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Apports réciproques des utopies associées aux collections naturalistes et au Web collaboratif

Lisa Chupin

Résumé : Cet article étudie la façon dont se rejouent les rapports entre les utopies scientifiques et documentaires à l'heure du Web, à partir du cas des sciences naturelles qui produisent des connaissances sur les espèces à partir de collections de spécimens. Il s'agit de mettre en lumière les relations entre l'utopie scientifique de connaissance de la biodiversité et celle d'un espace documentaire capable de rassembler tous les savoirs, que l'imaginaire associe volontiers au Web.  Nous analysons plus précisément les efforts déployés pour relever le défi que représente la numérisation d'immenses collections d'herbiers : ils manifestent l'appropriation des technologies du Web collaboratif pour faire progresser la réalisation toujours partielle de l'utopie à l'origine des collections, qui consiste à vouloir rassembler en un même espace toutes les espèces végétales vivantes. Nous nous appuyons sur l'étude de dispositifs de documentarisation participative des collections botaniques, principalement la plate-forme développée pour déchiffrer et transcrire les informations des étiquettes des herbiers numérisés du Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN). Nous la confrontons à des sites similaires conçus pour d'autres herbiers pour montrer la façon dont ces espaces fédèrent de nouvelles activités documentaires permettant l'appropriation du patrimoine scientifique. Nous proposons de qualifier ces dispositifs d'hétérotopies limitées, au sens où, par les règles qu'ils instaurent et l'intérêt qu'ils suscitent, ils constituent un espace virtuel où se réalisent en partie les utopies qui inspirent leur conception.


Mots clés :
 collection numérique ; patrimoine scientifique ; utopie ; hétérotopie ; collaboration socialement distribuée ; documentarisation participative ; redocumentarisation. 

Introduction

L'objectif prôné par Paul Otlet de « rendre de mieux en mieux accessibles au grand public [les] masses énormes de documents » produites par l'activité scientifique (Otlet, 1908) trouve de nouvelles façons de se réaliser à partir des possibilités de numérisation et de mise en ligne de documents, qui repoussent les contraintes liées à leur conservation physique. Mais profiter de ces opportunités suppose de continuer les efforts auxquels Paul Otlet s'était consacré pour faciliter l'accès aux documents et leur circulation. Poursuivre ce travail de « documentarisation » (Pédauque, 2006) est un préalable sans lequel on peut douter pouvoir mettre le Web au service d'un accès universel aux savoirs qui resterait un « fantasme » (Juanals, 2002). De multiples initiatives convergent dans le domaine des sciences naturelles et de l'étude de la biodiversité pour illustrer un tel mouvement de documentarisation renouvelé par le développement des technologies numériques. En laissant envisager un accès facilité à des collections numérisées et des données standardisées et partagées sur le vivant, le Web renouvelle en effet la volonté des naturalistes de rassembler des spécimens représentatifs de l'ensemble des espèces connues en un même lieu, qui ne saurait par là-même exister nulle part. En sus de l'adaptation du processus de numérisation aux spécificités des collections, cela suppose l'élaboration de nouveaux dispositifs de médiation documentaire pour donner accès aux spécimens dont le nombre rend toujours insuffisants les moyens humains et financiers alloués à cette opération : le Web n'enlève rien au caractère utopique de l'entreprise naturaliste. Nous nous intéressons aux sites Web collaboratifs développés pour constituer des bases de données facilitant l'accès aux spécimens numérisés. Nous nous fondons sur l'analyse du dispositif développé par le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN) suite à la numérisation de ses herbiers (collections de plantes séchées associées à des informations sur le contexte de leur collecte) : il s'agit d'un site collaboratif qui mobilise des internautes pour transcrire les informations des étiquettes, souvent manuscrites, associées à chaque spécimen - opération impossible à réaliser automatiquement. Nous étudions la façon dont le dispositif organise un contrôle des tâches réalisées par les internautes en vue de préserver la qualité de l'information des collections, tout en permettant aux documents scientifiques de prendre du sens pour des contributeurs non spécialistes des disciplines naturalistes. Il y va de la façon dont cette documentarisation participative du patrimoine scientifique contribue à faire progresser à la fois l'utopie de la connaissance de la biodiversité et celle d'un Web qui soit un nouvel espace documentaire collaboratif ouvrant plus largement l'accès au patrimoine et rassemblant des informations  susceptibles d'éclairer les politiques, notamment dans le domaine environnemental. Après un rappel des potentialités du Web collaboratif pour rendre plus accessibles les données des collections, seront précisées les promesses dont il est porteur pour documenter la biodiversité. L'apport des plates-formes de documentarisation participative pour réaliser une entreprise dont le caractère utopique n'est pas étranger à l'engouement qu'elle suscite ressortira de l'analyse du dispositif mis en place par le MNHN qui sera confronté à d'autres expériences similaires. 

