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Préserver la durabilité des pratiques informationnelles des acteurs de l’architecture éco-constructive : des pratiques informationnelles à une mémoire collective de travail

Vincent Liquète

-- Extrait --

Ces dernières décennies, la question de la durabilité a été évoquée dans de nombreux secteurs d’activités ou scientifiques, mais le point commun de ce concept est, qu’à l’origine, il émane du domaine de la gestion et de la préservation de l’environnement, notamment dans le cadre du développement durable. En prenant soin de recouper tout un ensemble de travaux inscrits autour du principe de durabilité, nous avons observé que derrière un même vocable, sous forme nominale ou adjectivale (durabilité et/ou durable), la question de la durabilité revêt des sens et des systèmes d’intention extrêmement variables, selon les visées et les référents privilégiés par les auteurs. Par conséquent, il nous a semblé utile et nécessaire pour construire au mieux notre propos, de tenter de délimiter la durabilité dans le champ large de l’information et celui plus restreint, des pratiques informationnelles. L’exercice se révèle extrêmement délicat, car comme toute démarche exploratoire, il oblige le chercheur à importer des définitions et des délimitations épistémologiques de secteurs variés, dont les intentions liées à la durabilité peuvent être très hétérogènes. Stricto sensu, la durabilité renvoie dans son sens premier et générique à la question de la « durée », au sens de la recherche à terme d’un équilibre inscrit dans le temps, permettant de ce fait de dégager des manières de faire voire des manières d’être, vouées à l’équilibre, stables et assurant un équilibre de l’environnement dans lequel il s’inscrit. Parallèlement, chez les anglo-saxons, le terme « sustainability » propose un dépassement de la seule idée de durée, pour évoquer notamment des modes de rationalité, de gestion, de programmation des activités, d’anticipation des situations, de résistance à des tendances collectives, etc. montrant dès lors un concept bien plus riche et plus dense que la seule idée d’inscription dans la durée (Bridgland & Whitehead, 2004). Ceci revient à dire que, selon nous, la durabilité n’est pas seulement un concept aidant forcément à résoudre des situations info-communicationnelles dysfonctionnelles, mais constitue davantage un « concept problème » dans le sens où le suggère Brigitte Simonnot « il porte des questions différentes sur les phénomènes auxquels il est appliqué » (Simonnot, 2013). Ainsi, la force de ce concept pour les chercheurs en sciences de l’information et de la communication qui interrogent les pratiques professionnelles en situation, à travers le « questionnement durable », est de viser un dépassement des définitions et délimitations actuelles, en tentant de convoquer des expertises et travaux réflexifs issus de diverses sciences qui ont inscrit la durabilité dans leur champ de compréhension de la complexité des usages et des pratiques.

Catégorie parente: Actes de colloque ⎪in COSSI 2013 : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables ⎪Publication : 19 juin 2013

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