et 3% sont des divorcés (des femmes uniquement); l’expérience d’utilisation est assez longue, où 61% affirment qu’ils utilisent le téléphone portable depuis plus de six ans et 21% l’utilisent depuis plus de 10 ans. 

Le téléphone portable au travail 

Le facteur important qui peut influencer l’utilisation du portable au travail est le volume de ce dernier, la majorité des personnes questionnées affirment avoir des responsabilités nombreuses (47% les considèrent nombreuses, 13% les estiment trop nombreuse et 38% les estiment moyennes).

Un autre aspect nous parait important et explique l’importance donné au téléphone portable par les employeurs, est le fait d’en donner à ses employés ; 11% seulement en ont leur a donné, ils sont tous (6 personnes) des employés d’un groupe privé, ce qui nous fait rappeler encore la différence de l’importance donné à l’utilisation du téléphone portable entre les deux secteurs ; en revanche 89% des utilisateurs affirment avoir été demandé de donner leur numéros de téléphone pour pouvoir les joindre en cas d’urgence.

La première question posée sur la déconnexion était à propos de celui du numéro de portable donné au travail, 74% ne le font que rarement dont 44% le font d’une façon très rare ; 40% affirment « ne pas pouvoir le déconnecter », ce qui fait que la majorité des utilisateurs n’estiment pas qu’ils sont obligé de rester connecté à cause du travail, en répartissant ces réponses par nature d’activité on remarque que les personnes travaillant dans des administrations constituent la grande partie de ceux qui ne sentent pas être obligé à rester connecté, comme le fait apparaitre le graphe suivant :

 Figure 2 - Perception de pouvoir déconnecter le portable donné au travail

 

La question de la déconnexion du téléphone portable à cause des appels relatifs au travail a été posée de deux manières : Ne pas répondre volontairement aux appels relatifs au travail puis on a posé la question si on déconnecte le portable à cause des appels relatifs au travail, les réponses ont été comme décrit aux deux figures suivantes :

Figure 3 

Figure 4

La déconnexion est donc très faible : 77% ne le font que rarement (la plupart ont répondu jamais le faire), mais il arrive qu’on ne répond pas volontairement à ces appels (26%, figure-3) ; pour bien comprendre ce comportement (ne pas déconnecter mais ne pas répondre aussi des fois), il est important de voir l’effet de recevoir ces appels sur les utilisateurs, la figure 6 fait apparaitre les réponses à la question : « la réception des appels relatifs au travail me stresse »

Figure 5 

Figure 6

Là aussi on peut dire que le stress que cause les appels du téléphone portable n’est pas senti comme il est décrit souvent dans la littérature, seulement 39% sont d’accord sur ce point, tandis qu’une bonne partie confirment ne se sentir pas stressé (30% ne sont pas d’accord), et cela malgré que 48% confirment recevoir ces appels souvent.

Il est aussi plus illustrant de voir la répartition de ces appels par secteur, comme dans la Figure 7 :

Figure 7

Là aussi, les utilisateurs appartenant au secteur des administrations occupent une place importante parmi ceux qui ne reçoivent pas des appels en dehors des heures de travail, la présence des travailleurs de la santé est remarquable parmi ceux qui reçoivent souvent des appels, une présence justifié par la nature de leur travail.

Un autre aspect relatif à l’usage du téléphone portable au travail concerne les appels fréquents de l’administration (les supérieurs ou les collègues), et son effet sur l’autonomie ainsi que le changement fréquent des programmes ; pour la première (autonomie), 62% affirment qu’ils ne sentent pas une perte de leur autonomie, 25% ,par contre, affirment qu’il la sentent à cause des appels fréquents ; pour la question sur le changement du programme ordinaire, les taux sont plus bas : 16% affirment le font souvent à cause des appels venant des supérieurs alors que 67% le font.

Pour la question sur le sentiment d’être plus contrôlé par les supérieurs (ou les collègues), nous pensons que les réponses n’atteignent pas le degré qui confirme l’existence d’un pareil sentiment où 32% en sont d’accord tandis que 45% ne le sont pas (23% ne sont pas du tout d’accord).

Enfin, ce qui fait bien apparaitre le faible effet de l’utilisation du téléphone portable dans le travail est le nombre des appels émis ou reçus :

Figure 8

Figure 9 

Le nombre des appels émis ou reçus au quotidien est extrêmement faible chez la majorité des utilisateurs (plus de 60% dans les deux cas), ceux qui reçoivent ou émettent plus de 20 sont des responsables dans des positions hiérarchiques élevées (des directeurs) ou ceux qui travaillent au secteur privé.