Le Web comme facteur et résultat de progrès conjoints des utopies documentaires et scientifiques

Les utopies qui guident les développements scientifiques et celles qui soutiennent les progrès des techniques et espaces documentaires se nourrissent réciproquement. Les débuts de l'informatique en réseau illustrent le phénomène. Patrice Flichy montre que différents « imaginaires » sont intrinsèquement liés à son essor : les techniques à l'origine d'Internet ont été investies comme un moyen d'assister le travail intellectuel sans s'y substituer, d'abord sur le mode de l'utopie dans les écrits de Joseph Licklider par exemple. Mais elles ont aussi guidé bien réellement le développement des premiers réseaux, qui avaient des fonctions d'aide à la collaboration (entre universités et laboratoires américains) ; de même, c'est pour améliorer la gestion et le partage de documents (au sein du CERN) qu'a été inventé le Web (Flichy, 1999). L'appropriation des outils du Web par les scientifiques s'est traduite par un renouvellement de leur activité, non seulement pour la communication quotidienne et la publication scientifique, mais aussi pour le travail collaboratif, la collecte et la gestion des données. Michael Nentwich parle de « cyberscience » pour exprimer ces changements multidimensionnels « générés dans la recherche par les ordinateurs en réseau et les technologies avancées de l'information et de la communication » (Nentwich, 2003).

La production des documents à partir d'observations est particulièrement affectée par les nouveaux outils de capture, production et réappropriation de contenus, qui s'intègrent à une étape primordiale de l'activité scientifique. Le numérique multiplie encore la « fertilité documentaire d'un simple fait de départ » (Briet, 1951). Pour reprendre l'exemple de l'antilope choisi par Suzanne Briet pour illustrer la constitution de différents types de documents au cours du processus scientifique, on peut dire qu'à l'inscription de l’animal dans le catalogue du jardin zoologique, et aux différentes publications scientifiques et documents secondaires produits à son sujet, s'ajouterait aujourd'hui une mention d'occurrence dans un ou plusieurs portails agrégeant les données de collections à différentes échelles ; les données concernant le spécimen pourraient être associées à une base de données génomiques ; la photographie de l'antilope pourrait être présentée sur le site Web d'un muséum et circuler sur les réseaux sociaux, etc.

Les enjeux documentaires des promesses du Web pour les sciences ; le cas de l'étude du vivant

Les sciences de la vie sont particulièrement affectées par les technologies numériques et leurs conséquences documentaires, car la démarche naturaliste consiste à produire des connaissances à partir d'une accumulation d'observations dont il faut garder trace. La recherche en sciences naturelles se traduit directement par la constitution de collections et la poursuite d'une utopie documentaire, à la recherche des meilleures façons de rendre accessibles les documents et spécimens attestant des observations. Le Web donne l'espoir de pouvoir travailler avec une masse accrue de données mutualisées et repousse de nouvelles limites pour permettre de réaliser l'utopie qui préside à la constitution des collections : « documenter la biodiversité » (Winker, 2004), centraliser des spécimens pour avoir une vue de toute la variété d'une espèce, ou encore dans les mots de Bruno Latour (1996), « comparer tous les oiseaux du monde synoptiquement visibles et synchroniquement rassemblés ». Exploiter les possibilités numériques suppose un travail documentaire important, qui commence par le recensement des collections dispersées et méconnues, dans l'Index Herbariorum par exemple pour les herbiers (Holmgren, 1998), et se poursuit par l'informatisation et la standardisation des données. A travers deux exemples choisis en écologie et en botanique, Lorna Heaton et Florence Millerand (2013) décrivent le processus consistant à « équiper » (Vinck, 2009) de métadonnées supplémentaires des spécimens, ce qui constitue un préalable à la mise en ligne des collections sur des portails intégrant de nombreux jeux de données. Dans le premier cas, la base de données est constituée à partir de collectes de spécimens de plancton, dans le second, à partir de spécimens ayant déjà été une première fois étiquetés dans des herbiers physiques faisant l'objet d'un programme de numérisation. Dans les deux cas, il s'agit bien d'un travail de documentarisation entendue comme le fait de procéder à l'« enregistrement sur un support pérenne » d'« attributs spécifiques » pour permettre la circulation du document (Zacklad, 2004). L'objectif de la documentarisation est de donner plus de « mobilité » (Heaton et Millerand, 2013) à la collection d'observations. Elle accompagne nécessairement le travail de collecte fait pour « documenter la biodiversité » (Winker, 2004).

