Pratiques informationnelles durables : une revue de littérature

Aurélie Brunet

-- Cas intitulé : La durabilité appliquée à l'éducation --

Dans ses travaux de recherche, Sterling s’est intéressé au concept d’éducation durable comme réponse à l’engagement de la société dans la transition vers le développement durable. Salomone (2006-2007) nous livre la définition de l’éducation durable proposée par Sterling : il s’agit d’ « une éducation qui assure un développement total des personnes mais qui les prépare aussi à affronter les difficultés et à relever les défis de la vie, une éducation qui soutient des changements visant à une société meilleure et à un monde plus pacifique » . Choisir l’éducation durable impose un changement de paradigme, en passant « d’un paradigme éducationnel occidental mécaniste et réductionniste, de plus en plus managérial et orienté vers un savoir-marchandise » à un paradigme éducationnel qui « doit donc être revu dans le sens « humaniste, démocratique et écologique » ». D’ailleurs, Salomone pose les concepts « d’éducation durable » et « d’éducation écologique » comme étant synonymes. L’éducation durable doit se comprendre au sens de l’éducation écologique. Dans son « plaidoyer » pour une éducation relative à l’environnement (ERE), Salomone demande à ce que l’institution éducationnelle intègre l’éducation durable à travers l’introduction de « l’écologie dans l’éducation (c’est-à-dire dans le programme d’études) », la réalisation « d’une écologie de l’éducation (en considérant en quelque sorte toute école comme un écosystème) et une écologie du système ». L’éducation au développement durable passerait donc par un changement de paradigme qui invite à reconsidérer l’institution éducationnelle comme un écosystème qui interagit avec son environnement.
Mallowan (op. cit.) s’est également intéressée au concept d’éducation durable en s’appuyant sur les travaux de Sterling. Cette expression « semblerait plus apte à exprimer le changement de paradigme en matière de contenus, processus, compétences, donc de défis et d’enjeux d’un nouveau modèle éducatif, de type holistique et écologique - où écologique est vu comme permettant l’épanouissement de l’être humain dans son milieu de vie ». Au regard de cette définition, l’auteure fait le lien avec les pratiques informationnelles : « C’est dans ce sens d’éducation durable que la littératie informationnelle – culture de l’information est associée avec les pratiques informationnelles et le développement de la pensée critique dans le contexte de l’environnement numérique où cette culture constitue le pivot de l’apprentissage pour la vie, de l’autonomie personnelle et de la réussite professionnelle ».
Cependant, il semblerait que la littérature n’ait pas encore « trouvé de réponse nouvelle au sujet des approches appropriées » pour parvenir à l’indispensable convergence entre « information et pensée critique » inhérente à l’éducation durable pour permettre « d’assurer l’apprentissage pour la vie, l’autonomie personnelle et la réussite professionnelle ». Ainsi pour l’auteure, seules les pratiques informationnelles (durables ?) pourraient apporter une solution nouvelle et ce, « par l’intermédiaire des formations de type résolution de problèmes ». 
 
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