Le téléphone portable au quotidien 

Le téléphone portable au quotidien peut concerner plusieurs aspects d’usage, nous nous contentons ici aux pratiques de déconnexion en relation avec les appels masqués et les appels des numéros inconnus ; Mais avant de les aborder nous aimons parler de quelques attitudes des utilisateurs qui reflètent la place qu’a pris cet objet dans notre quotidien,  93% confirment que le téléphone portable est utile, 83% se sentent en sécurité en le portant tout le temps (pouvoir demander secours en cas d’urgence), 75% affirment ne pas pouvoir rester sans crédit, 59% estiment qu’ils en sont très attaché et ne peuvent pas ne pas l’utiliser.

Les appels masqués est un phénomène qui s’est apparu avec la venue des téléphones portables, alors qu’un opérateur les a limité au début (il fallait le demander), il se sont vu vite rendu disponible où il suffit d’introduire un préfixe avant le numéro composé pour que le destinataire ne peux pas voir le numéro, ceci est peut être justifié d’un point de vue, mais il constitue aussi une sorte d’intrusion ; 24% des utilisateurs questionnés affirment le recevoir souvent (10% le reçoivent très souvent) ; 39% sont d’accord que répondre à un pareil appel peut constituer un risque et 69% préfèrent ne pas y répondre ; 30% affirment que ces appels se répètent quand on y répond pas au point d’éteindre complètement son portable (42% le fassent)  ou au moins faire une déconnexion partielle (23%).

Quant aux appels clair mais d’un numéro inconnu, 44% préfèrent ne pas répondre, et 25% estiment qu’ils peuvent présenter un danger, 12% vont jusqu’à éteindre le portable.

La déconnexion du téléphone portable est plus pratiqué dans ce cas (appels inconnus ou masqués) qu’il était le cas dans les relations de travail.

La localisation 

Le téléphone portable a rendu possible la localisation des individus sans la moindre peine, ceci devient plus facile avec la possession de tout individu de ce gadget, (la population d’Algérie est estimé à environ 38,7 millions d’habitants fin 2013 et le nombre d’abonnés est aux alentours de 39millions).

Au travail, ceci renforce le contrôle des supérieurs, ces derniers qui ne pouvaient pas contrôler les subordonnés que sur les lieux et pendant les horaires de travail, il leur est devenu possible de les joindre n’importe où et n’importe quand.

Dans notre cas, alors que 32% considèrent que le contrôle au travail s’est renforcé avec l’utilisation du téléphone portable, dans la vie courante 49% affirment ne pas aimer le fait d’être joignable à tout moment à cause de celui-ci, cette joignabilité est plus renforcé avec la question courante posé à chaque appel, le « où es-tu ?» où 56% affirment que ceux qui leur appellent leur en posent, tandis que 26% la posent à leurs correspondants.

Le portable dans la vie sociale 

L’utilisation du téléphone portable peut susciter quelques réactions négatives chez ceux qui entourent leurs utilisateurs ; Se sont principalement les endroits publics (qui nécessitent une certaine définition) où les appels téléphoniques sont mal accueillis ; les questions qu’on a voulu les détailler au début  (spécifier des endroits spécifique tel un hôpital ou un lieu saint par exemple) on les a posé d’une manière directe sans détailler la signification de l’endroit public laissant libre la personne questionné à sentir le sens d’un endroit public et avoir donc une réponse pondérée .

Sept questions ont été posées dans ce cas :

  • Je préfère mettre le téléphone en vibreur tout le temps : 20% sont d’accord et 61% ne le sont pas (19% sont moyennement d’accord)
  • Je ne réponds pas au téléphone aux endroits publics : 33% sont d’accord et 46% ne le sont pas
  • Je le mets en vibreur dans un endroit public : 36% sont d’accord et 41% ne le sont pas
  • Je me sens gêné en voyant quelqu’un parler au téléphone dans un endroit public : 33% sont d’accord et 44% ne le sont pas
  • Je me sens gêné en voyant quelqu’un parler à haute voix dans un endroit public : 66% sont d’accord et 17% ne le sont pas.
  • Je n’accepte pas que celui qui vient chez moi au travail parle au téléphone : 67% sont d’accord et 15% ne le sont pas (la question posé aux enseignants s’ils autorisent les étudiants à parler au téléphone a reçu un accord de 100%)
  • Je n’accepte que celui qui vient chez moi au travail laisse sonner le téléphone : 57% sont d’accord et 18% ne le sont pas (idem pour les enseignants : 100% d’accord)

L’attitude envers l’utilisation du téléphone portable dans les endroits publics change d’une société à l’autre, les mœurs et les traditions peuvent autoriser certains de ces comportements comme ne pas le faire avec d’autres, certains de ces endroits (où la norme est de ne pas autoriser les sonneries ou les appels) sont des fois même dotés d’équipements qui désactive la couverture réseau et empêche définitivement le déclenchement des sonneries suite à la réception des appels. 