L'exemple de la constitution d'une base de données donnant accès aux herbiers numérisés peut être appréhendé comme un processus de redocumentarisation, c'est-à-dire comme une « nouvelle documentarisation » (Zacklad, 2007). La définition qu'en donne Jean-Michel Salaün comme le fait d'« apporter toutes les métadonnées indispensables à la reconstruction à la volée de documents » correspond bien à l'opération consistant à associer des métadonnées aux images des herbiers, pour permettre d'y accéder par la formulation de requêtes. La constitution de la base de données implique une sélection des informations présentes sur les étiquettes de l'herbier physique, pour adopter les standards internationaux, et répondre aux besoins scientifiques à l'origine du programme de numérisation. La définition de la redocumentarisation donnée par Manuel Zacklad (2007) met en lumière les effets de cette sélection, qui consiste à « réarticuler les contenus sémiotiques selon son interprétation et ses usages [propres]», et peut permettre une réappropriation du document, par exemple pour répondre à une question de recherche en particulier.

La constitution des bases de données en écologie et en botanique témoigne des efforts visant à développer un Web rassemblant des données scientifiques, qui supposent de mettre en ligne, outre des publications, des collections, et s'inscrivent dans un mouvement plus général de « redocumentarisation du monde» (Pédauque, 2007). L'expression traduit le besoin de nouveaux efforts de « documentarisation » adaptés aux spécificités des documents numériques et destinés à faciliter leur utilisation dans différents contextes. Participer à ce mouvement suppose pour les institutions détentrices de patrimoine de le numériser et de le mettre en ligne, réalisant davantage un idéal d'accès de tous à la culture et aux savoirs.

Mais cette perspective est conditionnée par le financement de programmes de numérisation et de documentarisation du patrimoine aux coûts importants, qui peuvent compromettre leur réalisation effective. La « volonté scientifique et technique [de] progresser dans l’indexation documentaire de tous les types de documents, que ce soit par le biais de langage sémantique ou d’autres types de métadonnées » ne saurait se réaliser selon les mêmes logiques que la documentarisation des activités en ligne à visée publicitaire (Le Deuff, 2009). Et pourtant, de nombreuses disciplines ont besoin que « le monde [soit] documenté », c'est-à-dire que des informations sur le réel soit collectées, plutôt que « l'homme [soit] documentarisé » (Ertzscheid, 2009), ce qui est le cas dès que les traces de ses activités en lignes sont rendues facilement exploitables, faisant de lui l'agent de la transformation de ses propres actions en documents. Une solution pour accélérer la documentarisation du patrimoine numérisé peut être de développer des utilisations des mêmes outils qui font de l'homme un document, par exemple les réseaux sociaux, au service de documentarisation d'autres objets, comme les  contenus numérisés ou l'environnement. C'est ainsi que pour faciliter la mise en ligne de leurs fonds, certaines institutions ont mobilisé les pratiques documentaires qui se sont développées dans le domaine du partage culturel en ligne, où annoter, taguer et recomposer un document avec d'autres constituent des moyens de se l'approprier. Les outils du web collaboratif, autant que l'imaginaire qu'ils véhiculent de la possibilité d'une participation à la production de connaissance ouverte à tous, sont alors mobilisés à des fins d'ouverture de l'accès à la culture.  

