Préserver la durabilité des pratiques informationnelles des acteurs de l’architecture éco-constructive : des pratiques informationnelles à une mémoire collective de travail

Vincent Liquète

-- Extrait dans lequel le concept "durabilité" est parent du concept "longévité" --

Les pratiques d’information pouvant être inscrites autour d’un principe de durabilité, sont, de facto, soumises à un enregistrement méthodique des démarches et des procédés en jeu, ainsi qu’à l’analyse périodique des informations sélectionnées à la réalisation des activités d’un projet et méritant à terme d’être enregistrées et conservées. En effet, l’objectif de la longévité est d’être en mesure de générer un système d’informations gardant trace des divers projets caractéristiques (des succès ou des écueils), de sorte que l’on puisse opérer dans de nouvelles situations analogues, des ajustements et/ou des modifications de la pratique à engager au regard de ces expériences antérieures. Ainsi, les informations relatives au suivi des activités peuvent être enregistrées avec une fréquence qui, selon les cas et le secteur d’activités, peuvent être journalières, hebdomadaires, mensuelles ou saisonnières. Ce processus longitudinal de suivi des expériences par la gestion des informations, s’intègre naturellement dans celui de l’évaluation, doit être conduit de manière participative en impliquant étroitement les bénéficiaires (à savoir les clients, les partenaires, les collectivités associées, ...). Dans le cadre de notre projet GCCPA d’accompagnement des pratiques informationnelles et de la connaissance, il s’est avéré que 3 dimensions constituées l’épine dorsale de la longévité des divers types de projets à savoir, le nombre et le potentiel de structures locales impliquées dans le domaine de l’éco-construction, le nombre et le type de personnes-ressources susceptibles d’accompagner et de prendre en charge une part des activités et de leur expertise, enfin, la sélection d’informations et de producteurs d’information offrant une plus-value informationnelle à la gestion des projets. 

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

Préserver la durabilité des pratiques informationnelles des acteurs de l’architecture éco-constructive : des pratiques informationnelles à une mémoire collective de travail

Vincent Liquète

-- Extrait dans lequel le concept "durabilité" est parent du concept "stabilité" --

Comme le souligne le collectif EcoInfo (Berthoud, 2012), dans l’idée de la durabilité appliquée aux technologies de l’information et de la communication, est comprise l’idée de recherche de stabilité des solutions techniques, la stabilité permettant de résoudre un ensemble de tâches nécessaires sans chercher à viser l’extrême nouveauté vis-à-vis des marchés technologiques. La loi de Wirth rappelle en particulier, que le logiciel fait ralentir les systèmes d’exploitation plus vite que le matériel ne monte en puissance. On parle de « bloatware » traduit en français par « obésiciel » pour désigner un logiciel utilisant une quantité excessive de ressource système, mais aussi un logiciel accumulant une quantité importante de fonctionnalités disparates, dont certaines ne sont jamais utilisées. Il serait dans une perspective durable, plus efficace et logique d’avoir des logiciels qui fournissent à la base des utilisateurs, un socle de fonctions et de fonctionnalités utilisées par tous, pour un même secteur d’activités, et propose en option le rajout de fonctions supplémentaires en fonction de besoins de gestion et d’information sériés. Berthoud souligne, dans une remarque de bon sens, que la course effrénée à la nouveauté fait qu’une grande partie des ressources, des logiciels et des techniques de l’information sont rendues obsolètes avant même qu’elles soient inutiles à utiliser ! Ce qui tend à dire que les professionnels ne doivent en aucun cas être guidés par des supposés besoins professionnels d’information ou définis par les producteurs et développeurs du marché du logiciel, mais bien en fonction d’une analyse posée et distanciée de leurs véritables besoins d’information et de gestion. Cette posture réflexive nous oblige à entrevoir des temps et des dispositifs de repérage et d’identification de bonnes pratiques, dépassant les seules astuces ou les supposés besoins à venir déterminées par les producteurs de ressources (3). Au-delà du repérage des bonnes pratiques et de leur traduction logicielle, pour évaluer les besoins durables d’information (logicielle), la question de la stabilité des systèmes et des techniques revient à faire se questionner les professionnels sur leurs critères d’obsolescence. Lors de nos entretiens avec des professionnels de l’éco-architecture, quatre critères d’obsolescence sont évoqués prioritairement : d’une part, l’obsolescence fonctionnelle faisant qu’un système ou un logiciel est appelé à court terme à ne plus pouvoir fonctionner en l’état, d’autre part, l’obsolescence notifiée, par les développeurs et producteurs de ressources logicielles, ensuite, l’obsolescence écologique revenant à changer notamment de version logicielle afin de lutter en faveur de l’impact environnemental, enfin, l’obsolescence indirecte, où il devient moins coûteux pour le professionnel de renouveler l’ensemble du matériel, software et/ou hardware, que d’acheter les mises à jour ou les nouvelles versions sur le marché. Nous soulignerons qu’in fine, accompagner les pratiques durables d’information revient à posséder une culture technique et à être régulièrement informé sur l’état du marché et des innovations sectorielles.