Conclusion 

Nous pensons que l’idée sur une utopie de communication est bien présente dans le cas des technologies mobiles notamment le téléphone portable. Alors qu’on avance souvent les avantages de ces technologies comme leurs capacités de s’affranchir des contraintes temporelles ou géographiques, on omit des fois devant leurs éclats éblouissant ce que peuvent entrainer comme effets négatifs ce qui pousse dans des cas extrêmes à refuser même de les utiliser.

Dans notre cas, et en s’inspirant de quelques études faites sur l’utilisation du téléphone mobile, principalement sur le phénomène de déconnexion, nous avons tenté de comprendre la nature de ce phénomène en Algérie parce qu’on pense que les attitudes des utilisateurs diffèrent  d’un pays à l’autre (Nickerson and al., 2008) mais aussi d’un endroit à l’autre dans le même pays et d’une situation sociale ou professionnelle à l’autre.

Les résultats obtenus nous permettent de penser que la déconnexion du téléphone portable à cause des sollicitations du travail n’a pas la même ampleur comme décrit dans d’autres études (principalement en France) ; Nous avons remarqué une différence entre les travailleurs du secteur privé qui étaient en une situation de quasi-débordement par rapport aux ceux du secteur public et même dans ce secteur il y’avait une différence entre ce qui est communément appelé secteur économique (des entreprises qui font de la production et son en situation de concurrence) et les administrations (qui sont des établissement financés par le trésor public et ne font aucune activité productive à caractère lucratif et ne sont pas dans une situation de concurrence), ce qui fait que dans les entreprises dans des situations non-concurrentielle (même si elle relève du secteur dit économique, c'est-à-dire elles produisent mais bénéficient d’un position de monopole) les travailleurs ne subissent pas la même pression que ceux dans des entreprises en situation de concurrence.

La déconnexion du téléphone à cause des autres appels indésirables (masqué par exemple ou inconnu) prenait une ampleur un peu plus grande, bon nombre d’utilisateurs reçoivent de pareils appels et font des pratiques de déconnexion à cause.

La géolocalisation, synonyme d’utilisation du téléphone portable est peu apprécié par presque 50% des personnes questionnées, surtout quand elle peut renforcer le contrôle des supérieurs.

Enfin l’attitude envers l’utilisation du portable dans des endroits public n’est pas très hostiles, et cela malgré que beaucoup parmi les personnes questionnées n’acceptent pas que ceux qui viennent sur leurs lieux de travail parlent au téléphone au le laissent sonner.

La déconnexion une forme de refus de communication est présente, et le téléphone portable jugé comme utile voire indispensable peut se convertir en une source de stress chez certains utilisateurs.

Références

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Felio, Cindy. "Risques psychosociaux et TIC: discours de cadres."Transformation des organisations, évolution des problématiques et mutations fonctionnelles (2013): 93-101.

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Francis Jauréguiberry, L’immédiateté télécommunicationnelle, Paru dans Nouvelles technologies et mode de vie (éd.Ph.Moati),LaTour d'Aigues, l’Aube, 2005, pp. 85-98.

Francis Jauréguiberry, De l'usage des téléphones portatifs comme expérience du dédoublement et de 

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Francis Jauréguiberry, Retour sur les théories du non-usage des technologies de communication, Paru dans  Connexions : communication numérique et lien social  (éds. S. Proulx et A. Klein), Namur, Presses universitaires de Namur, 2012, pp. 335-350

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Thilo von Pape et Corinne Martin, « Non-usages du téléphone portable : au-delà d’une opposition binaire usagers/ non-usagers », Questions de communication[En ligne], 18 | 2010, mis en ligne le 01 décembre 2012, consulté le 04 décembre 2012. URL : http://questionsdecommunication.revues.org/416


[1] Les données ont été importées du site de l’ARPT (autorité de régulation de la poste Et des télécommunications, algerienne pour la période (2004-2013) les autres données ont été importés du mémoire de magister de Lamri Hadj – Université d’Alger)


Auteur

Khaked MOKHTARI
Doctorant, Maître-assistant à la faculté des sciences économiques et des sciences de gestion, Université de Mascara - Algérie
Membre du laboratoire LAPDEC (Laboratoire d’analyse, de prospective et de développement des emplois et des compétences)

Djillali BENABOU
Maître de conférence  à la faculté des sciences économiques et des sciences de gestion, Université de Mascara - Algérie
Membre du laboratoire LAPDEC (Laboratoire d’analyse, de prospective et de développement des emplois et des compétences)


Citer cet article

Mokhtari, K. et Benabou, D. (2014). Pratique de la déconnexion du téléphone mobile comme forme de rejet de communication. Actes de la 6ème édition du COSSI "L'utopie de la communication", 17-19 juin 2014 - IAE de Poitiers, France.

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