La documentarisation participative : outils et imaginaire du Web collaboratif au service d'une plus grande ouverture de l'accès au patrimoine

Pour enrichir le Web du contenu des collections à moindre frais, une solution consiste à numériser les documents en les scannant et en les indexant sommairement, pour ensuite proposer aux internautes de s'engager dans une documentarisation plus complète, en leur associant des métadonnées. Les opérations nécessaires pour documentariser des contenus patrimoniaux et scientifiques numérisés sont alors repensées, divisées et réorganisées, pour être intégrées dans un processus socialement distribué. Ces tâches laborieuses intégrées au travail scientifique (Heaton et Millerand, 2013) deviennent accessibles à un large public grâce à des plates-formes collaboratives de documentarisation. Ainsi se développent des expériences de « redocumentarisation “participative” » (Casemajor Loustau, 2011).

Au-delà de la recherche d'une solution économique pour numériser des documents, l'objectif est de faciliter l'appropriation des collections numériques par les usagers (Casemajor Loustau, 2011). En effet, leur mise en ligne ne suffit pas à les rendre accessibles à tout public. Les expériences des bibliothécaires à ce sujet sont parlantes : « l’imaginaire de disponibilité et d’accessibilité qui nourrit les concepteurs de ces dispositifs documentaires sophistiqués, est sérieusement malmené par les difficultés auxquelles sont confrontés les usagers » (Papy et Leblond, 2009). La redocumentarisation participative est une nouvelle façon de réaliser la mission de diffusion des savoirs en facilitant l'appropriation des documents mis en ligne. Les dispositifs collaboratifs de Bibliothèque et Archives Canada étudiés par Nathalie Casemajor Loustau illustrent l'adaptation par des institutions culturelles des outils de production de contenus par les usagers, non seulement pour faciliter la recherche dans le catalogue, mais aussi pour développer l'engagement d'un « public actif, dépassant la simple posture de récepteur pour entrer dans un rôle de producteur de données potentiellement utiles pour l’institution patrimoniale ».

La documentarisation participative n'est toutefois pas à l'abri du risque de devenir le vecteur d'une idéologie qui ne ferait qu'habiller le clivage entre l'institution et son public d'un discours d'ouverture et d'une « injonction participative » induite par le dispositif sur lequel elle repose (Galibert, 2013). Ce risque est d'autant plus fort que l'institution a pour mission la conservation d'un patrimoine que l'ouverture des collections à la participation du public peut sembler compromettre. Les réticences de certaines institutions à s'engager dans des démarches participatives pour la valorisation de leurs collections numériques (Noordegraaf, 2014) attestent de la dimension subversive inhérente à cette ouverture, qui remet en question une opposition du professionnel et de l'institution à l'amateur. Mais si le risque de l'idéologie est intrinsèquement et dialectiquement lié à la possibilité de l'utopie (Ricoeur, 1997), la documentarisation participative peut aussi apparaître le vecteur de nouveaux rapports entre l'institution et son public.

Dans les faits, les plates-formes institutionnelles rencontrent une participation moins importante que des sites de partage et d'indexation collaborative comme Flickr, sans que cela n'invalide leur capacité à améliorer la visibilité du patrimoine (Casemajor Loustau, 2011). Pour évaluer l'apport de ces dispositifs, on ne peut s'en tenir à constater cette fréquentation moindre, qui tient notamment au fait que les tâches proposées sur les plates-formes institutionnelles de redocumentarisation peuvent nécessiter beaucoup de concentration et de temps : il s'agit d'enrichir les documents patrimoniaux de « descriptions factuelles », de « coordonnées spatiales », ou encore de réaliser des opérations de transcription (Ridge, 2013). Ces différences sont aussi la condition pour susciter de nouveaux intérêts pour les documents patrimoniaux en ligne. Plusieurs études sur les dispositifs collaboratifs proposant une documentarisation participative du patrimoine concluent que l'intérêt pour le document lui-même est une motivation importante des participants (Ridge, 2013) : les documents historiques et scientifiques sont particulièrement propices à motiver les contributions (Holley, 2010). L'intérêt et la qualité des participations qu'ils suscitent sont à rapprocher des habitudes de volontariat dans le domaine du traitement des archives historiques, ainsi que des compétences dont font preuve certains historiens amateurs, capables de réaliser un travail de qualité professionnelle (Ridge, 2013) : ils correspondent bien à la figure des « pro-ams » (Leadbeater et Miller 2004).