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Préserver la durabilité des pratiques informationnelles des acteurs de l’architecture éco-constructive : des pratiques informationnelles à une mémoire collective de travail

Vincent Liquète

-- Extrait dans lequel le concept "durabilité" est parent du concept "performativité" --

Une autre dimension de la durabilité concerne la recherche de la meilleure performativité du groupe ou de l’entreprise. Le concept de durabilité repose essentiellement sur trois types de performance à savoir :

la performance économique ; les acteurs du terrain d’étude que nous analysons depuis quelques mois déjà, lient la question de la durabilité des pratiques d’information à celle de la recherche de la meilleure performance en terme économique. Réfléchir, organiser, structurer les pratiques d’information n’auraient de sens fondamentalement qu’à la condition que ceci est une incidence sur l’amélioration du chiffre d’affaire, la croissance du dividende,... notamment vis-à-vis de leurs concurrents directs. la performance environnementale dans le sens où leurs pratiques professionnelles et d’information devraient leur permettre de réduire un ensemble de coûts en matière énergétique, consommation de fongibles, réduction des coûts d’abonnements, etc. enfin, la performance sociale, dans le sens où, le renforcement de pratiques informationnelles réfléchies et durables, devraient à terme, les rapprocher davantage des autres entreprises, des collectivités, au-delà, permettant de charpenter des communautés de praticiens, des réseaux informels de formation professionnelle mutuelle, d’échanges sur les pratiques innovantes, etc.

Rares sont les entrepreneurs qui semblent considérer la durabilité de la gestion de l’information comme un principe hédoniste ; l’intérêt de la durabilité, à leurs yeux, est de chercher fondamentalement à améliorer la performativité de leur entité.

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Vincent Liquète

-- Extrait dans lequel le concept "durabilité" est parent du concept "viabilité" --