Le traitement des documents scientifiques, notamment de ceux qui présentent un intérêt patrimonial, peut bénéficier des mêmes principes de documentarisation participative. On le voit dans les projets qui correspondent à une nouvelle catégorie dans la typologie des sciences participatives, qualifiée de « virtuelle » (Wiggins et Crowston 2011). Le portail Zooniverse en est l'illustration. L'enjeu est de construire la motivation des contributeurs en lien avec des documents scientifiques à partir de la seule plate-forme, sans les faire participer à aucune observation de terrain. La réussite de ces programmes tient beaucoup à cette plate-forme développée ad hoc, qui doit faire preuve à la fois d'une capacité à motiver les contributeurs et à assurer une qualité des données traitées compatible avec les exigences scientifiques (Wiggins et Crowston 2011). A condition de respecter ces préalables, la démarche participative de documentarisation du patrimoine laisse envisager la numérisation d'un volume de documents moins contraint par les capacités de traitement des institutions qui les détiennent. Cela peut constituer un apport déterminant pour les disciplines naturalistes pour lesquelles la numérisation du patrimoine scientifique est une urgence et nécessite un important travail de redocumentarisation des observations déjà produites.

Terrain et méthode d'enquête

Différentes solutions ont été trouvées pour numériser les herbiers : restreindre les opérations à une sélection de spécimens – les « types », dans le cas du projet Global Plants Initiative (Heaton et Millerand, 2013), ou procéder à une numérisation massive pour économiser le coût de la sélection et obtenir une base de données de plus grande ampleur (Pignal et Perez, 2013). La recherche de méthodes moins coûteuses passe par une réflexion sur des solutions de production de métadonnées par des interfaces rendant la saisie plus rapide (Blagoderov, 2012). La numérisation des collections s'appuie aussi sur de nouvelles collaborations développées par les naturalistes, qui se sont approprié les outils du Web collaboratif dès ses débuts. C'est ainsi que le recensement des herbiers de France, préalable à leur éventuelle numérisation, a mobilisé le réseau Tela Botanica, qui renouvelle des formes de collaborations entre naturalistes : la plate-forme collaborative a fédéré « amateurs et professionnels » autour de « la production et le partage de savoirs botaniques » (Proulx, 2009). Face au manque de moyens, mais aussi dans la volonté d'ouvrir les collections à un plus large public, des expériences de redocumentarisation participative des collections naturalistes se sont développées (Zacklad et al, 2014). Nous nous penchons à présent sur les spécificités de ce processus participatif par rapport à une documentarisation réalisée par des professionnels, et étudions comment il s'inscrit dans la continuité des utopies constitutives des collections.

Pour cela, nous étudions des plates-formes collaboratives permettant la documentarisation des herbiers numérisés comme des dispositifs. Nous adoptons l'interprétation de la notion proposée par Laurence Monnoyer-Smith afin de rendre le concept foucaldien opératoire pour comprendre l'articulation des différents éléments d'un site Web avec les buts poursuivis par ses concepteurs et dégager les rapports de pouvoir qu'ils mettent en jeu (Monnoyer-Smith, 2013). Dans le contexte de l'ouverture d'une collection scientifique à un public non spécialiste, nous questionnons le dispositif dans sa capacité à produire un savoir légitime aux yeux de l'institution, sans freiner la motivation des contributeurs. Nous interrogeons la capacité des dispositifs étudiés à organiser des procédures de collecte d'informations documentaires sans corrompre leur qualité par rapport à celles des documents de référence que sont les herbiers, et à donner du sens à des documents patrimoniaux pour des usagers plus ou moins connaisseurs des herbiers. Il s'agit de savoir si le dispositif étudié peut être appréhendé comme une hétérotopie, Philippe Hert (1999) appliquant à Internet ce concept foucaldien entendu comme un dispositif dont les règles reconfigurent les relations sociales, rendant certaines utopies possibles dans ce contexte spécifique. Nous concentrons notre analyse sur le site de documentarisation participative d'herbiers mis en place par le Muséum, « Les Herbonautes » (MNHN, 2012). Nous interprétons le fonctionnement du dispositif à partir de l'étude des différents éléments qui le composent (notamment l'analyse des textes, consignes, images et documents scientifiques disponibles sur le site, que nous mettons en relation avec les principes de sa gouvernance). Nous croisons les caractéristiques du dispositif avec les discours des animateurs du site (scientifiques du muséum ou membres du réseau Tela Botanica), recueillis au cours de cinq entretiens semi-directifs. L'analyse de la participation des internautes passe par la mesure du volume de contributions enregistrées et l'examen des commentaires laissés sur le site. Les résultats et interprétations issus du croisement de ces sources sont présentés ci-après, avec d'abord l'analyse des règles du dispositif en place et de leurs effets sur les formes de participation possibles, puis l'étude de son efficacité documentaire pour les collections.

Le dispositif à l'origine de nouvelles collaborations au service de l'utopie naturaliste

La stratégie de communication du site Les Herbonautes s'appuie sur l'utopie scientifique et documentaire inhérente aux collections. L'identité visuelle du site, qui repose sur des photographies de spécimens choisis, fait ressortir la beauté des collections, alors que la rubrique consacrée à l'herbier de Paris insiste sur leur taille (8 millions de spécimens). L'immensité de la collection justifie la sollicitation des internautes : « Nous avons (encore) besoin de vous ! »

La participation est organisée selon le registre de la coopération et de l'entraide mutuelle. Les internautes se voient proposer des « missions », consistant à transcrire les informations des étiquettes d'un lot de spécimens dont l'unité se fonde sur un besoin scientifique précis. Le terme de mission renvoie aux explorations scientifiques à l'origine de la constitution des collections, et portent parfois le nom d'un botaniste explorateur. L'internaute est alors associé au projet par essence collaboratif qu'est la collection, dans la continuité des « voyages d'exploration des XVIIIe et XIXe siècles » rappelés dans la présentation de l'herbier. Sur la page d'accueil, l'intérêt scientifique du projet et les raisons de l'appel à la participation des internautes sont expliqués de pair : dans le but de constituer une « base de données scientifique », « les données que vous trouverez sont des éléments précieux pour mieux connaître la biodiversité et mesurer et prévoir son érosion. » Les interventions des animateurs rappellent l'intérêt scientifique du projet et expriment fréquemment la gratitude des chercheurs, qui prennent part à l'animation.

Si la communication sur le site mobilise le registre de l'utopie naturaliste et de la collaboration entre botanistes, sans laquelle les collections n'auraient pas pu se constituer, ce sont les règles de fonctionnement du dispositif qui permettent aux internautes de participer effectivement à réaliser, dans une modeste mesure, les idéaux qui président au développement de la discipline. L'organisation des tâches de transcription en différentes missions, ponctuées par le gain de badges symboliques, permet d'entretenir la motivation des contributeurs, alors que l'objectif final des 8 millions de spécimens pourrait paraître décourageant, comme le soulignent trois des animateurs. Le site concilie le soutien à la motivation des contributeurs, et le contrôle les informations qu'ils apportent, évitant à l'utopie de la participation de se transformer en une dystopie de la corruption de l'outil de travail scientifique qu'est l'herbier. La qualité des informations entrées est une priorité pour les scientifiques à l'origine du site, qui sont à la fois chercheurs et chargés de collection du MNHN. Le contrôle des informations retranscrites par les internautes passe par un encadrement de l'activité des « herbonautes », par des champs prédéfinis à remplir à l'aide de menus déroulants. C'est un moyen de contrôler et de standardiser les annotations en amont de l'activité proprement dite. La formation progressive des contributeurs par des quiz ouvrant l'accès à des niveaux de participations plus avancés comporte une dimension ludique tout en permettant l'ouverture de la participation au public sans compétence particulière et le filtrage des participants, avec une évolution de l'activité fonction de l'expérience acquise sur le site. Le contrôle des informations est renforcé en aval par la confrontation des transcriptions réalisées par différents « herbonautes » pour une même étiquette : seules celles qui font l'objet d'un accord entre contributeurs sont intégrées à la base de données de l'herbier du muséum. Ici encore, le contrôle renforce la motivation des contributeurs puisque cette confrontation suscite des interactions (par l'approbation ou le rejet des transcriptions réalisées par d'autres), pouvant se prolonger par des commentaires. De telles interactions sont facilitées par la possibilité de personnaliser son profil, qui affiche les badges remportés en plus du nombre de contributions. Le dispositif utilise ainsi l'identité numérique au profit de la motivation des contributeurs et des interactions entre eux, elles-mêmes mises au service de la documentarisation des collections, laissant envisager pour les outils liés au suivi et à la gestion de l'identité numérique d'autres fonctions que la documentarisation des activités humaines en ligne.