La durabilité des pratiques d’information découle également d’une forme de stabilité et d’équilibre du système d’information auquel se réfèrent principalement les acteurs. En effet, nous ne pouvons interroger la durabilité des pratiques d’information, sans imaginer la viabilité des systèmes d’information sollicités. Marie-Hélène Durand (Durand et al., 2012), par exemple, souligne que les systèmes (d’information) dynamiques ne sont pas ceux qui recherchent « une solution optimale » à partir d’un critère posé a priori, mais d’abord ceux qui respectent les contraintes à chaque instant et intègrent à temps les diverses prises de décisions, en considérant l’adaptation des évolutions sans préjuger du futur. Ainsi, l’approche par la théorie de la viabilité met l’accent d’abord sur les contraintes et leur respect, plutôt que sur la recherche d’équilibres particuliers pour des évolutions spécifiées a priori. Dans le secteur de l’éco-construction, les contraintes repérées sont prioritairement d’ordres économique, normatif voire physique. Les acteurs dans leurs pratiques d’information cherchent pour la plupart à se dégager des logiques d’optimalité pour plutôt rechercher les meilleures conditions adéquates à leurs projets et difficultés du moment. Ainsi, en croisant nos résultats d’entretien avec des acteurs de l’éco-construction et les approches du management cognitif des systèmes d’information (Bouvier, 2011), nous percevons que les défauts de viabilité des systèmes d’information actuels sont caractérisables autour de 4 signaux faibles, à savoir : l’absence d’une bonne connaissance des praticiens (notamment de leur niveau personnel d’information et de connaissance sur les thématiques émergentes de l’éco-construction), la difficulté à identifier un ensemble de signaux faibles de la part de l’environnement de travail, l’obstacle à rendre interopérable leur système d’information personnel avec celui des grands réseaux et fournisseurs d’informations professionnelles, enfin, une tendance à reproduire des échecs antérieurs faute d’une capacité à organiser de manière viable des bases de récits et d’expériences ayant conduits à des difficultés voire des échecs par le passé.

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Préserver la durabilité des pratiques informationnelles des acteurs de l’architecture éco-constructive : des pratiques informationnelles à une mémoire collective de travail

Vincent Liquète

-- Extrait dans lequel le concept "durabilité" est parent du concept "responsabilité" --

Ainsi, le concept de durabilité vise un principe fondamentalement responsable cherchant à mettre en œuvre et à articuler de pair trois objectifs à savoir : d’une part, maintenir l’intégrité de l’environnement pour assurer la santé, le bien-être et la sécurité des membres composant la communauté en cherchant à préserver leurs écosystèmes, ceux vitaux pour l’organisme ou l’entreprise que nous prenons en considération. D’autre part, assurer un principe d’équité sociale et informationnelle permettant l’essor des communautés, le respect de la diversité, tout en tentant d’assurer un équilibre et un épanouissement des individus composant le système ou l’organisation considérée. Enfin, viser et soutenir des démarches innovantes et évolutives assurant ainsi au collectif observé de ne pas chercher seulement la reconduction des pratiques mais leur évolution en phase avec certaines nouvelles tendances des marchés et des pratiques informationnelles. On notera également, que dans ces divers courants et travaux, la responsabilité est partagée au niveau individuel et collectif, l’un n’étant jamais envisagé sans l’autre.

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Vincent Liquète

-- Extrait dans lequel le concept "durabilité" est parent du concept "rationalité" --

Par essence, la rationalité est ancrée autour de deux grands principes, exposés dans l’approche de Michel de Certeau (1990). La rationalité dite de l’acteur qui porte sur la dimension stratégique, notamment dans le choix des lieux, et la dimension tactique, qui porte sur le choix des personnes. Cette double composante de la rationalité a d’autant plus de sens que l’on s’interroge sur les pratiques d’information. Le monde professionnel nous montre ces dernières années, que la question générique de la durabilité a particulièrement été interrogée dans les entreprises s’inscrivant dans le courant des Responsabilités Sociales de l’Entreprise (RSE) (Vidal, 2008). L’approche constructiviste, en particulier, qui nous permet de penser que la construction d’un système d’information professionnel est un acte et un espace négocié, donc négociable, entre les acteurs, ce qui par principe le rendrait dès lors « durable » car porté et envisagé par une majorité d’entre eux. Cette approche constructiviste et responsable implique de considérer alors l’entreprise voire le réseau d’entreprises dans un encastrement social, économique et d’innovation, où l’ensemble des priorités et des prises de décisions sont le résultat de relations et de réflexions collégiales. Au-delà du périmètre observé, la rationalité de l’entreprise s’étend de manière concertée avec l’ensemble des parties prenantes (entreprise, mais également, collectivités publiques, société civile...). Ainsi, les formes de la rationalité engagée et leur traduction sont définies dans un partenariat social accepté par toutes les parties prenantes, que celles-ci soient internes ou externes.

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