Apports de la documentarisation participative aux collections botaniques

La participation des internautes produit un enrichissement bien réel des herbiers numérisés. Le site est parvenu depuis ses débuts (novembre 2012) à générer une mobilisation qui se maintient – avec en 2013-2014, des chiffres s'élevant autour de 80 000 contributions par mois réalisées par environ 200 contributeurs actifs pendant la période de l'année où le site est le plus fréquenté (l'hiver). Notons bien qu'une contribution est loin de signifier que toutes les informations de l'étiquette d'une planche d'herbier ont été retranscrites : une contribution correspond à une réponse apportée pour l'un des champs de l'étiquette. Si 60 000 planches ont été l'objet d'une contribution (un champ rempli), seule la moitié en ont reçu plus de 10, ce qui reste encore parfois insuffisant pour que l'étiquette soit entièrement retranscrite. Le site fédère une communauté de contributeurs actifs, pouvant passer régulièrement plusieurs heures à contribuer (en février 2014, douze « herbonautes » avaient réalisé plus de 10 000 contributions chacun depuis leur inscription), tout en présentant la collection à un large public qui ne persévérera pas forcément : 380 contributeurs (sur les 800 enregistrés jusqu'en février 2014) ont réalisé moins de 50 contributions, avec une « efficacité documentaire » (Casemajor Loustau, 2011) d'autant plus faible que les contributions ouvertes dès l'inscription au site ne portent que sur le pays de la récolte et demandent moins de recherche.

On retrouve dans l'herbier collaboratif la caractéristique des muséums, dont les capacités de gestion semblent toujours insuffisantes par rapport aux besoins des collections, tension inhérente à la démarche naturaliste et à la poursuite d'une connaissance de toutes les espèces. Dans l'herbier physique comme dans la collection virtuelle, ce n'est pas pour autant un constat d'échec mais plutôt le moteur du progrès de la discipline. La connaissance du patrimoine botanique ne saurait être entièrement réalisée sur une seule plate-forme, ni même par les quelques-unes qui ont été créées ; le dispositif mérite en cela le qualificatif d'« hétérotopie limitée », inspiré de la formule d'« utopie limitée » appliquée à Internet (Proulx, 2012). Les résultats produits par l'activité sur le site permettent d'envisager, grâce à la transcription d'une part croissante d'étiquettes de la collection, un outil plus performant pour la recherche de spécimens, très attendu des chercheurs, et ce d'autant que la qualité du travail réalisé par les « herbonautes » ressort des comparaisons réalisées entre des données entrées par des professionnels et les « herbonautes » sur des planches qui avaient déjà été informatisées par le personnel du MNHN avant d'être proposées à la redocumentarisation participative. L'intérêt pour les collections, s'il est élargi hors des réseaux botanistes, est partagé par une communauté qui reste certes relativement restreinte. Toutefois, cette communauté n'est pas la seule de son espèce, et les différentes expériences mobilisant des principes similaires dans d'autres pays laissent envisager un renouvellement de la valorisation des collections et des connaissances naturalistes grâce à de tels projets participatifs, susceptibles de les sortir de l'oubli qui a souvent conduit à négliger leur gestion (Sawtschuk et al, 2009). C'est ainsi que le site américain, « Notes from nature » (Hill et al, 2013), a permis de compléter 31000 images d'herbiers, de sa création jusqu'en mai 2014 (en un peu plus d'un an de fonctionnement) – sachant qu'il permet de documentariser aussi d'autres collections naturalistes que les herbiers, et des carnets de collecte de terrain. La plate-forme qui a permis de documentariser le plus de planches d'herbiers complètes est aussi la plus ancienne : il s'agit du site anglais « Herbaria@home » (Botanical Society of Britain & Ireland, 2006), avec 136 376 planches en mai 2014.

Ces différents sites laissent envisager des formes d'accès aux collections plus adaptées à un public non spécialiste que ne le sont aujourd'hui les moteurs de recherche fondés sur les classifications botaniques. Elles inscrivent la consultation des collections dans un contexte ludique où aucune expertise n'est nécessaire pour participer, grâce un système de tutoriels, d'aide en ligne ou de quiz, selon les sites. L'utopie de la collection progresse aussi dans sa capacité à articuler usages de recherche et de diffusion de la connaissance du patrimoine scientifique, au cœur de la vocation des muséums (Winker 2004). De fait, la valorisation du patrimoine scientifique pour un public élargi par rapport aux seuls botanistes conditionne le développement de nouvelles collaborations nécessaires à sa documentarisation. Outiller cette collaboration est une première piste pour constituer une collection augmentée.  Certains « herbonautes » ont déjà exprimé, dans des commentaires laissés sur le site, leur besoin d'espaces de discussion plus faciles à organiser pour mutualiser les ressources et les connaissances acquises au fur et à mesure de leurs recherches. Mieux réaliser l'utopie de la connaissance de la biodiversité passe par l'innovation dans la conception de dispositifs collaboratifs, susceptibles de contribuer à la réaliser autant que de développer les promesses du Web pour la science.

Conclusion

Les sites participatifs de documentarisation des herbiers numérisés réalisent une ouverture du patrimoine scientifique auprès d'un cercle de contributeurs plus large que celui des chercheurs qui utilisent ces collections à des fins de recherche. Une partie du travail d'informatisation d'un outil scientifique de référence se voit ainsi confié aux internautes, dans des modalités bien contrôlées. L'utopie scientifique et documentaire constitutive de tout muséum trouve de nouveaux moyens pour se réaliser davantage, mais les opportunités offertes par les progrès des techniques de numérisation et de mise en réseau des documents ouvrent autant de chantiers qu'elles n'apportent de solutions pour la gestion et la valorisation du patrimoine botanique. Outre les procédures qui organisent la documentarisation participative, ce sont les utopies consistant à connaître et documenter l'ensemble du vivant qui sont mobilisées pour motiver les internautes à s'associer à leur réalisation. La mise en ligne des collections naturalistes colore aussi les promesses dont le Web est porteur : s'il est utilisé pour documentariser l'humain, il peut aussi être le lieu d'une « vigilance participative » (Cardon, 2009) sur l'environnement, et laisser penser que « l'homme augmenté » à l'échelle sociale soit capable de s'approprier les outils collaboratifs pour documenter la biodiversité et éclairer la gestion de l'environnement. Les projets naturalistes donnant accès aux données sur la biodiversité pour favoriser le développement d'une conscience environnementale inscrivent le Web dans une perspective de changements politiques et sociaux auxquels son développement contribue, alors que, s'il est seulement considéré comme le vecteur d'une communication de plus en plus performante et largement généralisée, il lui manque une dimension politique et subversive pour s'inscrire dans la tradition des utopies de l'histoire (Ansart, 2002). Alors que Valérie Schafer s'interroge sur la possibilité de trouver, dans les développements commerciaux du Web, un projet qui justifierait la pertinence de son rapprochement avec le dessein universaliste et pacifiste d'Otlet (Schafer, 2013), l'utopie naturaliste renouvelée par les possibilités de collaborations du Web est bien liée à la volonté de protéger le vivant. Elle est ainsi porteuse de changements politiques et sociaux suffisamment importants pour mériter le terme d'utopie ; l'ambition des projets motivés par la connaissance de la biodiversité dans le domaine de la valorisation des collections ne fait que le confirmer.

Bibliographie

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Auteur

Lisa CHUPIN
Doctorante ATER
Laboratoire DICEN, CNAM


Citer cet article

Chupin L. (2014). Apports réciproques des utopies associées aux collections naturalistes et au Web collaboratif. Actes de la 6ème édition du COSSI "L'utopie de la communication", 17-19 juin 2014 - IAE de Poitiers, France.

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